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03 septembre 2009
Vous entendez des voix ? Trois causes possibles
Au fond, les "schizophrènes" tels que la psychiatrie les définit (c'est-à-dire des malades mentaux souffrant d'une maladie mentale précise, maladie du nom de schizophrénie) n'existent pas.
C'est une bonne nouvelle, non ?...
ça veut dire que rien n'est perdu.
Alors maintenant, parlons des voix.
Je pense qu'on peut les répartir dans trois catégories.
Les voix "démons intérieurs"
Il y a les voix hautement personnelles qui réagissent à ce que vous faites et à ce que vous pensez pour vous insulter, dénigrer, etc. Celles-ci correspondent seulement à des pensées négatives en plus fort. On peut aussi les assimiler à la voix du "diable".
La solution ?
Prendre le parti du camp adverse. Faire de bons choix, s'introspecter, faire preuve de courage, oser, aider, etc. Bref, se mettre sans ambiguïté du côté du Bien.
Il est à noter aussi que ces voix-là ont la possibilité de se faire entendre parce que la personnalité du "schizophrène" est mal coagulée.
Autrement dit, il n'arrive pas à poser de limites entre les autres et lui, le monde et lui. Il se fait psychologiquement parasiter. Peut-être a-t-il été "mangé" par son père ou sa mère et n'a-t-il jamais osé mettre un terme à ce phagocytage...
La solution : poser les limites. Les faire respecter. Même si ça veut dire... tout ce que ça veut dire. Bref : être prêt à payer le prix de sa liberté et de son autonomie morale.
2/ Les voix "conséquences"
Les voix qui s'expliquent par un mauvais choix qu'on a fait, par exemple par la consommation de quelque chose qu'on aurait pas dû consommer. Par exemple, de la drogue - mais il y a toute sorte de drogues. Le sucre en est une et peut jouer un rôle.
La solution ?
Arrêter les substances en question. Passer à un mode de vie sain.
Il est à noter que les voix "conséquences" rejoignent les voix "démons intérieurs" : quand on fait n'importe quoi - comme boire trop d'alcool, se droguer, etc. - on ouvre la porte à ses mauvais démons, on leur donne le pouvoir.
Le fait de s'adonner à la magie noire est une cause possible de ces voix "conséquences".
3/ Les voix "réelles" (?)
Enfin... une cause très différente des deux autres...
J'hésite à en parler, mais après tout, c'est à vous de vous faire votre propre opinion...
D'après certaines personnes entendant des voix, ces voix seraient celles de vrais gens expérimentant sur leurs têtes un appareil radio d'un genre un peu spécial, pour voir comment on peut manipuler et/ou détruire la personnalité de quelqu'un, ce genre de radio-là :
http://www.neurophone-france.com/4957.html
Ce qui expliquerait le côté assez peu naturel finalement de certaines voix.
Ici qq témoignages en anglais :
http://artificialtelepathy.blogspot.com/2007/01/hearing-voices-schizophrenia-or.html
Et un bon article sur le sujet ici :
http://artificialtelepathy.blogspot.com/2006/06/hearing-voices.html
Cette troisième explication vaut ce qu'elle vaut ; elle est peut-être vraie et peut-être fausse ; mais je pense qu'avant de se focaliser sur elle, il faut se poser la question :
- êtes-vous perturbé à la base (avant même d'avoir commencé à entendre des voix) ? êtes-vous déséquilibré par un événement précis ? êtes-vous dans une période de remise en question, de crise, de fragilité émotionnelle ? Consommez-vous de la drogue, croyez-vous aux elfes, à la réincarnation, etc. ? Vos voix répondent-elles à ce que vous pensez ? est-ce qu'elles dialoguent avec vous, même quand vous ne dites rien de rien ?
Si la réponse à toutes ces questions est "oui", alors vos voix sont probablement de la première catégorie.
Mais peut-être que vous avez un autre profil.
Etes-vous complètement normal (mis à part ces voix) ? êtes-vous du genre stable et équilibré , Avez-vous un mode de vie sain ? Une vie bien remplie ? Lorsque vous avez entendues ces voix pour la première fois, avez-vous pensé que c'était des voix réelles - comme une radio dont vous seriez le récepteur ? Est-ce que ces voix sont finalement assez autonomes - est-ce qu'elles parlent sans prendre en compte vos pensées les plus secrètes ? est-ce qu'elles ressemblent à des voix de vrais gens, comme des voix à la radio ou au cinéma ?
Si la réponse à ces questions est "oui" - et que de plus, vous n'avez rien fait de mal, que vous n'avez pas ouvert la porte à vous démons...
alors, peut-être que c'est la troisième explication qui est la bonne ?
Disons du moins que ça vaudrait le coup de creuser cette hypothèse, peu réjouissante certes, mais qui sait ? peut-être vraie.
Et dans ce cas... la solution... je ne sais pas... y-a-t-il un matériau qui empêche le passage des ondes radio ? y a-t-il des endroits où les ondes radios ne passent pas ? Je n'en sais rien.
Au fait : il arrive aussi que des gens captent (en raison d'amalgame ou de dents en métal) la radio dans leur tête - la vraie radio ordinaire. Ce qui ajoute un peu de crédibilité à la troisième cause possible. Ici des témoignages - en anglais - de personnes qui "captent" une fréquence radio, sans radio :
http://groups.gaia.com/hearing_voices/conversations/view/367176
La seule différence, c'est que dans le cas de voix hostiles, il y aurait utilisation malveillante de ce qui semble être une capacité naturelle de l'être humain à recevoir directement dans son cerveau certaines ondes sonores. Un cobaye ou une victime serait choisi et ensuite, harcelé.
En résumé, les voix peuvent s'expliquer par :
- une faiblesse, une incapacité à cloisonner son Moi ;
- des mauvais choix (drogue, magie noire, abus d'alcool, etc.) ;
- un parasitage extérieur réel par une "radio" d'un genre spécial.
Mais avant d'arriver à la troisième explication, mieux vaut éliminer les deux premières causes possibles. En tout état de cause, améliorer son mode de vie ne peut faire que du bien.
PS : pour en savoir plus sur les voix réelles, vous pouvez par exemple consultez ce forum :
http://forum.intervoiceonline.org/showthread.php?t=773
Des gens victimes de voix y racontent leurs expériences. Parfois, ils croient que ces voix sont "dans leurs têtes", parfois ils croient que ces voix sont celles de vraies personnes, qui leur parlent par des moyens électroniques. Beaucoup de détails sont troublants et vont dans ce sens.
Lisez par exemple (en anglais) ce message-ci :
http://forum.intervoiceonline.org/showthread.php?t=695
Mais visiblement, beaucoup de victimes de voix préfèrent croire qu'elles communiquent avec les anges, leur âme, ou leurs traumatismes passés, qu'avec des personnes réelles et malveillantes.
Il y aurait une forte augmentation du nombre de personnes entendant des voix depuis l'an 2000.
17 août 2009
La schizophrénie : une folie sucrée
La question n'a pas grande signification car la schizophrénie ne correspond pas à une réalité précise.
Cependant on peut être gravement perturbé, avoir des bouffées de délire - et dans ce cas, si on fait un petit tour à l'hôpital psychiatrique, il se peut qu'on soit diagnostiqué "schizophrène". Une étiquette qui n'a jamais aidé personne à se sentir mieux - et c'est un euphémisme.
Les bouffées de délire (qui lorsqu'elles se répètent ou s'installent sont souvent baptisées "schizophrénie") ont deux types de causes, qui parfois se conjuguent :
- causes psychologiques liées à l'histoire de la personne et plus particulièrement à ses croyances ;
- causes physiques.
Parmi les causes psychologiques, on trouve le fait d'arriver à un tournant où on remet en cause des croyances fondamentales. Renoncer par exemple à l'image idéalisée qu'on se fait de ses parents ou d'un de ses parents peut être déstabilisant - jusqu'à la (crise de) folie. Mais beaucoup de croyances fausses et malsaines peuvent aussi jouer un rôle.
Parmi les causes physiques, la plus importante comme la plus méconnue n'est pas le cannabis - car on sait qu'il joue un rôle - mais bien... le sucre. Diabète et schizophrénie s'entendent comme larron en foire, et ont tous les deux la même cause innocente comme un bonbon haribo.
Cependant si vous cherchez sur Internet, vous verrez plutôt un lien établi entre l'hypoglycémie et la schizophrénie. Mais qu'est-ce qui cause l'hypoglycémie ?... Et oui : le sucre.
Et rien d'autre.
C'est William Dufty, dans son bestseller Sugar blues (malheureusement pas traduit en français) qui a établi clairement le lien entre la schizophrénie (ie: les bouffées de folie) et le sucre.
On peut établir un parallèle entre les croyances malsaines, ou idées sucrées, qui poussent vers la folie, et la drogue de consommation courante nommée sucre.
Prenons par exemple la croyance très new-age en notre propre divinité : l'Homme serait un dieu qui s'ignore...
Cette idée procure d'abord une bouffée de bien-être, d'orgueil et de fierté. Puis, après cette courte période d'euphorie, on tombe dans un down : "Je suis peut-être un dieu, mais je dois quand même faire la vaisselle..."
De même, le sucre procure une courte euphorie, suivie par une période de déprime et de manque.
Certaines idées (sucrées) ont plus ou moins le même effet que le sucre : elles enivrent et dépriment, déstabilisent, et au bout du compte, poussent vers la folie.
11 mars 2009
Manipulation et schizophrénie - analyse d'une autre question surprenante
Par exemple, hier, un(e) anonyme m'a posé une question à laquelle il m'est impossible de répondre... Vous allez comprendre pourquoi.
Voici la question :
"Comment faire pour qu'une jeune ado se rende compte qu'elle est manipulée par un autre ado de 15 ans atteint d'une maladie mentale comme la psychose ou schizophrénie?"
Cette question contient de nombreux présupposés.
En voici quelques uns :
- Un ado peut manipuler une ado ;
- Un schizophrène est capable de manipuler quelqu'un de non-schizophrène ;
- Il est souhaitable de faire prendre conscience à quelqu'un qu'il est manipulé par quelqu'un d'autre ;
- Aider quelqu'un à réaliser qu'il est manipulé par quelqu'un d'autre n'est pas une manipulation.
(Et bien sûr, il y a aussi le présupposé très largement partagé selon lequel il existe réellement une maladie mentale qui aurait pour nom la schizophrénie... mais celui-là on n'en parlera pas ici.)
La manipulation a mauvaise presse. Personne n'aime être manipulé... mais tout le monde aime être traité avec tact et diplomatie. Hum ! Quelle différence ?
La manipulation n'est rien d'autre que la psychologie appliquée : tout le monde manipule tout le monde, parfois maladroitement et avec de très mauvais résultats, et parfois délibérément et habilement.
Lorsqu'un enfant se fait hurler dessus, il se fait manipuler.
Lorsqu'on le félicite et l'encourage, il se fait manipuler aussi.
La seule chose qui vaille la peine d'être dénoncée, c'est la manipulation qui a des conséquences nocives pour la personne manipulée. Par exemple, lorsqu'on manipule les jeunes par des campagnes publicitaires soi-disant dissuasives... de façon à ce qu'ils picolent davantage. (Vous savez : "celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas"... sous-entendu : tous les autres doivent être saouls.)
Quand la manipulation est destructrice, quand elle pousse à sa perte celui qui est manipulé, là, oui, il y a matière à s'indigner, dénoncer, expliquer, faire preuve de pédagogie, etc. Et cette dénonciation elle-même sera une manipulation elle aussi - mais une manipulation constructive.
Ceci dit, est-ce qu'un jeune de 15 ans peut en manipuler (habilement et dans le mauvais sens) une autre ?...
Hum... Pourquoi pas, s'il est plus malin et méchant que sa victime.
Mais est-ce qu'un "schizophrène" entre dans la catégorie "malin et méchant" ?
Loin de là. Un "schizophrène" n'est rien d'autre qu'une personne perturbée qui n'arrive pas à vivre dans la réalité... Un "schizophrène" n'a pas le profil d'un manipulateur machiavélique, par définition bien ancré dans le réel. Vraiment pas du tout.
Pour commencer à répondre à cette question délicate, il faudrait donc :
- savoir ce que le questionneur anonyme met comme contenu précis et factuel derrière le mot "manipulation" (il se pourrait qu'en réalité ce ne soit rien d'autre que "influence réciproque") ;
- savoir en quoi la "manipulation" en question est objectivement nocive pour l'ado qui en est victime (si tant est qu'elle en est réellement victime) ;
- savoir ce que le questionneur met comme contenu précis et factuel derrière le mot "schizophrénie" (après tout, cette étiquette n'est peut-être là que pour disqualifier et rabaisser le vilain ado manipulateur) ;
- comprendre la motivation du questionneur : en quoi est-il directement concerné par la situation, pourquoi veut-il intervenir ?...
06 février 2009
Théories psychologiques et schizophrénie
Les théories psychologiques abondent en instances intérieures: il y aurait "l'enfant blessé intérieur", le "parent intérieur", le "ça intérieur", etc.
ça fait beaucoup de monde dans une seule personne...
Fascinant peut-être ; dangereux aussi.
Car ces théories fabriquent - au moins au niveau théorique - rien de moins que de la schizophrénie.
Des dédoublement, des triplements et des quadruplement de personnalité.
Se croire divisé, c'est être divisé : il suffit d'y croire pour le devenir. Se croire partagé entre de personnalités multiples, c'est se retrouver tiraillé entre des voix contradictoires.
Le but premier était de mieux se comprendre ; du moins, le but officiel. Le résultat ? On ne sait plus qui est quoi, qui est qui.
Et Lacan peut s'amuser à dire : "ça parle". Qui ? ça. Merci pour lui. Mais ce n'est pas une insulte, allons, c'est de la psychanalyse... Parce qu'il y a une différence ? Aimeriez-vous être traité de "ça" ?
Mais ce n'est pas toi... C'est cette partie de toi qui est "ça".
Quoi ? Un esprit, un djinn, qui aurait pris possession de moi ?
Non... C'était déjà là à ta naissance.
A ma naissance, il y avait moi. C'est amplement suffisant pour un corps.
Les théories psychologiques se faufilent dans l'esprit des gens qui y croient et les fêlent. Ils ne deviennent pas fêlés au sens timbré, mais ils deviennent fêlé au sens qu'ils ont perdu leur unité.
Leur intégrité.
Pour la ressaisir, cette intégrité perdue, décidons une bonne fois pour toute que
1 = 1
Autrement dit, qu'une personne est UNE personne, avec UNE volonté, UNE personnalité, UNE date de naissance et UNE date de mort. Bref : revenons aux principes premiers qui ont si bien marché pour l'humanité pendant tant de siècles, tant de millénaires, avant qu'un barbu sombre au cigare non-phallique décide que c'était trop simple.
Ce n'est pas trop simple : c'est suffisamment simple.
Et si un jour vous rencontrez votre enfant intérieur, blessé ou pas donnez-lui une bonne fessée pour que l'envie lui passe de croiser votre chemin.
Si un jour vous rencontrez votre parent intérieur, montrez-lui muettement la porte pour qu'il comprenne où est la sortie.
Et si un jour vous rencontrez votre "ça", prenez-le en photo parce que beaucoup de monde se demande à quoi il ressemble.
Bref, face à toutes les théories psychologico-schizophrénophiles du monde - que ce soit la psychanalyse, l'analyse transactionnelle, l'astrologie psychologique ou n'importe quelle autre mouture moderne du morcellement du MOi -, adoptez l'attitude revêche et pragmatique du sceptique façon Saint Thomas :
- ça se touche ?
- ça se mange ?
- à quoi ça sert ?
Les réponses - les vraies réponses - les voici : ça ne se touche pas ; ça ne se mange pas ; ça ne sert à rien.
Enfin si, ça sert à rester immobile, paralysé - fasciné par le spectacle de toutes ces instances intérieures qui s'affrontent en un vaste mélodrame invisible :
Le parent intérieur gronde l'enfant intérieur, qui riposte en lui tirant la langue et en allant bouder dans un coin de la psyché ; le ça intervient niaisement en disant "ça parle ! ça parle!" ; l'adulte hausse les épaules et se demande qu'est-ce qu'il est venu faire dans cette galère ; le sale gamin intérieur (lui-même issu de l'enfant intérieur) revient pour donner un coup de pied au parent intérieur, qui immédiatement se change en Grand Méchant Loup intérieur et bouffe tout cru le ça, dont un bout tombe dans l'Inconscient qui se referme avec un bruit effrayant. Et pendant ce temps, ailleurs, dans une autre dimension, l'individu ainsi divisé ne fait rien.
Il est juste couché sur son lit d'hôpital, les yeux dans le vide.
16 avril 2008
Une protection contre les bouffées délirantes
En effet, le délire représente un écart par rapport à la réalité : on ne "colle" plus à ce qui est, on projette sur le monde et sur soi des fantasmes illusoires, des songes vains, des hologrammes complètement fictifs.
Qu'on se prenne pour la Vierge Marie ou pour Cléopâtre, on a quitté la vérité du réel (je le dis sans ironie aucune, m'ayant pris moi-même pour la réincarnation de ces deux célébrités.)
L'esprit de tout un chacun est comme une balance, dont un plateau est rempli de fictions mensongères, et l'autre de vérités. Une bouffée délirante correspond à un plateau "fictions mensongères" un peu trop bien rempli.
Mais spontanément, on pense tous que si on avait le choix entre une vérité et un mensonge, on choisirait la vérité. Alors comment se fait-il que le côté du mensonge l'emporte ?...
Il y a une raison à cela.
Entre une vérité et un mensonge de même taille, on choisirait probablement tous la vérité. Mais si la vérité est fragmentaire, morcelée, incomplète, tandis que le mensonge est coloré, cohérent, séduisant... le choix devient difficile.
Entre des petits fragments de miroir et un magnifique tableau surréaliste, envoutant, vous choisissez quoi ? Ce n'est pas si évident.
L'esprit opte pour le mensonge - et donc, pour le délire - quand les vérités qu'il connaît sont trop inconsistantes, c'est-à-dire trop défigurées, abimées, et que les mensonges auxquels ils croient sont au contraire bien tournés, bien présentés, appuyés de "preuves" qui semblent plausibles.
08 avril 2008
Quand le grain de folie tourne à l'orage...
Si tout le monde sait reconnaître la folie - chez les autres et même parfois chez soi -, on ne sait pas forcément expliquer ce que c'est exactement. On ne comprend pas bien comment des circonstances somme toute banales peuvent déclencher un accès de folie, une bouffée de délire.
En fait, la folie apparente, facilement identifiable, n'est que la croûte, la surface du problème. La folie identifiée comme telle correspond à la petite partie de l'iceberg qui est visible à la surface de l'eau. Et ce qui explique ce comportement soudain aberrant, étrange, bref toute cette irrationnalité bizarroïde et dérangeant
e est en dessous,bien caché aux
regards.
Pour comprendre de quoi il s'agit vraiment, il faut explorer les profondeurs. En réalité, le "pétage de cable", la bouffée délirante, se préparait depuis longtemps dans l'invisible, au niveau des idées.
Cela ne s'est pas fait du jour au lendemain.
Il y a des idées qui rendent fou et d'autres qui au contraire, protègent de la folie.
La personne qui a eu un accès délirant a depuis longtemps des idées qui la poussent vers la folie. Ces idées sont contre-balancées par d'autres, qui la maintiennent la plupart du temps les pieds sur terre.
Mais il suffit parfois d'un tout petit événement - c'est-à-dire, puisque cet événement on l'interprète, d'une petite idée supplémentaire - pour que la balance bascule. Cet atome supplémentaire, ajouté du mauvais côté de la balance, suffit pour que le côté "délire" devienne le plus lourd, autrement dit le plus déterminant. En effet, depuis longtemps, les poids dans les deux côtés de la balance étaient presque égaux... il suffit donc de très peu de chose pour que le côté qui l'emporte, change.
Il reste un point (au moins un) à éclaircir : pourquoi certaines idées poussent-elles au délire ? et quelles sont ces idées ?
Faisons d'abord un petit tour de l'autre côté : c'est quoi, la santé mentale ? La réponse est assez facile : la santé mentale, c'est lorsqu'on est "en prise" avec le réel, qu'on a une façon de penser et de vivre... empreinte de réalisme. On est dans la réalité. La folie, c'est donc le contraire. On est en complet désaccord avec la réalité - et l'on ne s'en rend pas compte, ou seulement à moitié. Autrement dit, on prend le monde, et soi-même, pour ce qu'ils ne sont pas.
Exemple caricatural et abstrait : une femme de 20 ans vivant dans un appartement qui se prend soudain pour un homme de 40 ans vivant dans la jungle amazonienne. La jeune femme en question va se prémunir contre des dangers imaginaires - les boas constrictors - et par contre, ne va pas se protéger contre les dangers réels - les rôdeurs du soir. Elle va avoir un comportement qui sera approprié par rapport à ce qu'elle croit, mais totalement décalé par rapport à ce que les gens - qui ne sont pas dans sa tête - voient de l'extérieur.
Les idées qui poussent à la folie sont donc tout simplement des idées fausses : plus on y croit, plus on s'écarte du réel. Si elles étaient vraies, elles nous permettraient d'avoir une prise sur le réel, d'être en contact étroit avec la réalité. Nos idées sont nos lunettes, ou pour mieux dire, nos yeux : nous ne voyons qu'à travers elles. Si nos lunettes sont sales, ou si leurs verres sont déformants, nous errons en titubant, complètement perdus.
Une personne qui a de bonnes lunettes peut bouger, agir... de façon appropriée. Une personne qui a toujours devant les yeux des hologrammes ne le peut pas.
Une idée juste permet de se sentir bien dans le réel - une idée fausse, mensongère, brouille la perception qu'on a du monde jusqu'à ce qu'on ne puisse même plus le reconnaître.
17 octobre 2007
« Suis-je schizophrène ? »
Lorsqu’on se pose cette question c’est qu’on espère que la réponse nous permettra de mieux comprendre pourquoi on se sent ainsi, pourquoi on se comporte ainsi. Mais encore faut-il que ce mot-là (schizophrène) ait pour nous un sens plus précis que « pas normal, fou sur les bords ». Car après tout, on le sait déjà, qu’on n’est pas tout à fait normal… Ce qu’on veut, c’est un supplément d’information, pour savoir un peu mieux qui nous sommes et ce que nous sommes.
Une petite enquête s’impose…
Une petite enquête sur la schizophrénie telle qu’on la définit aujourd’hui ne suffirait pas ; il faut creuser sous la croûte, explorer les profondeurs. L’explication complète, éclairante, se trouve presque toujours en amont, à la source, là où tout a commencé.
Flash-back.
Avant 1917, il n’y avait pas de schizophrènes… ou seulement des schizophrènes qui ignoraient qu’ils l’étaient : pour l’instant on ne peut choisir entre ces deux éventualités.
Que s’est-il passé en 1917 ? a-t-on fait une découverte scientifique qui a permis d’identifier une nouvelle maladie ?... Du tout.
En 1917, Eugen Bleurer, un psychiatre zurichois ayant un don incontestable pour la néologie, forgea le mot schizophrénie à partir des mots grecs skhizein (séparer, partager, diviser) et phrên, phrenos (esprit). Le mot, qui s’appliquait d’abord à une psychose caractérisée par une désagrégation psychique, la perte du contact avec la réalité et divers troubles, s’est ensuite appliqué très largement à toutes les formes de psychose… (Je résume le dictionnaire[1].)
Lorsqu’on définit un cheval comme un « mammifère avec des sabots », le cœur de la définition est « mammifère ». Même si on comprend très bien ce que sont des sabots, si on ne sait pas ce qu’est un mammifère, on n’a absolument rien compris à ce qu’est un cheval. C’est « mammifère » qui constitue la partie la plus essentielle de la définition de « cheval ».
De même, pour savoir ce qu’est la schizophrénie, on doit à tout prix comprendre ce qu’est une psychose, puisque la schizophrénie est un genre de psychose : continuons l’enquête.
Avant 1845, il n’y avait pas de psychose, ni de psychotiques… ou alors, il y avait seulement des psychoses ignorées et des psychotiques inconscients de leur état, au choix.
Que s’est-il passé en 1845 ? a-t-on fait une découverte scientifique qui a permis d’identifier une nouvelle maladie ?... Pas du tout.
En 1845, le docteur Ernst von Feuchtersleben, autrichien ayant lui aussi un don certain pour la néologie, inventa le terme psychosis à partir du grec psukho- et ôsis-, par opposition à névrose, qui existait déjà. Il baptisa de ce nom une maladie mentale grave dont le malade ne reconnaît pas le caractère morbide[2].
Autrement dit, il n’y a pas de psychotique conscient de son état… si vous croyez que vous êtes psychotique, vous n’êtes pas psychotique, puisque vous avez conscience que vous l’êtes !
À la question, « suis-je schizophrène ? », nous pouvons donc apporter dès maintenant un élément de réponse : si vous êtes sûr que vous êtes schizophrène, c’est que vous ne l’êtes pas.
Mais il reste encore un point à éclaircir : qu’est-ce qu’une maladie mentale ?... Lorsque nous aurons compris ce qu’est une maladie mentale, tout deviendra clair, puisque la schizophrénie est une psychose et que la psychose est une maladie mentale.
Poursuivons l’enquête.
Qu’est-ce donc qu’une maladie mentale ?... Une maladie mentale est, selon le dictionnaire, une psychose, une névrose, un trouble du comportement.
Patatra ! On est revenu au point de départ !... On cherchait l’explication ultime de la psychose, et voilà qu’on retombe sur la psychose… et la névrose qui apparaît ici en seconde position ne peut pas nous aider, puisque la psychose est tout à fait distincte de la névrose (on a vu que le mot psychose a été créé par opposition à névrose). Il ne nous reste plus qu’à nous rabattre sur le trouble du comportement.
Si nous comprenons ce qu’est réellement un trouble du comportement, nous comprendrons ce qu’est réellement une psychose, et si nous comprenons réellement ce qu’est une psychose, nous comprendrons ce qu’est réellement la schizophrénie. Courage, on est bientôt arrivé. C’est la dernière étape.
Ainsi donc, qu’est-ce qu’un trouble du comportement ?... pour le comportement, c’est facile : c’est la manière dont on se comporte, c’est-à-dire dont on agit, parle, etc. Quelque chose que l’on observe de l’extérieur. Quant au trouble, c’est un état de non-limpidité, de non-transparence. Lorsqu’on allie les deux mots, le sens de l’expression surgit : un trouble du comportement, c’est un comportement qui présente quelque chose de pas clair, d’incompréhensible, bref : de bizarre.
Et nous voici enfin rendu à bon port. Nous tenons enfin l’explication ultime. Au final, la schizophrénie, c’est un comportement qui n’est pas normal, et ça se voit. Alors si vous voulez savoir si vous êtes schizophrène, demandez aux gens s’ils vous trouvent bizarre. Si la réponse est « oui, t’es pas net », il est temps de vous inquiéter…
- Comment ?! Tout ça pour ça ?! On n’a pas avancé d’un pouce !... Je savais déjà que je ne suis pas normal… Allez ! Vous n’êtes pas sérieux… Je préfère demandez à mon psychiatre ; lui au moins il est compétent !
Tut, tut… Il n’y a pas de science psychiatrique occulte que les psychiatres garderaient jalousement pour eux et qui transcenderait les définitions du dictionnaire : les mots ont le sens qu’ils ont, et le dictionnaire reste fiable et égal à lui-même que l’on soit psychiatre ou déménageur, président de la république ou sans domicile fixe. Votre psychiatre vous dira plus ou moins la même chose que moi… mais le côté circulaire et insignifiant de son explication sera peut-être moins apparent.
[1] Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d’Alain Rey.
[2] Ce qui est amusant dans cette définition, c’est qu’elle permet de qualifier de malade toute personne qui ne serait pas d’accord avec le diagnostic psychiatrique qu’on pose pour elle et qui oserait prétendre qu’elle est normale… commode, non ?
07 mars 2007
Folie et vérité
Peut-être pas.
Mais une demi-vérité, une vérité incomplète, peut mener à la folie aussi bien, ou même mieux, qu'un mensonge pur et simple.
La folie, c'est un coktail d'intuitions justes et de conclusions hâtives, le pressentiment d'une vérité mêlé à un affolement, une perte totale de controle sur ses idées - comme une toupie qui s'excite et dérape.
Comme si l'esprit supputait un quelque chose qui lui parait trop gros à croire : en se réfugiant dans le délire il tourne le dos à cette vérité qu'il ne peut que pressentir à travers un voile, faute de quelqu'un pour lui expliquer les choses clairement.
26 août 2006
Délire logique ?
Après une nuit de torture, il comprend qu'il va bientôt céder, et livrer tous ceux qu'il connait aux griffes des nazis... La seule solution serait qu'il parvienne à faire croire aux nazis qu'il s'est sincèrement converti à leur cause, et qu'il est prêt à collaborer de bon coeur avec eux. Mais Paul est incapable de mentir. C'est un homme entier qui, même dans ces circonstances extrêmes, n'a pas ce qu'il faut pour feindre de manière crédible des convictions qu'il n'a pas.
Son esprit est dans une impasse. La seule issue qu'il trouve, c'est de se convaincre "pour de bon" qu'il adhère aux idées des nazis... Autrement dit, Paul devient fou parce que c'est la seule manière de sauver les vies qu'il veut protéger. Délire complètement logique.
La ruse (ou plutôt, la stratégie désespérée que son esprit a adopté) marche. Paul annonce sincèrement sa conviction sincère à l'idéal nazi. Pour quelques semaines, il devient un collaborateur apprécié des nazis. Ce n'est que lorsqu'il s'agit de livrer les résistants qui sont sous ses ordres, qu'il ne se comporte pas tout à fait comme un bon collaborateur, reportant toujours à plus tard le moment de les dénoncer.
Lorsque sa femme le retrouve et parle avec lui, sa toute nouvelle et "sincère" foi dans le nazisme s'effondre... et lui aussi.
Fin du délire logique.
Cette histoire vraie est instructive à plus d'un titre.
Elle montre que l'esprit peut choisir la folie de manière "logique", quand cela lui semble la seule issue à une situation autrement désespérée. Derrière la folie, à l'origine de la folie, il y a souvent, peut-être toujours, un calcul qui est d'une certaine manière rationnel.
L'histoire de Paul Nothomb montre aussi autre chose : c'est que pour sauver quelque chose qu'on estime plus précieux que tout (ici, les vies des autres résistants du réseau), l'esprit est prêt à une espèce d'Arakiri : il sacrifie sa cohérence à une cause qui selon lui, le dépasse. Lorsque l'enjeu est considéré comme ultime, essentiel, l'esprit est prêt à renoncer à la raison, au bon sens, à la cohérence.
On peut en tirer plusieurs enseignements sur la folie et les bouffées de délire en général :
- Lorsque ce que l'on considère comme le plus important est menacé, lorsque le dieu ou l'idole qu'on s'est donné comme référence absolue, est mis en cause ou en péril d'une manière ou d'une autre, l'esprit peut dans certaines circonstances choisir le suicide intellectuel qu'est la folie, plutôt que d'accepter la destruction de l'objet de son adoration.
Autrement dit, à la suite d'un événement ou d'une prise de conscience, l'esprit se trouve parfois face à une alternative sans troisième terme, telle que :
1/Tirer une conclusion rationnelle de ce qu'il observe et comprend, et réaliser que le dieu qu'il s'est donné n'est qu'un pauvre type, ou une pauvre femme, ou une idéologie vaine... ce qui représenterait un chamboulement complet de toute l'existence.
2/Ou bien disjoncter complèment, et ainsi se classer lui-même dans la catégorie "pauvre esprit égaré, dément" - ce qui lui permet de protéger l'idole adorée de l'examen sacrilège, démystificateur qu'il pourrait en faire.
Le drame est intérieur, tout comme celui qu'a vécu Paul Nothomb.
Il s'agit de savoir qui va être sacrifié : logiquement, rationnellement, ce devrait être l'autre, l'idole dont pour une raison ou une autre, on vient de découvrir clairement les faiblesses et les failles. Mais affectivement, ce serait comme poignarder ce qu'on aime et vénère le plus au monde... alors on préfère se sacrifier soi-même.
L'esprit, effrayé par cette possibilité qui s'ouvre à lui de renverser et briser sa Référence Ultime, se réfugie dans la folie comme dans un havre de sécurité. La Référence Ultime est ainsi protégée contre les atteintes destructrices, corrosives, de l'esprit critique. Détruite, la rationnalité ne constitue plus un danger.
Si Paul Nothomb avait gardé toute sa tête, il n'aurait pas pu protéger les siens, car il n'aurait pas su mentir d'une manière crédible.
Pour sauver ceux qu'il voulait sauver à tout prix, il fallait qu'il mente non à ses tortionnaires mais à lui-même, qu'il se convainque sincèrement d'adopter les idées contre lesquelles il s'était toujours battu, qu'il change soudain toutes ses croyances pour se métamorphoser en authentique nazi.
D'une façon similaire, c'est souvent pour protéger une Instance Supérieure (ou plutôt, une instance que l'on croit supérieure) de sa propre lucidité critique que l'on brise sa raison en choisissant la folie.
Autrement dit, on devient fou par crainte d'être un peu trop logique.
Pour se prémunir définitivement contre la folie, il faudrait donc choisir une Instance Supérieure qui soit authentiquement et réellement supérieure : ainsi la raison ne risquerait pas de la déboulonner, et l'on ne serait pas tenté de fuir dans le délire cette bouleversante possibilité.
Quand on se baigne dans l'océan, il y a une zone particulièrement dangereuse : c'est celle où les vagues se brisent alors qu'on a plus pied. Près du bord, on peut jouer avec les vagues en toute sécurité ; plus loin du bord, les vagues ne se brisent pas encore, et leurs ondulations procurent d'agréables sensations de montagnes russes. Mais entre ces deux zones de confort, on est balloté, malmené par des rouleaux écumants, incapable de reprendre pied comme de reprendre souffle.
D'une certaine manière, la folie correspond à cette zone intermédiaire. Là, on est déjà trop loin du bord, c'est-à-dire qu'on est allé trop loin dans le raisonnement pour s'arrêter de penser quand ça nous dérange, mais on est pas assez informé, pas assez armé au niveau affectif ou rationnel, pour accepter sereinement toutes les conséquences logiques des vérités qu'on entrevoit confusément au large, et qui nous effraient...
Ceux qui restent en sécurité au bord de l'eau, ne se sont peut-être jamais servi de leur tête. Leur logique atrophiée, inexistante, ne menace pas leurs croyances. Rien ne peut menacer leurs croyances, car ils ne réfléchissent pas. Ils ne risquent pas de devenir fous, parce qu'ils sont déjà fous - de cette folie banale et ordinaire qui n'a jamais conduit personne à l'hôpital psychiatrique : la stupidité.
Les nazis qui étaient si fiers de croire "fanatiquement" et "aveuglément" (c'était les mots qu'ils employaient) en leur Führer appartenaient peut-être à cette catégorie.
Ou alors, et c'est un cas radicalement différent, les personnes qui sont en sécurité sur la berge ont un système de croyances si parfait, si complet, si profondément enraciné dans le vrai, que tous les événements, raisonnements et prises de conscience qui surviennent en eux et autour d'eux renforcent systématiquement ce qu'ils croient : eux non plus ne risquent rien...
Ceux qui nagent plus loin, ont traversé la zone de turbulence et atteint l'autre zone de sécurité. Ils ont renoncé à leurs croyances initiales illusoires, accepté les conséquences que leur a indiqué la logique, et au final, trouvé une cohérence qui les satisfait pleinement.
La folie et le délire, sont les troubles d'un esprit logique, plus logique que beaucoup d'autres qui ne se sont jamais posé la moindre question sur rien. Mais l'appétit de cohérence qui a poussé l'esprit jusqu'à la zone dangereuse, ne lui a pas permis de la dépasser, ce qui fait qu'il y reste bloqué.
03 juillet 2006
Une sensation d'irréalité
Un peu comme dans le Truman Show : l'impression que tout n'est que décor...
Cette sensation se double d'un sentiment d'impuissance. Comme si on n'avait aucune prise sur le monde, comme si nos mains étaient des gants ou que l'on n'avait pas de main pour saisir, qu'il n'y avait que des images sans substance. On se sent séparé de la réalité, séparé de la vraie vie - ou alors on a carrément l'impression que "la réalité" n'existe pas, qu'elle n'est qu'une illusion d'optique.
La vie est un songe, et c'est angoissant (ou du moins oppressant, démoralisant).
Cete sensation étrange, incompréhensible, peut déclencher une crise de panique : la certitude qu'on va mourir, ou devenir fou...
Les personnes qui connaissent ce type de sensation sont beaucoup plus fréquentes qu'on pourrait le croire. Certaines vont consulter pour ça, d'autres non. Il y en qui a qui trouvent l'expérience "intéressante"... mais en souffrent malgré tout.
Les psychiatres n'ont pas d'explication à proposer.
Ou plutôt, ils en ont deux. Pour eux,
1/soit il s'agit d'un problème biologique (un déséquilibre dans le cerveau, des neurones qui se connectent mal, etc.)
2/soit il s'agit d'un problème psychologique (dépression, schizophrénie, trouble bi-polaire ou n'importe quoi d'autre).
Autrement dit, ils ont des explications qui n'expliquent pas. Ou du moins, pas grand chose.
Quelle signification ce sentiment d'irréalité pourrait-il avoir ?... Est-il explicable autrement que par un "ça fait partie de la dépression (ou de la schizophrénie, ou des troubes bi-polaires, ou d'autre chose)" ? Est-ce que ce sentiment correspond à quelque chose...?
En fait, comme souvent avec la souffrance psychologique, on a affaire à un signal d'alarme, un SOS, mais qu'on arrive pas à déchiffrer correctement.
Deux explications sont possibles :
1/La première, c'est qu'effectivement le monde n'existe pas comme le disent certains mystiques : tout n'est qu'illusion, "maya", etc., etc. Mais cette idée, toute séduisante qu'elle est, n'aide absolument pas à se sortir de l'angoisse et de la souffrance.
Il y a donc de forte chance qu'elle soit fausse : un des critères de la vérité c'est le bien-être qu'elle nous procure lorsqu'on y adhère. (Evidemment ce n'est que mon avis, et on n'est pas obligé de le partager...)
2/La deuxième, c'est qu'il y a bien quelque chose de faux et d'irréel, mais ce n'est pas le monde physique, qui lui existe, a un poids, une forme, une consistance. Ce quelque chose de faux est dans l'esprit de la personne angoissée, mais comme elle ne le sait pas - c'est-à-dire qu'elle ne sait pas qu'elle croit à quelque chose de faux - elle "déplace" son intuition sur le monde qui l'entoure. Autrement dit, ce n'est pas ce qu'elle regarde qui est irréel, mais ce sont les lunettes avec lesquelles elles regardent qui sont irréelles, c'est-à-dire mensongères. Quelles lunettes ?... Celles que nous portons tous devant les yeux sans nous en rendre compte : nos croyances, nos idées.
Notre système de croyances est non seulement l'instrument d'optique à travers lequel nous regardons le monde, mais notre "mode d'emploi" de la vie. C'est par lui que nous nous saisissons de notre existence pour en faire quelque chose... ou rien.
Aussi la sensation oppressante d'irréalité pourrait être comparée à celle qu'éprouverait quelqu'un qui, pour faire fonctionner son micro-onde (ici, sa vie), n'aurait que le mode d'emploi d'un frigo. Mais la personne en question croit dur comme fer qu'il s'agit du bon mode d'emploi, et que ce qu'elle a sous les yeux est un frigo.
Du coup, elle se sent impuissante... elle n'arrive pas à faire fonctionner son micro-onde qu'elle prend pour un frigo... c'est comme si elle n'avait pas de main... et quand elle observe ce frigo étrange, vraiment bizarre - il est petit, on ne peut rien y ranger, et en plus les aliments s'y conservent très mal - elle est pris d'une sensation d'irréalité... comme si tout était faux dans le monde.
En réalité, tout est faux dans son monde, parce qu'elle a mis toute sa confiance dans un mode d'emploi qui n'est pas le bon, et qu'elle croit des mensonges sur son micro-onde.