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27 juillet 2012

Faut-il pardonner à ceux qui nous ont fait du mal ?

En fait, tout dépend de la situation, du contexte (comme toujours, d'ailleurs)...
Les questions générales du type "bac de philo" ne sont que d'une utilité très limitée dans la vie quotidienne, autrement dit la vie réelle.

Supposons par exemple que ceux qui vous ont fait du mal sont morts, ou très très loin de vous, à distance de sécurité. Leur pardonner ne peut avoir que des avantages : la rancoeur ronge celui qui l'héberge.

Mais supposons cette fois-ci que ceux qui vous ont fait du mal rôdent non loin, et que leur pardonner vous amènerait automatiquement à retisser avec eux une relation, des liens.
Est-ce qu'ils ne vont pas recommencer ?
Si c'est probable, s'il est presque certain que dès que vous leur en donnerez la possibilité, ils recommenceront à vous faire du mal, il est plus sage de ne PAS leur pardonner.

Le pardon n'est pas la priorité numéro un ; la priorité numéro un est de se protéger.

8 commentaires:

  1. Moi je suis plus pour la vengeance que pour le pardon :)cad faire croire a la personne qu'on lui reparle et au moment ou il/elle croit qu'on lui reparle bien lui faire une grosse crasse. cela n'engage que moi et ma rancune tenace. bon weekend.

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  2. Bonjour et merci pour ce site !

    Voici un témoignage direct d'une grande chercheuse sur la maltraitance faite aux enfants.

    Je l'ai connue et j'ai guéri grâce à MOI MÊME et ses confirmations m'ont fait me féliciter de ce que je suis et du parcours brillant que j'ai réalisé et continue de guérir chaque jour un peu plus et avec honnêteté envers moi même.

    Partie 1)

    par : Alice Miller
    Qu'est-ce que la haine ?
    Sunday 01 May 2005
    (Traduit de l'allemand par Pierre Vandevoorde)

    On associe habituellement le mot haine à l'idée d'une dangereuse malédiction qu'il faudrait éloigner aussi vite que possible. On entend aussi souvent dire que la haine serait pour l'individu un poison qui rendrait quasiment impossible la guérison des blessures reçues dans l'enfance. Comme je me démarque nettement de cette opinion courante, il m'arrive souvent d'être mal comprise. De ce fait, mes efforts pour faire la lumière sur ce phénomène et pour approfondir cette notion n'ont pas eu beaucoup de succès jusqu'alors.
    Voilà donc pourquoi je recommande la lecture préalable du chapitre de mon livre " Chemins de vie " intitulé " Comment naît la haine ? " à qui souhaiterait me suivre dans ce développement-ci. Il faut quand même dire, que dans ce chapitre, écrit en 1996, il y a une réflexion dans laquelle je vois aujourd'hui la tendance universelle de protéger les parents à tout prix dont je me suis libérée entre-temps (cf. "Notre corps ne ment jamais", Flammarion, Paris).

    Je pense moi aussi que la haine peut empoisonner un organisme, mais seulement tant qu'elle reste inconsciente et dirigée contre des substituts, c'est-à-dire des boucs émissaires. Alors, elle ne peut pas se dissoudre et disparaître. Supposons que je haïsse les travailleurs immigrés, mais que je sois dans l'incapacité de voir comment mes parents m'ont traitée lorsque j'étais enfant, comment par exemple ils laissaient le nourrisson que j'étais hurler pendant des heures, ou ne me regardaient jamais avec amour, alors je souffre d'une haine latente qui peut m'accompagner ma vie durant et déclencher dans mon corps divers types de symptômes. Mais si je sais le mal que mes parents m'ont fait du fait de leur aveuglement et que j'ai pu ressentir consciemment ma révolte contre leur comportement, je n'ai pas besoin de reporter ma haine sur des personnes qui n'y sont pour rien. Avec le temps, la haine que j'éprouve à l'égard de mes parents pourra s'atténuer et même disparaître pendant des périodes plus ou moins longues, mais des événements de la vie présente ou la remontée de souvenirs sous un angle neuf pourront aussi la ranimer brusquement. Mais maintenant, je sais de quoi il retourne. Maintenant, je me connais suffisamment bien, grâce justement aux sentiments que j'ai revécus, ET LA HAINE NE ME POUSSERA PAS A TUER QUI QUE CE SOIT, NI A PORTER PREJUDICE A QUICONQUE.

    Nous rencontrons souvent des gens qui vont jusqu'à remercier leurs parents pour les coups reçus, ou qui prétendent avoir oublié depuis longtemps la violence sexuelle dont ils ont été victimes et leur ont pardonné tous ces " péchés " dans leurs prières, mais qui sont incapables d'élever les enfants autrement que de façon violente, ou/et de ne pas les violenter sexuellement. Les pédophiles affichent leur amour des enfants et ne savent pas qu'au fond ils se vengent de ce qui leur est arrivé quand ils étaient eux-mêmes enfants. Même s'ils ne ressentent pas consciemment cette haine, ils sont soumis à son diktat.
    Cette haine LATENTE est véritablement dangereuse et difficile à faire disparaître parce qu'elle n'est pas tournée contre la personne qui l'a provoquée, mais contre des substituts. Elle peut se maintenir toute la vie, cristallisée sous diverses formes de perversion, et constitue une menace pour l'entourage, mais dans certains cas aussi pour la personne elle-même.

    à suivre...

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  3. Parie 2)


    Il en va autrement de la haine CONSCIENTE, REACTIVE, qui, comme tout sentiment, peut retomber quand elle est revécue. Quand nous pouvons nous résoudre à reconnaître clairement que dans certaines situations nous avons été traités par nos parents de façon sadique, c'est de la haine que nous sentons inévitablement monter en nous. Comme je l'ai déjà dit, elle peut s'atténuer avec le temps ou retomber complètement, mais il ne s'agit pas ici d'une opération qui se fait en une fois. L'ampleur des mauvais traitements que l'enfant a subis ne se laisse pas mesurer d'un seul coup d'oeil. Cela ne peut se faire qu'au cours d'un long processus, au cours duquel, l'un après l'autre, les différents aspects de la maltraitance sont autorisés à remonter à la conscience, de telle façon que la haine puisse resurgir. Mais alors, elle n'est pas dangereuse. Elle est une conséquence logique de ce qui s'était passé autrefois et qui n'est compris dans tous ses aspects que maintenant par l'adulte, alors que l'enfant a dû en supporter le poids silencieusement pendant des années.
    En plus de la haine réactive contre les parents et de la haine latente, déplacée, contre des boucs émissaires, il y a aussi la haine justifiée contre une personne qui nous tourmente dans le présent, que ce soit sur le plan physique ou psychique, une personne qui nous tient en son pouvoir et dont nous ne pouvons nous libérer, ou dont nous pensons que nous ne le pouvons pas. Tant que nous sommes dépendants d'elle, ou que nous pensons que nous le sommes, nous ne pouvons faire autrement que de la haïr. On a peine à imaginer un homme qui subirait des tortures et qui ne ressentirait pas de haine envers son tortionnaire. S'il s'interdit ce sentiment, il aura à en subir les effets dans sa chair. Dans les biographies de martyrs chrétiens qui ont survécu à leurs tortures, on trouve des descriptions de maladies épouvantables, qui, d'une manière très révélatrice sont souvent des maladies de peau. Le corps résistait de cette manière à la trahison de son Soi, car si les " saints " devaient pardonner à leurs persécuteurs, leur peau à vif témoignait de la force de leur rage étouffée.

    Pour autant, réussir à échapper au pouvoir du tortionnaire, ce n'est pas être condamné à vivre quotidiennement avec la haine. Naturellement, le souvenir de l'impuissance et des souffrances d'autrefois peut toujours revenir. Mais avec le temps, il est vraisemblable que l'intensité de la haine va diminuer (j'ai développé cet aspect dans mon livre "Notre corps ne ment jamais" que j'ai évoqué plus haut).

    La haine, n'est qu'un sentiment, aussi fort et vital soit-il, et comme n'importe quel autre sentiment, il manifeste que nous sommes bien vivants. Voilà pourquoi il nous faut en payer le prix quand nous essayons de la réprimer. Car la haine a quelque chose à nous dire, sur nos blessures, mais aussi sur nous, sur nos valeurs, notre type de sensibilité, et nous devons apprendre à l'écouter et à comprendre le sens de son message. Si nous y réussissons, nous n'avons plus à la craindre. Si par exemple nous haïssons la duplicité, l'hypocrisie et les mensonges, nous nous donnons le droit de les combattre où cela nous est possible, ou de refuser de fréquenter des gens qui ne font confiance qu'au mensonge. Mais si nous faisons comme si cela ne nous touchait pas, nous nous trahissons nous-mêmes.

    à suivre...

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  4. fin ...

    Partie 3)

    L'exigence du pardon, que l'on retrouve quasiment partout en dépit de sa charge destructrice, encourage cette trahison du Soi. Préconisée tant par la religion que par la morale traditionnelle, elle est présentée fallacieusement dans divers types de thérapies comme un voie de " guérison ". Pourtant il est facile de prouver que ni les prières, ni les exercices d'autosuggestion chers à la " pensée positive " ne peuvent effacer les légitimes réactions vitales de défense du corps face aux humiliations et autres atteintes précoces à l'intégrité de l'enfant. Les maladies atroces des martyrs qui ont survécu à leurs tortures indiquent avec précision le prix à payer pour le refoulement de ses sentiments. Ne serait-il alors pas plus simple de se demander contre qui cette haine est dirigée en réalité, et de voir pourquoi elle est fondamentalement légitime ? Dans cette hypothèse, nous nous donnons la possibilité de vivre en toute responsabilité avec nos sentiments, sans les rejeter et sans devoir payer cette " vertu " par des maladies.

    Ma méfiance serait éveillée si une -ou un- thérapeute me promettait qu'à la fin du traitement (éventuellement même grâce au pardon), je serais débarrassée de sentiments déplaisants comme la colère, la fureur ou même la haine. Quelle sorte d'être humain serais-je donc, si je ne pouvais pas réagir intérieurement de façon passagère par la colère à l'injustice, la prétention, la méchanceté ou la bêtise arrogante ? Ma vie affective ne s'en trouverait-elle pas amputée ? Si la thérapie m'a vraiment aidée, je devrais avoir accès pour le reste de ma vie à TOUS mes sentiments, et accéder aussi en toute conscience à ma propre histoire, ce qui me donnerait l'explication de l'intensité de mes réactions. Cela atténuerait assez vite cette intensité sans laisser dans le corps les graves séquelles occasionnées ordinairement par la répression des émotions qui n'ont pu remonter à la conscience.

    En thérapie, je peux apprendre à comprendre mes sentiments, à ne pas les réprouver, à les considérer comme mes amis et mes protecteurs au lieu de les craindre comme des ennemis à combattre. Même si c'est ce que nous avons appris de nos parents, de nos professeurs et de nos curés, il nous faut finir par admettre que l'auto amputation à laquelle ces personnes se sont livrées est dangereuse. Et nous-mêmes, nous avons été sans équivoque victimes de cette mutilation.

    Il y a encore des pays dans lesquels les coups sont partie intégrante des " méthodes éducatives" en vigueur dans les établissements scolaires. Mais aucun enseignant ne frappe les enfants si il n'a pas lui-même été frappé et si, enfant, il n'a pas dû apprendre à réprimer sa colère. Il la passe plus tard sur sa classe, sans savoir pourquoi il le fait. Je pense que la conscience de ce qui se passe pour lui à ce moment pourrait préserver de nombreux enfants de cette brutalité, de la même façon que si les hommes d'Etat avaient la pleine conscience de ce qu'a été leur histoire personnelle, bien des peuples échapperaient à leur aveuglement et à leur cruauté.

    Ce ne sont pas nos sentiments qui représentent un danger pour nous et notre environnement, le danger survient au contraire quand nous nous détachons d'eux par peur. C'est cela qui produit des forcenés, des kamikazes et tous ces tribunaux où l'on ne veut rien savoir des véritables causes des crimes afin de préserver les parents des délinquants et de laisser dans l'ombre sa propre histoire.

    © 2012 Alice Miller - tous droits réservés. Agence de communication.

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  5. Bonjour,

    très très intéressant, et je partage globalement le point de vue d'Alice Miller.

    Mais il y a tout de même un détail (c'est vraiment un détail) où je ne la suis pas.

    Elle part du principe qu'un prof ne frappera ses élèves que s'il a été frappé lui-même enfant, et plus généralement du principe que toute violence est une violence reproduite : les sadiques seraient forcément d'anciennes victimes.

    Si c'était le cas, et sachant que nombre de victimes de pédophiles ne reproduisent PAS, adultes, les comportements dont elles ont été victime (60 % si mes souvenirs sont bons), le monde serait un paradis... puisque les violences iraient en diminuant inéluctablement.

    La réalité est autre : une personne qui n'a jamais été victime de violence (sexuelle ou non sexuelle) peut devenir violente, c'est même tristement banal.

    Car au-delà du passé qui nous conditionne, c'est indiscutable, il y a notre libre-arbitre qui nous permet de CHOISIR.

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  6. Bonjour,

    Oui, en effet tristement banalisé même !

    Bravo et merci car je partage la pertinence quant au détail précisé, qui en fait nous ramène inévitablement et fort heureusement (de plus en plus joyeusement même pour ma part) à être honnête envers soi même, envers notre libre arbitre, notre visibilité sur nous mêmes et le monde, ce qui fait de nous des êtres dignes d'Aimer et d'être Aimer donc nous permet de CHOISIR consciemment la vie qui nous inspire le bien, la créativité et la joie de vivre sur terre et enfin sortir d'un conditionnement récurrent.

    La violence trouvant son lit "presque" partout dans la société, elle n'épargne donc guère plus les ex enfants ou jeunes adultes qui n'ont pas été maltraités car en tout état de cause et de fait, la société dans toutes ses déformations éduque à la violence et à la compétition sans merci avec son lot de conséquence de destruction ! Cela suffit pour en être marqué et agir avec violence (jouant ainsi sur la culpabilité existent dans l'inconscience collective).

    Il revient légitimement à chacun de se tenir debout et de VOIR et tendre le regard sur plus petit que soi également et lui permettre d'épanouir son intégrité malgré la violence de la société.

    Pour ma part et au travers d'une vie de calvaire quasi sans fin (enfance immonde!), j'ai accepté de VOIR (la douleur a put être de la sorte enfin libérée pour laisser place à la découverte, la rencontre avec soi même au quotidien) pas à pas et durablement.

    Il s'agit donc, de CHOISIR avec force de sortir des sentiers battus (par l'éducation erronée palpable au quotidien) de s'offrir ce droit légitime et ferme de vivre, d'avoir le droit de vivre SA VRAIE VIE pas celle d'emprunt.

    Je peux en témoigner vraiment aujourd'hui, à savoir que les personnes qui ACCEPTENT DE VOIR QU'ELLESS ONT LE CHOIX, non seulement guérissent à grand pas et gagnent en intégrité (confiance en soi, estime de soi, gratitude envers soi pour le parcours effectué), et, par dessus tout AIDENT même à leur insu (et/ou directement, bien plus souvent que cela puisse paraître) ceux qui en ont besoin et qui cherchent plus de clarté en eux pour parvenir ainsi à AGIR donc à CHOISIR AUSSI EN TOUTE LIBERTE.

    Vous en faites partie Lucia et pour le plus grand bonheur des chercheurs autonomes.

    Grand Merci

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  7. je suis entierement d accord avec les participants et c est ce genre de realites qui nous manquent en afrique (je suis camerounaise)
    et qui nous eloignent de ces violences perpetuelles en fait depuis que je me suis rendue compte que ma mere et mon frere m ont fait vivre un veritable calvaire enfant et que je me soigne quotidiennement j ai gagne en integrite en lumiere en verite c est vrai des qualites tres meprisees en afrique ou la securite financiere a tous les prix est vigueur ce qui ne me facilite pas la tache dans mes relations quotidiennes avec mon entourage.
    Qui plus est le pardon n est pas facile comme le dit Alice Miller la remontee et la vue nouvelle sur les maltraitances de l enfance nous pousse parfois a de violentes coleres dont je suis victime ces derniers mois et je me demandais pas si je devenais folle.
    J arrivais plus a cacher mes sentiments a mes proches et sans que sache comment et pourquoi je leur disais tout ce que j avais sur le coeur pendant ces instants j avais l impression qu une force obscure m obligeait a parler maintenant grace a Alice Miller je comprend que cela est normale vu le travail effectue sur moi meme
    LA CAMEROUNAISE

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  8. Le pardon envers quelque bourreau que ce soit (à commencer par ses bourreaux de parents si ce sont eux les premiers à avoir détruit par la maltraitance directe physique et/ou psychologique leur progéniture) c'est la mort de soi et la place au pouvoir du bourreau dans la tête de la victime ou ex victime et ce sans même qu'elle s'en apperçoive (l'inconscient). Pardonner c'est comme accepter (mensonge à soi-même pour couvrir le bourreau et par peur du bourreau) qu'on est coupable d'un crime commis par le bourreau; c'est protéger le bourreau au détriment de son être, de sa propre santé et vie. Alice Miller est la seule à être allé si loin dans l'observation de la maltraitance sous toutes ses formes et pour cause elle a subit les camps de concentration et y a échappé de toutes ses forces. Très grande dâme, merci elle a aidé bcp de personnes à sauver leur propre vie pour apprendre à vivre avec ses blessures et autres traumatimes. Ce n'est pas elle qui fait le boulot chez ses lecteurs mais elle en est un vecteur, le témoin lucide de leurs dramatiques existence d'enfant maltraité et dont ils ont arrachés la dignité nécessaire à la construction du psychisme et du corps. Et les témoins lucides dans ce monde déshumanisé par la maltraitance en tout genre et depuis tout temps et bien : y'en a pas en nombre hélas.

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