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21 août 2012

"Comment se libérer de la question "comment se libérer de l'ego ?"

Certaines questions sont de véritables prisons parce qu'elle sont tellement mal construites, leurs présupposés sont tellement illusoires, que le fait même de se les poser enferme dans un dédale, labyrinthe sans issue où l'on peut tourner des années...

"Comment se libérer de l'ego ?" est une question de ce genre.

Elle n'a strictement aucun intérêt et j'espère, cher lecteur, réussir à vous le démontrer dans cet article, de manière à ce qu'après l'avoir lu, vous lâchiez-prise quant à ce questionnement ridicule et à l'ambition absurde et contre-productive qui le sous-tend. Vous pourrez ensuite, si vous le souhaitez, remplacer cette question par une autre, qui sera elle constructive, et que je vous proposerai.

Comment - se libérer - de l'ego ?

Pour bien saisir le sens de cette question, il faut saisir le sens de chacun de ses termes, puis le sens de leur interaction... commençons donc par définir les éléments qui la composent :

"Comment" = de quelle manière ;
"Se libérer" = échapper à l'emprise tyrannique, se délivrer de ce qui retient physiquement ;
"l'ego" = le moi.

"Comment" et "se libérer" ne présentent pas de difficulté particulière, mais "l'ego", autrement dit "le moi", est un mot piège.

En effet, "moi" est un pronom personnel et à ce titre, ne devrait pas recevoir d'article déterminant...

On ne dit pas "le nous", "le toi", "le vous", "le eux", ni "le elles".

Alors pourquoi dit-on "l'ego" ou "le moi" ?

Il y a là un mystère... 

Selon le dictionnaire historique de la langue française d'Alain Rey, l'emploi du mot "moi" comme nom apparaît tard (1581) avec le sens de "ce qui constitue la personnalité, l'individualité d'un être humain". 

Puis, la psychanalyse est venue, et elle a consolidé et popularisé l'expression, en l'intégrant à un tryptique : le Moi, le Surmoi, le ça.

L'essentiel, c'est que maintenant nous pouvons reformuler la question : 

Comment se libérer de l'ego ?
Comment se libérer de sa personnalité, de son individualité d'être humain ?

Mais... Est-ce que votre personnalité, votre individualité d'être humain sont une prison ?

C'est ce que sous-entend la question, puisqu'on veut s'en libérer...

Je ne sais pas si vous commencez à comprendre à quel point cette question est piégée et d'une certaine manière, insultante : elle sous-entend que votre personnalité, votre individualité est un vilain cachot !

C'est comme si on disait : "Comment pouvez-vous vous libérer de votre visage ?"

Question désagréable qui suggère que le visage en question est tellement moche qu'il constitue une prison !

Non, votre individualité ne vous enferme pas et votre personnalité n'est pas une prison : vous n'avez pas besoin de vous en libérer parce que vous n'en êtes pas prisonnier !

"Mais - me direz-vous peut-être, si vous n'êtes pas bien dans votre peau - je souffre effectivement d'être qui je suis..."

Soyons précis SVP : vous ne souffrez pas de votre individualité, vous souffrez de vos défauts

Nous ne sommes pas limités et emprisonnés par notre Moi, nous sommes limités et emprisonnés par nos défauts.

Pour conclure, je vous propose non pas une mais deux questions de remplacement :

Comment se libérer de ses défauts ?

Comment libérer sa personnalité, son individualité d'être humain ?

PS : Lorsqu'un pronom personnel est pris comme un nom (l'ego, le moi) ou qu'un verbe est pris comme un nom (le lâcher-prise), méfiance : c'est souvent qu'il y a une arnaque intellectuelle quelque part...

15 août 2012

Lâcher prise ou tenir bon ?

L'expression "lâcher-prise" est à la mode ; on entend partout, on lit partout, qu'il faut apprendre à "lâcher prise", et on présente le "lâcher-prise" comme une espèce de pratique spirituelle, quelque chose de comparable à la méditation ou à la prière.

Alors parlons un peu du lâcher prise.

Et pour commencer, commençons par définir cette expression.
"Lâcher prise" est un synonyme de "lâcher", car "prise" n'est que le participe passé du verbe "prendre". Autrement dit, "lâcher prise" signifie "lâcher ce qu'on avait pris et qu'on tient".

Quand on vous dit que vous devriez "lâcher prise", on vous dit donc que vous devriez "lâcher".

Mais... lâcher quoi ?

Tant qu'on n'a pas précisé quoi, ce conseil reste vide de sens.

Pourtant, quand on entend le conseil de "lâcher prise", on a l'impression qu'il a du sens, et on n'a pas le réflexe de demander : "lâcher quoi ?"

Pourquoi ?

Parce que "prise", placé juste après "lâcher", ressemble à son COD (Complément d'Objet Direct).

On a donc l'impression qu'on sait déjà ce qu'on doit lâcher : on doit lâcher... prise.

Mais "prise" n'est pas quelque chose que l'on tient !

Je ne sais pas si vous voyez l'astuce, la ruse ?

L'expression "lâcher prise" est creuse. Elle n'a pas de sens tant qu'on n'a pas précisé ce qu'on est censé lâcher. Mais le petit mot "prise" nous donne l'illusion qu'elle a un sens, et que ce qu'on doit lâcher a été énoncé... ce qui n'est pas le cas. En anglais, face à ce genre de jargon joliment sonore et c'est tout, on parle de "psychobabble" ("blabla psy").

Cependant le conseil de "lâcher prise" peut prendre un sens précis - à condition qu'il s'insère dans un contexte.

Par exemple si on conseille de "lâcher prise" à une jeune maman en train de materner, on lui conseille de laisser tomber son bébé. Pauvre bébé. Si on conseille de "lâcher prise" au jeune papa qui est train de bricoler, on lui conseille de laisser tomber sa scie électrique, au risque de se faire très mal au pied.

Dans ces contextes et dans bien d'autres, le conseil de "lâcher prise" n'est pas bon.
Le conseil de "tenir bon" serait nettement plus approprié.

Y a-t-il des contextes où le conseil de "lâcher prise" est valable ?

Franchement, je n'en vois pas.

Ah mais si, en y réfléchissant : quand on se cramponne à ses illusions, ou à des responsabilités qui en réalité ne sont pas les nôtres, ou à un métier qu'on n'aime pas et qui nous rend malheureux, il est temps de lâcher prise...
Pour le reste, tenez bon !

11 août 2012

"Courage, fuyons !" (à propos du stress, des soucis, et de la différence entre les deux.)

En furetant sur Internet à la recherche de citations pour "Le Petit Livre Qui Apaise" (en vente en kindle, mais je cherche à l'enrichir), je suis tombée, dans google books, sur un livre sur le stress qui commence plus ou moins ainsi :

"Un homme poursuivi par un tigre tombe du haut d'une falaise. Il se raccroche dans sa chute à un petit buisson. Au dessus de lui, le tigre grogne, et en dessous, il aperçoit un autre tigre, tout prêt à le dévorer... Suspendu entre la vie et la mort, il sent sous sa main droite la racine du buisson qui cède lentement. A portée de sa main gauche, se trouve un fraisier aux jolis fruits rouges : il saisit une fraise, la déguste avec délice, et s'exclame : "Succulente, vraiment succulente !" avant de tomber entre les griffes du tigre.
Même s'il n'est plus là pour nous révéler son secret (comment a-t-il fait pour rester aussi serein ?), le comportement de ce pauvre diable illustre un point très important : même dans des circonstances stressantes, on peut ne pas être stressé. En dernière analyse ce ne sont pas les évènements extérieurs qui déterminent si nous sommes ou non stressés : c'est quelque chose qui se trouve à l'intérieur de nous-même."

Eh bien je ne suis pas d'accord.

Enfin disons qu'il y a beaucoup trop de raccourcis et d'approximations dans ce (hum) raisonnement...

OUI, il est des individus fort rares qui, à l'approche de la mort, coincé entre deux tigres, font preuve d'une insouciance impressionnante. Ce sont des cas exceptionnels - des cas plus bizarres qu'admirables.

Il y a aussi un individu qui est capable de tourner sa tête à 180 degrés... ça ne veut pas dire que tout le monde peut l'imiter !

Mais de là à dire que ce ne sont pas les évènements extérieurs qui déterminent si nous sommes ou non stressés...

Je suis pour la responsabilisation de chacun, vous le savez bien cher lecteur si vous suivez ce blog, mais il ne faut pas non plus raconter n'importe quoi.

Alors pour commencer à y voir plus clair, faisons la différence entre "le stress" d'une part et "les soucis" de l'autre.

Il y a... "se faire du souci" - et là on voit bien que l'individu est responsable : c'est lui qui se fait du souci à lui-même.
Et il y a..."être stressé" - et là, l'individu subi quelque chose qui vient plutôt de l'extérieur.

Compte tenu de cette différence, on peut distinguer trois cas :

- L'individu qui se fait du souci dans des circonstances paisibles : il s'invente des problèmes qui ne sont pas là.
- L'individu qui, compte tenu de sa personnalité, est dans une situation stressante pour lui : la pièce ronde dans le trou carré.
- L'individu qui est dans une situation qui serait stressante pour n'importe qui.

Prenons quelques exemples...

Les contrôleurs aériens ont un métier objectivement stressant. S'ils font une erreur, des avions se percuteront et il y aura des morts.

Une femme au foyer a un métier objectivement pas stressant : faire la cuisine, le ménage, changer bébé, lui faire des risettes, accueillir son mari... ne sont pas des activités angoissantes. Cette femme au foyer n'est pas stressée : elle se fait du souci, nuance !

Entre les deux, que dire du prof idéaliste qui se retrouve confronté à l'hostilité et à la médiocrité de sa hiérarchie ?... Il est une pièce ronde dans un trou stupidement carré : sa situation est stressante parce que c'est CETTE situation et parce que c'est LUI. Un autre prof - qui se fiche de ses élèves, qui ne voit son métier que comme un gagne-pain, qui fait ami-ami avec son proviseur, etc. - ne sera pas stressé. Faut-il pour autant le prendre pour exemple ?...

Pour échapper au stress, ce prof idéaliste ne doit pas se changer lui ; il doit changer de situation (des cours particuliers seraient probablement plus adaptés) et peut-être de métier, car de nos jours, l'idéalisme n'a pas de place dans l'éducation nationale.

Poursuivi par un tigre, la solution n'est pas de manger des fraises, mais de courir vite.

La terre est vaste, et pour échapper à une situation stressante, il faut parfois avoir le courage de fuir.

06 août 2012

7 commentaires des lecteurs sur "Marre de la vie" (le livre)

"C'est très personnel, mais j'ai acheté ce livre il y a environ un mois, et je n'ai pas fini d'en tirer les bénéfices, durables, qui plus est.
Beaucoup de douceur, de bon sens, de bienveillance ... Ca remet "de la confiance à l'intérieur de moi", ça me montre que je vais m'en sortir (d'ailleurs je m'en sors déjà)...
De l'humour aussi, car l'humour est très utile dans les phases d'angoisse ...
Je pourrais en dire long encore mais simplement je dirais que 1/ je vais de mieux en mieux, 2/ c'est LE livre qu'il me fallait et je l'ai lu au BON moment et 3/ je l'ai recommandé à plusieurs personnes proches et je vous le recommande aussi si vous déprimez / angoissez / stressez et que vous ne voyez pas comment vous en sortir (parce que bien sûr, on s'en sort)"

"Un livre qui contient d'excellents points de vue, rafraîchissants, qui réveillent à la vie et redonnent l'envie d'aller bien !
[...] Je le recommande pour la facilité avec lequel il se lit, le ton agréable employé, un peu comme une conversation pleine de bon sens avec une personne bienveillante, et surtout pour les idées neuves et fraîches qu'il contient (en réalité, pas d'idées nouvelles, mais plutôt de sages conseils millénaires oubliés par notre époque dans sa quête éffrenée du plaisir immédiat et solitaire, et remis au goût du jour par l'auteure - il était temps !).
Ce livre fait appel à notre bon sens, par les éclaircissements importants qu'il contient. Il démystifie la souffrance tout en lui donnant du SENS (oui !), et célèbre notre volonté, notre intelligence et notre capacité à choisir la vie que nous désirons."

"Un livre dense et fourni qui rassemblent beaucoup d'idées intéressantes, d'outils à exploiter et de pistes à explorer pour avancer sur le chemin du bien-être et du bonheur.
Un ton direct et spontané voire provocateur, beaucoup de bon sens (cela fait du bien !), de l'humour , j'ai beaucoup ri.
[...]  ce que j' ai adoré c'est la force de vie et la vitalité contagieuses qui traversent et portent ce livre, et qui donnent ou redonnent
l'envie de se mettre en chemin, de croire en soi et d'y arriver, alors merci !"

"J'espère sincèrement que ça sera un succès car les conseils de ce livre sont bons... C'est mieux que de se ruiner avec une psychanalyse de 10 ans."

"Un livre libérateur.Si votre souffrance vous hante, vous emprisonne, vous condamne,alors ce livre est pour vous.Il vous aidera à la dompter.Vous redeviendrez maitre de votre vie car Lucia Canovi vous tend une main fraternelle compréhensive ainsi que les outils nécessaires à une prise de conscience pour se libérer.Se libérer de maintes idées reçues car sortir de dépression c'est déja comprendre ce qu'est véritablement la dépression. Sur un ton sympathique elle vous invite à un voyage dans les abysses de votre être vous y trouverez des endroits jusqu'alors inconnu vous découvrirez votre véritable "intérieur"et à l'issue de ce voyage vous porterez un regard nouveau sur vous même et donc sur le monde. Ce livre est le fruit de nombreuses années de travail, de recherche qui vous sont offerts pour votre libération.Merci Lucia Canovi."

Grâce à ce livre j'ai pris la décision d'arrêter les AD et de "me prendre en charge". C'est un ouvrage d'intérêt général à mon sens, même s'il n'y a pas de miracle, efforts, patience et accepter de changer sont clairement le passage obligé. j'ai été sensible à l'humour de l'auteur, toujours distillé à bon escient, et que ce n'est pas un moindre aspect car cela permet souvent de dédramatiser ! Il y aurait long à dire sur ce magnifique livre, en termes élogieux, mais les mots me manquent.

"Bravo pour ce livre. Il m'a beaucoup aidé dans les moments ou j'en avais le plus besoin. Je recommande ce livre a tout ceux qui ont un petit ou gros coup de blues."

"Ce livre est fabuleux,il est un véritable trésor de connaissance,une main tendue, offerte pour vous sortir de cette machine infernale qu'est la dépression.Lucia Canovi tire les leçons de son expérience personnelle,combiné à un véritable travail de recherche qui démonte toutes nos idée reçues et qui nous emprisonnent malgré nous.Vous êtes invités à voyager au plus profond de vous même avec à la clef votre libération."

03 août 2012

Penser aux conséquences...

Il est des moments où l'on aime le mal.
Le mal que l'on a envie de faire aux autres, le mal que l'on désire se faire à soi-même.
On est attiré par la pente... par les vieux réflexes... par la folie instituée en sacro-saintes traditions par leur répétition ancestrale.
On aimerait se perdre dans de vieux rêves dont on sait pourtant depuis longtemps qu'ils sont condamnés à rester rêve.

Cette enfance idéale que l'on n'a pas eu, on en a encore la nostalgie, et pour y croire, que ne serait-on pas prêt à croire, re-croire, faire, re-faire ?

C'est dans ces moments-là, dans ces moments où notre coeur bouge dans le mauvais sens, nous attirant vers ce qui serait notre perte, qu'il s'agit d'agir conformément à ce que l'on comprend, et se fier à sa tête.

Si vous connaissez intellectuellement la bonne direction, celle qui vous garantira à long terme un véritable et durable bonheur, suivez-le. Même si ça veut dire que vous désobéissez à vos émotions.

Les émotions ne sont pas des guides fiables, ce sont juste... des émotions.

Laissons-les souffler dans la direction qui leur plait, aux quatre vents s'il leur plait, tourbillonner librement.

Mais gardons le cap que nous avons tellement déterminé avant, lorsque nous avions la tête froide et les idées claires.

L'intelligence n'est pas un ornement réservé aux intellectuels et aux étudiants ; c'est l'outil de chacun à condition de s'en servir.

Oubliez d'être bête : soyez votre meilleur ami.

Quand vous vous sentez irrésistiblement attiré par le mal, par la nuit, par la mort, par l'autodestruction, par l'alcool, par la facilité, par vos vieux faux amis, ceux qui prétendent vous aimer et veulent votre mort, ou du moins la complotent... résistez.

Prenez le chemin dont vous savez qu'il est le bon pour vous à long termes.

Pensez aux conséquences, à toutes les conséquences.

Ne vous laissez pas manipuler par une idée courte, une idée qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

Vous êtes plus intelligent que ça alors profitez-en pour vous sauver vous-même.

Ce qui vous permettra, plus tard, d'en sauver d'autres.

27 juillet 2012

Faut-il pardonner à ceux qui nous ont fait du mal ?

En fait, tout dépend de la situation, du contexte (comme toujours, d'ailleurs)...
Les questions générales du type "bac de philo" ne sont que d'une utilité très limitée dans la vie quotidienne, autrement dit la vie réelle.

Supposons par exemple que ceux qui vous ont fait du mal sont morts, ou très très loin de vous, à distance de sécurité. Leur pardonner ne peut avoir que des avantages : la rancoeur ronge celui qui l'héberge.

Mais supposons cette fois-ci que ceux qui vous ont fait du mal rôdent non loin, et que leur pardonner vous amènerait automatiquement à retisser avec eux une relation, des liens.
Est-ce qu'ils ne vont pas recommencer ?
Si c'est probable, s'il est presque certain que dès que vous leur en donnerez la possibilité, ils recommenceront à vous faire du mal, il est plus sage de ne PAS leur pardonner.

Le pardon n'est pas la priorité numéro un ; la priorité numéro un est de se protéger.

23 juillet 2012

Pressé d'être heureux et pressé de mourir : la même impatience ?

Je ne sais plus qui a dit : l'homme heureux est celui qui, acceptant d'être malheureux, cesse de l'être.

Il y a un pouvoir dans le mot "oui".

OUI... j'accepte que les choses soient telles qu'elles sont aujourd'hui.
Heureux ou malheureux, assouvi ou inassouvi (et on est un peu les deux quand on cherche bien), j'accepte ma situation actuelle.

OUI... voici la nuit et je ne peux pas dormir et ce n'est pas la fin du monde.
Même si demain je dois me lever tôt, ce n'est pas la fin du monde.

OUI... j'ai des cheveux gris sur les tempes et ce n'est pas la fin du monde.

OUI... je vais mourir comme tout le monde, et j'en tiens compte.

Être pressé de mourir ou pressé d'être heureux, c'est un peu la même impatience.

17 juillet 2012

De la rancune à la tendresse, de la colère à l'amour et à la paix

Comment passer de la rancune à la tendresse, et de la colère à l'amour et la paix ?
Le plus difficile, c'est peut-être de le vouloir vraiment.
Car pour cela, il faut arriver à faire la différence entre la force et l'agressivité, la douceur et la faiblesse.
Et pour arriver à faire la différence, il faut avoir dépasser le stade de l'extrême faiblesse...

De même (pourrait-on dire) comment arriver à cesser de manger de la viande avariée ?
La première condition, c'est d'avoir autre chose à manger.

La rancune et la colère sont des branches auxquelles on se raccroche quand on est trop faible pour se raccrocher à autre chose...
La viande avariée est la nourriture de ceux qui n'ont rien d'autre à se mettre sous la dent...

Et tant qu'on cherche partout cette force qui nous manque, on ne peut pas, on ne veut pas, lâcher sa rancune et sa colère.

Mais vient le temps où la force est là : ça y est, l'objectif tant désiré est atteint ; on ne veut plus prouver quoi que ce soit à qui que ce soit, on ne veut plus "prendre sa revanche".

Pourquoi se refuserait-on le droit de vivre ?
Pourquoi faudrait-il un succès spectaculaire pour confirmer notre existence ?
Aux yeux de qui devrions-nous plaire ?

Les spectateurs ne sont pas à la hauteur et nous avons le droit de vivre quoi qu'il arrive.

Quelles que soient les circonstances ordinaires ou extraordinaires de notre existence, nous avons le droit d'être là.
Le droit de respirer, de vivre et de nous réjouir sur cette terre...
Le droit de nous pencher vers plus petit que nous pour l'entourer de notre tendresse...
Le droit de regarder le ciel et le soleil sans mettre de "si", sans poser de conditions...

Pas de "oui, mais...", pas de "tant que ceci n'est pas, je n'existe pas !"

Nous avons le droit, nous avons le droit d'être là.

Mettons-nous bien ça dans la tête et laissons tomber l'obsédant désir de revanche. On ne leur prouvera rien et c'est parfait comme ça ; il y a eu jadis des miracles, et ceux qui les ont vus n'y ont pas cru. Alors qu'est-ce qu'on espère ?

Une fois la force intégrée, une fois que la sève de la victoire coule dans nos veines, nous pouvons lâcher la vieille rancune rance qui empoisonnait notre atmosphère et nous prédisposait à l'agressivité des autres ; une fois la force ressuscitée, nous pouvons congédier la colère, locataire insupportable qui ne payait pas son loyer, et accueillir l'amour et la paix, ces hôtes dont la douceur enchantent, ces locataires idéaux dont l'amabilité émerveille...

Il est tellement plus doux d'être doux que d'être dur !

La rancune et la colère mettent des angles dans notre âme et nous nous cognons contre nous-mêmes à chaque pas... et même sans pas, même immobile, nous nous cognons douloureusement à nous-même.

La tendresse et l'amour mettent des courbes dans notre âme et amortissent les chocs, d'ailleurs il y en a beaucoup moins...

Cherchez la force tant que vous vous sentez faible, et dès que vous l'aurez, cherchez la douceur et la paix : vous les trouverez.

13 juillet 2012

La première lettre de "Liberté"

A force de marcher en direction de tel ou tel lieu, on y arrive.

C'est vraiment une idée réconfortante, quand on y pense profondément...

Car ce n'est pas vrai seulement au niveau géographique : au niveau psychologique/moral/etc., c'est tout aussi vrai.

A force de marcher vers le calme... on y arrive.
A force de marcher vers la force... on la rejoint.
A force de se diriger vers l'amour... on le trouve.

Mais à une condition.

A condition de marcher intelligemment, de se diriger en faisant usage de sa perspicacité.

Notre monde, notre sinistre nouvel ordre mondial, nous fait oublier (et c'est délibéré) cette vérité première.

Il nous enivre et nous étourdit de son bruit, de ses divertissements vides de sens, de sa musique abrutissante. Il veut nous faire oublier que notre intelligence n'est pas un détail.

Il veut nous faire croire que le seul usage que l'on puisse en faire, c'est des études longues.

Alors que nous avons besoin de notre intelligence tous les jours...

Toutes les minutes...

Toutes les secondes.

(Sauf quand on dort, bien sûr!)

Notre intelligence est un trésor infiniment précieux et qui renonce à faire usage de la sienne est un pauvre malheureux destiné à rester, ou à le devenir.

Ne vous laissez pas hypnotiser par les sirènes virtuelles que des gens très puissants et très méchants jettent devant nos yeux comme autant d'appâts. Ils voudraient nous voir frits. Ou en papillotes.

Ne vous laissez pas persuader par ceux qui incarnent, soi-disant, la sagesse inverse - ceux qui disent "tout est bien, tout est parfait... vous avez choisi votre vie jusque dans ses ultimes conséquences, jusque dans les circonstances de votre naissance. Vous voulez tout ce que vous avez, vous avez juste oublié..."

Non, on ne veut pas toujours les conséquences de ses actes.

Et ceux qui mangent du sucre jusqu'au cancer ne cherchaient pas le cancer !

Mais ils l'ont trouvé.

Nous devons nous servir de notre intelligence pour choisir notre route ; nous devons nous servir de notre intelligence pour anticiper : qu'y a-t-il au bout de chemin où vous cheminez ? Si vous n'aimez pas votre destination, changez de direction.

Condition préalable : réfléchir.

Marcher avec insouciance sans chercher plus loin que le bout de sa journée, de son nez, c'est courir à la catastrophe. Les routes qu'on dévale aveuglément ne mènent jamais au sommet, à aucun sommet.

Servez-vous de votre intelligence tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, toutes les secondes.

Le Nouvel Ordre Mondial qui est déjà là veut votre abrutissement car abrutissement rime avec asservissement.

La première lettre de liberté est un L ; c'est aussi la première lettre de logique.

La logique donne des ailes quand on s'en sert ; l'intelligence est le plus précieux cadeau qui nous ait été donné. Servons-nous en.

08 juillet 2012

Ne soyez pas esclave de la Liberté !

Paradoxal, n'est-ce pas ?...

Et pourtant, je me souviens de cet homme triste, sale et mal habillé dans le métro. Il chantait dans l'espoir qu'on lui donnerait un euro ou deux, juste de quoi survivre.

Sa chanson (dont il était sans aucun doute l'auteur) ressemblait à une tragique chanson d'amour :

"Pour toi, j'ai perdu mon travail...
Pour toi, j'ai quitté ma femme..."

Pour quelle cruelle maîtresse ?

C'est ce que le refrain révélait :

"Pour toi... MA LIBERTE !"


Alors je vous le dis... Ne soyez pas esclave de votre liberté. Elle exige peut-être de vous des choses excessives et déraisonnables, comme de papillonner sans cesse de femme en femme ou d'homme en homme, comme de quitter votre travail pour errer seul dans le Grand Nord...


Peut-être même qu'elle vous demande de vous tuer, ça ne serait pas la première fois qu'elle demande ça à quelqu'un...


Montherlant affirmait que « le suicide est le dernier acte par lequel un homme puisse montrer qu'il a dominé sa vie "... autrement dit, il y voyait une preuve de liberté. Et Montherlant s'est tué.


Mais liberté, en fin de compte, ce n'est qu'un mot.


Surtout quand on ne précise pas liberté DE QUOI. 

Dans les sociétés secrètes qui ont préparé la révolution, ce mot est passé à l'état de fétiche et d'idole, et puis on a fait couler le sang, beaucoup de sang, des fleuves de sang, pour satisfaire aux exigences démesurées de ce mot-là.

Liberté... liberté... liberté...

Ne soyez pas esclave d'une notion qui est peut-être truquée. Prise sous un autre angle, "liberté" se lit "esclavage".