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16 juillet 2009

Faiblesse et ignorance... force et connaissance

Il est arrivé à des personnes sous-alimentées de se tuer en mangeant un trop gros repas. La même nourriture, fragmentée en petits repas répartis dans le temps, leur aurait permis de reprendre des forces.

La connaissance est pareille à cette nourriture.

Trop d'un coup peut faire du mal. Lorsqu'on la mâche par petits bouts, elle nous donne des forces.

à haute dose, la vérité est une lumière insupportable, aveuglante. A petite dose, la vérité est un phare qui nous mène à bon port : à chaque escale, la lumière croit jusqu'à la clarté éclatante de midi.

Nos yeux se sont habitués et nous ne sommes plus vraiment le même être.

La prise de conscience qui 10 ans plus tôt m'aurait rendu folle (m'a presque rendue folle) aujourd'hui je l'accepte avec un soulagement presque joyeux. Entre temps, je l'ai oubliée autant de temps qu'il l'a fallu.

La mémoire est sélective.

Que retient-elle ?

Ce qui colle avec notre vision du monde et de nous-mêmes - bien sûr. Mais aussi ce que nous sommes capable de gérer, de traiter, d'accepter. Ce qui n'excède pas nos forces, ce qui ne dépasse pas notre intelligence.

Et qu'est-ce qui ne dépasse pas notre intelligence ?

Ce qui ne dépasse pas nos connaissances.

J'en reviens à la leçon fondamentale, si vraiment vous la tirez vous serez gagnant : la vérité est à connaître. La vérité est à aimer. La vérité est à chercher. La vérité est à trouver. La vérité est à croire. La vérité est à vivre.

Je suis sûre que certains lecteurs restent perplexe devant ce notion de vérité, qui a si peu la côte de nos jours. Qu'est-ce que j'entends par vérité ?... Qu'est-ce que je mets derrière ce mot ?

Voici quelques synonymes de vérité qui aideront à mieux cerner la notion : lumière, réalité, exactitude, logique, simplicité, rationalité. Si ce n'est pas lumineux, exact, logique, simple, rationnel et réel, ce n'est pas vrai.

Mais au fond, les notions les plus proches de celle de vérité sont celles d'information, de connaissance et de savoir.

Prise sous l'angle de la personne qui la reçoit et l'accepte, une vérité est une nouvelle information, une nouvelle connaissance, un nouveau savoir.

Certes, un thérapeute peut aider à aller mieux. Mais pour une seule raison : parce qu'il apporte de nouvelles informations, connaissances et savoirs. Son prestige et/ou son empathie ne sont utiles que dans la mesure où ils vous rendent plus perméable à des vérités qui vous étaient encore inconnues.

"Quelle erreur ai-je commise ?"

Voilà une question qu'on peut se poser après ou pendant un épisode dépressif.

On ne comprend pas ce qui a causé le décrochement, le décalage, la chute soudaine dans cette tristesse insurmontable, épaisse. On ne comprend pas ce qui nous a rendu (soudain) si fragile, si inerte, à écouter en boucle "Ne me quitte pas..." couché sur le canapé du salon, tandis qu'à côté les plantes vertes se fanent faute d'une eau qu'on ne leur a pas versée... encore une responsabilité qu'on n'a pas réussi à assumer : prendre soin d'une créature vivante est au-dessus de nos forces.

Je me suis souvent, longtemps, posé cette question après mon premier épisode dépressif marqué. Je ne le nommais pas de cette manière d'ailleurs, mais j'étais perplexe et inquiète : d'où était-il venu ? où était-il parti ? Reviendrait-il ?...

Car il avait laissé derrière lui une impression de fragilité. J'étais contente de devoir porter pour la première fois une paire de lunettes parce que la vieillesse (dont les lunettes étaient pour mes 25 ans un symbole) m'apparaissait comme un refuge. J'avais envie d'être vieille pour ne plus avoir de combat à mener, de choix à faire, de direction à prendre. Mais je n'étais pas vieille, pas encore, et ce n'était que le début.

"Quelle erreur ai-je commise ? Où ai-je dévié ? à quel moment ai-je fait le mauvais choix ?..."

Voilà la question qui me tarabustait, avant que j'en vienne à une autre question plus existentielle ("pourquoi suis-je né?")

Cette question ("quelle erreur ai-je commise ?") est apparemment une bonne question. Mais elle présuppose que nous disposons de la bonne carte, de la bonne boussole, que le seul problème c'est la direction que nous avons prise à tel ou tel endroit, alors que le problème, ce n'est peut-être pas tant notre choix en lui-même que les paramètres d'après lequel nous l'avons fait - autrement dit, notre carte et notre boussole.

"Quelle erreur ai-je commise ?" présuppose que nos états d'âme sont entièrement sous notre responsabilité et notre contrôle, or et même si le message de ce blog est un message de responsabilisation, nos états d'âmes sont causés par des facteurs où ce qu'on a subi se mêle étroitement à ce qu'on a choisi. Autrement dit, ce n'est peut-être pas uniquement une erreur que nous avons commise, c'est peut-être aussi une erreur que nous avons subie.

"Mais alors - me direz-vous peut-être, cher habitué - est-ce que nous sommes des victimes impuissantes ?... J'avais cru le contraire ! Ne sommes-nous pas "le maitre de notre destinée" ? c'est ce que vous dites d'habitude, non ?..."

C'est vrai, c'est ce que je dis d'habitude.

Mais la réalité est un peu plus complexe et subtile que ça. Nous pouvons devenir le maître de notre destinée, et nous le sommes virtuellement, mais pour le devenir réellement et effectivement, il faut aussi comprendre et voir qu'on ne l'est pas encore.

Petit bilan de ce qu'est une existence humaine.

Après 9 mois bien au chaud, nous sortons du ventre de nos mères et pendant une dizaine d'années environ, nous sommes entièrement dépendants (tant matériellement qu'intellectuellement et affectivement) des personnes qui s'occupent de nous. Ces personnes sont généralement nos parents.

Puis nous devenons des adultes autonomes faisant leurs propres choix et vivant leur vie comme ils l'entendent.

Et un jour, nous aussi nous avons des enfants qui comme nous, après 9 mois bien au chaud, etc.

Mais ce processus apparemment simple qui conduit de la dépendance à l'indépendance peut être grippé et interrompu à n'importe quel moment. Et il l'est très souvent.

On peut rater une étape.

Et quand on rate une étape, on rate aussi les suivantes - la plupart du temps, sans s'en rendre compte.

Des "parents parfaits" ? Vénérer des vaches sacrées n'est pas bon pour le moral

La notion de révisionnisme sent le soufre mais au fond toute entreprise historique se doit d'être révisionniste, c'est-à-dire de revoir, de réviser la version officielle du passé pour vérifier si elle est correcte.
Et si elle ne l'est pas, pour la corriger.

Car il ne s'agit pas seulement de découvrir ce qui est caché, de déterrer les fragments de poterie et d'os, il s'agit aussi de prendre conscience que les dogmes et les apparences mis en avant par l'histoire officielle ou le Vatican ne sont pas toujours vrais.

Quel rapport avec la dépression, me direz-vous...

Nous sommes tous, ou du moins nous pouvons tous être, les historiens révisionnistes de notre passé personnel.

Mais l'essentiel n'est-il pas d'aller de l'avant, de construire son avenir ?
D'ailleurs n'est-ce pas le message principal de ce blog ?

Oui, c'est l'essentiel.

Mais le passé colle parfois aux semelles, et par l'effort même du pas qu'on cherche à accomplir, nous fait sentir sa présence. Pour trouver la route de son propre coeur, il faut parfois soulever de vieilles pierres.

Mais assez tourné autour du pot : entrons dans le vif du sujet.

à l'âge adulte, on oscille souvent entre deux attitudes :

1/ Accuser ses parents de tous les maux : c'est leur faute si on rate sa vie, si on est stressé, angoissé, si on n'a jamais pu faire ceci ou cela ;
2/ Les considérer comme les prototypes des Bons Parents Parfaits Irréprochables et Infaillibles.

D'habitude, dans ce blog, je n'évoque que la première attitude - celle qui consiste à se considérer comme une victime et à accuser le monde entier, parents compris, de ses malheurs -, mais la deuxième attitude n'est pas forcément meilleure ni plus constructive.

- Si vous accusez vos parents de tout, vous leur donnez la responsabilité de votre vie actuelle, et ainsi vous vous privez de tout pouvoir ;

- Mais si vous vénérez vos parents comme des vaches sacrées, vous vous privez aussi de tout pouvoir, car alors vous vivez dans un rêve, pas dans la réalité.

Et pour la première fois dans ce blog, je vais me risquer à parler de cette vénération de manière un peu approfondie. Je dis "risquer" car le sujet est délicat. Il s'agit de prendre conscience que la vache divine n'est qu'un bovidé domestique, sans se mettre à prendre ses cornes pour celles du Diable et sans lui prêter des pouvoirs sataniques.

J'avoue que c'est un juste milieu que j'ai eu et que j'ai encore beaucoup de mal à trouver...

Supposons donc que vous soyez convaincu (comme une bonne partie de la population) que vos parents sont parfaits, adorables, gentils, etc. Où est le problème, me direz-vous ?

Il n'y a aucun problème et c'est peut-être vrai, mais dans ce cas, qu'est-ce que vous faites sur un blog intitulé Marre de la vie ?

Voilà ce que peut-être vous serez tenté de me répondre :

"Mes parent sont effectivement parfaits, adorables, gentils, etc. Mais par contre moi je suis méchant, pervers, mauvais, décevant, embarrassant, incompétent, maladroit, ridicule et monstrueux. C'est pour ça que je suis déprimé."

Très bien (enfin, façon de parler) : vos parents sont des saints et vous, vous êtes tout ce qu'ils ne sont pas : méchant, sale, égoïste, pervers, etc. Mais prêtez tout de même attention à la logique du raisonnement suivant :

A/ Des parents parfaits éduquent leurs enfants de sorte qu'adultes, ceux-ci sont bien dans leur peau, heureux de vivre, équilibrés, épanouis, confiants en eux et à l'avenir ;
B/ Vous vous dépréciez, haïssez, méprisez (etc.) ;
C/ Donc, vos parents n'étaient pas parfaits.

La preuve que vos parents ne sont pas aussi parfaits, adorables, etc., que vous le pensez, c'est précisément que vous vous sentez méchant, pervers, mauvais et monstrueux. Des parents parfaits auraient su vous convaincre que vous êtes quelqu'un de bien. Leur éducation vous a convaincu que vous êtes un bon à rien, un minable, un être mauvais et pervers : ils ont donc failli.

"Mais - m'objecterez-vous encore -, mes parents ne m'ont jamais dévalorisé, méprisé, accusé, etc.! Tout vient de moi : je me suis convaincu de ma nullité/méchanceté/insuffisance tout seul !"

Je vous crois.

Mais pourquoi avez-vous éprouvé le besoin de vous en convaincre ?...

Si vous me dites que vous n'en savez rien, je voudrais vous proposer une explication.

Un petit enfant ne peut pas croire que ses parents ne sont pas parfaits. Si ceux-ci ne répondent pas à ses besoins, le maltraitent d'une manière ou d'une autre - soit en ne lui donnant pas l'amour, la nourriture, la tendresse et l'attention dont il a besoin, soit d'une autre manière -, il ne peut pas se dire : "Mes parents sont nuls ! Quand j'aurai des enfants moi-même, je leur donnerai tout ce dont ils ont besoin et je les éduquerai tout autrement." Tout ce qu'il peut se dire - et tout ce qu'il se dit -, c'est que si les parents le punissent ainsi (car de son point de vue égocentrique d'enfant c'est une punition), il l'a bien mérité.

Et s'il l'a bien mérité, c'est qu'il est mauvais.

Pas de conclusion pour l'instant ; je reviendrai probablement sur ce sujet une autre fois.

15 juillet 2009

L'amour et la vérité (et la dépression bien sûr, c'est toujours elle le sujet)

Croyez-vous qu'ils aillent bien ensemble ?...

L'amour n'est-il pas souvent un "doux mensonge" que la vérité déchire, dévoilant les conflits, les haines, les ressentiments, les maltraitances et les humiliations que cache ce décor ?...

Et pourtant, pas de vérité sans amour, pas d'amour sans vérité.

Je crois que les trois-quarts des problèmes psychologiques perdurent parce qu'on a peur de la vérité. Peur de la chercher. Peur de la connaître. Peur de la dire. Peur de l'entendre.

D'après mon expérience, on prend de la force et de la consistance, on échappe à la faiblesse qui condamne à toutes les humiliations et dépressions, lorsqu'on commence à aimer la vérité un peu plus que le reste.

Et plus on l'aime - d'un amour concret, d'un amour nourri par d'innombrables preuves d'amour - plus on se renforce.

La vérité est la clef de toutes les prisons (émotionnelles, mentales, et même physiques).
La vérité est la route droite qui mène vers les cimes très belles et très blanches où l'air est pur.
La vérité est la gorgée d'oxygène qui sauve de la mort et de l'absence d'amour.
La vérité est le chemin.
La vérité est la destination.

Cherchez-la, car que vous la cherchiez ou non, elle vous trouvera.
Dévoilez-la, car vous la dévoiliez ou non, elle vous dévoilera.

Les secrets malsains sont faits pour être soulevés : sous la chape de silence, les mille-pattes et les cloportes grouillent inlassablement. Soulever la pierre, c'est nettoyer.

La pureté est amour.
Et la vérité décape.

Mais j'imagine que de tels conseils restent trop abstraits pour être mis en pratique... (quoique leur généralité même les rend applicable à n'importe quelle situation).

Concrètement, comment manifester son amour de la vérité ?

Et quel bénéfice peut-on en espérer ?...

Manifester son amour de la vérité, c'est tout d'abord ne jamais mentir - sauf quand le mensonge peut sauver une vie.
Même sur les plus petits détails, les plus infimes insignifiances, ne jamais mentir.
Ne jamais mentir sur ses intentions.
Ne jamais mentir sur ses émotions.
Ne jamais mentir sur ses actes.
Ne jamais mentir sur rien.

Ce n'est pas aussi difficile que ça en a l'air : c'est une question de pratique, d'entraînement.

Bénéfice : on commence à pouvoir se dire qu'on est quelqu'un qui dit (et qui donc aime) la vérité.

Très valorisant.

Second bénéfice : moins vous mentirez aux autres, moins vous vous mentirez à vous-mêmes.

Pour se connaître vraiment, la sincérité est indispensable.

Mais il ne s'agit là que des premiers bénéfices... d'autres encore plus considérables apparaissent peu à peu avec le temps. La vérité est un investissement au long terme. Une valeur refuge - comme l'or. Investissez dans la vérité et elle vous le rendra au centuple.

Seconde manière de manifester votre amour de la vérité :

Dites les vérités qui vous dérangent. Pas à n'importe qui, bien sûr (il ne s'agit pas de se livrer à tout vent) - dites les aux personnes concernées.

Avouez par exemple que dans telle ou telle circonstance, vous avez eu honte pour telle ou telle raison. Que dans telle ou telle circonstance, vous avez été en colère pour telle ou telle raison.

Ce ne sera pas facile à dire, car toujours quelqu'un d'autre est impliqué. Et c'est à cette personne impliquée que vous devez dire la vérité qui vous dérange et qui ne vous laisse pas tranquille - remords ou regrets, colère ou honte.

Pourquoi se livrer à un tel exercice ?...

Parce qu'à chaque vérité de ce genre que vous dites, vous accédez à de nouvelles sphères, à un nouvel univers plus riche et plus libre, plus beau et plus vrai. Plus authentique. Le monde physique lui-même est plus coloré de l'autre côté du miroir. Déchirer le voile de non-dits et de mensonges qui vous entourent comme un cocon étouffant, c'est faire ce que fait le papillon quand il déchire sa chrysalide : accéder à un nouveau stade d'existence. Devenir une créature ailée et céleste alors qu'on n'était que chenille.

Bien sûr, ça fait peur.
Il n'y a pas de plus grande peur!
Peur de voir aussi l'autre baisser le masque et dire ce qu'il n'a jamais dit...
ou peur que l'autre rie et se moque de nous.

Mais si la première peur est légitime (en disant la vérité, votre vérité, vous poussez l'autre à vous dire la sienne), la seconde est par contre complètement irrationnelle.

Quelqu'un qui dit les choses ne suscite jamais la moquerie.

Le malaise, parfois.
Une confidence réciproque, souvent.
L'admiration, de temps en temps (car c'est tellement rare).
Mais la moquerie, jamais.

En disant la vérité, votre vérité émotionnelle, vous n'avez rien à perdre et tout à gagner.
Si la relation était fausse et reposait sur des mensonges, vous le saurez.
Et qu'elle soit authentique ou factice, vous, vous gagnerez en puissance en gagnant en authenticité.

Et votre vie se parera de plus belles et vives couleurs.

14 juillet 2009

Carence identitaire (et dépression)

Vous ne savez pas qui vous êtes, et vous en souffrez ?

Deux causes sont possibles - et souvent se conjuguent.

- L'une est liée aux circonstances précises (familiales) de votre première enfance.

Si on vous a insuffisamment touché, tenu, nommé et tutoyé... vous manquez peut-être de limite. Votre "je" est informe, c'est plus un "on" qu'un "je". Vous avez tendance à vous prendre pour quelqu'un d'autre. Vous ne connaissez pas bien vos frontières. Vous ne les faites pas respecter. On vous marche sur les pieds - parce que vous ne savez pas bien où vos pieds commencent. Vous ne savez pas bien que vous avez des pieds ! Bref : votre conscience de vous en tant que corps, en tant que personne distincte, est atrophiée.

(Ce n'est pas agréable, mais ce n'est pas définitif : être au courant est déjà un premier pas vers un "je" plus consistant. Connaître le problème, c'est déjà commencer à le résoudre.)

- L'autre est liée aux croyances occidentales. Celles du monde dans lequel vous baignez, et qui sont aussi les vôtres.
Si vous croyez que vous êtes le cousin germain d'un singe à fesses bleues, que l'être humain et donc vous-mêmes est le produit du hasard, que vous êtes né sans raison, ou du moins sans bonne raison, et que vous disparaîtrez de même, vers un néant définitif, pouvez-vous vous satisfaire de cette croyance ?...

Si la réponse est "non", et bien, vous êtes normal.

Entre certaines expériences de la petite enfance et certaines croyances omniprésentes, naît la carence identitaire, ce gros point d'interrogation, ce QUI SUIS JE ????

Mais au fond, même les expériences de la petite enfance sont liées à cette société dans laquelle nous baignons.

"Laissez bébé crier : il fait ses poumons!..."
"Ne le prends pas dans tes bras, sinon, tu vas le rendre collant."
"Il doit apprendre à devenir indépendant."

Avez-vous déjà rêvé que vous aviez un bébé dans les bras, et que vous ne saviez pas comment vous en occuper ? ou pire, qu'il était à moitié mort ?...

Ce bébé, c'est vous bébé. Un petit être qui n'a pas reçu les preuves d'amour dont il avait besoin. Mais il n'est pas trop tard pour briser le mauvais programme et renouer avec la saine nature. Pas trop tard pour redevenir cet être humain complet, et compatissant, que vous étiez potentiellement en naissant.

Si les pleurs des petits enfants provoquent en vous exaspération et colère, c'est qu'on a été exaspéré par vos propres pleurs de bébé. Si le mot "bébé" vous paraît injurieux (un synonyme de méprisable), c'est que vos besoins de bébé n'ont pas été reconnu et validé.

Alors faut-il s'apitoyer et déplorer un dégât irréparable ?...

Non, parce que tous les dégâts sont réparables. à condition bien sûr de les mesurer, de les connaître : pas de pardon libérateur, pas d'absolution chaleureuse sans connaissance et aveu. Pas de liberté sans savoir.

Le vieux dicton reste toujours vrai :

"Vous connaitrez la vérité... et la vérité vous libèrera."

10 juillet 2009

Que faut-il faire pour sortir de dépression ? (Un mode d'emploi de ce blog)

"On croit trouver l'action qui va nous permettre de sortir de cette tristesse quotidienne et puis on se rend compte que ça ne change rien ou alors un court instant."

Que faut-il faire quand on s'aperçoit qu'une "solution" ne marche pas ?
En essayer tout de suite une autre.
Une plus ambitieuse.

Si un petit changement ne suffit pas, il en faut un plus grand.

Ou du moins, il en faut un d'un autre genre. Et surtout, ne pas se décourager, persévérer.

Mais comme ce conseil est (je l'avoue) très vague, je vais pour une fois vous en donner de plus précis.

Je m'adresse à vous, cher lecteur ou lectrice et ami(e), soit que vous passiez pour ce blog pour la première fois, soit que vous soyez un vieil habitué.

Ce blog est un outil qui peut être très, très utile, mais encore faut-il connaître la manière la plus efficace de s'en servir.

Voici trois erreurs fréquentes :

TROIS ERREURS FREQUENTES

1/ La première erreur, c'est de croire que seuls les messages les plus récents peuvent vous apporter quelque chose. Il n'en est rien. Les problèmes abordés dans ce blog ne sont pas comme les oeufs : ils ne sont pas datés, ni périssables. Chaque post reflète mon évolution psychologique, intellectuelle et spirituelle et mes lectures à un moment précis du temps : quand vous remontez dans le temps, vous abordez des strates différentes, à la composition différente.

Peut-être que ce qui vous serez le plus utile maintenant, au stade où vous, vous en êtes actuellement, est enfoui dans les archives de 2006 ou de 2007.

De plus, les posts les plus anciens sont plus empathiques que les derniers, parce qu'à l'époque, je me souvenais mieux de l'état dépressif, que j'avais quitté peu de temps auparavant - (plus ça va, plus j'ai tendance à oublier...) Si vous voulez vous sentir compris, vous avez donc intérêt à fouiller dans les archives.

Dans les plus anciens posts, vous trouverez aussi une utilisation différente du vocabulaire : à l'époque, je n'utilisais pas, ou presque pas, le mot de "dépression", persuadée qu'il n'aidait pas mais au contraire enfonçait dans ce qu'il désigne.

J'en suis toujours persuadée, même si maintenant je me suis résignée à l'employer (dans la mesure où tout le monde l'emploie et que la priorité est de se faire comprendre). Pour apprendre à penser vos états d'âme sans ce mot maléfique de dépression, je vous conseille donc de lire les plus vieux posts : ils vous aideront à conceptualiser autrement votre mal-être.

2/ La deuxième erreur, c'est de lire ce blog et c'est tout.
Or, si vous avez regardez à droite, vous savez qu'il y a une rubrique "ebooks gratuits à télécharger" et "conseils de lecture" (ou bibliothérapie, je ne sais plus).
Si vous voulez vraiment vous aider vous-même - ce qui est le concept de base du développement personnel - lisez les ebooks gratuits et achetez les livres conseillés.

Et ne croyez surtout pas que ce soit un détail.
Ces livres conseillés sont extrêmement importants et utiles - c'est pour ça que je vous les conseille. Ils peuvent faire une différence dans votre vie.

3/ La troisième erreur, c'est de lire un livre conseillé ou deux et c'est tout.
Considérez que vous avez ou même que vous êtes une balance.
Le plateau de gauche (celui de la dépression) est chargé d'innombrables idées, croyances, images, souvenirs, etc. ; le plateau de droite (celui du bonheur) est quasiment vide !

Si vous voulez qu'il l'emporte, ce plateau du bonheur, vous devez le remplir, le charger d'un maximum d'idées, c'est-à-dire concrètement d'un maximum de livres.

Ne lisez pas un livre conseillé ou deux : lisez les tous.
N'ayez pas peur de saturer votre esprit d'idées nouvelles et déstabilisantes : c'est le but ! si vous vous sentez mal à l'aise et nauséeux, secoué par les idées différentes et inhabituelles que vous découvrez, alors, vous êtes dans la bonne voie !... Et ne croyez pas que la voie des lectures soit le chemin de la facilité : il est au contraire très difficile de faire la démarche de se procurer et de lire des livres plein d'idées auxquelles vous n'êtes pas habitué. C'est même l'une des choses les plus difficiles qui soit. Et je parle très sérieusement, d'après mon expérience. Mais c'est aussi ce qui rapporte le plus... à long terme.

Et pour conclure : mettez vos commentaires et vos questions, ça rend service à tout le monde (à vous, à moi, aux autres lecteurs qui ont les mêmes questions que vous mais qui ne les posent pas).

Quelqu'un d'heureux peut-il tomber en dépression ?...

C'est une bonne question et je n'y répondrai ni par "oui", ni par "non".

En effet tout dépend de ce qu'on entend par "heureux" et par "tomber en dépression".

Il y a deux sortes de bonheur :
- le fragile et mystérieux ;
- le solide et compris.

Fragile, parce que mystérieux : une bouffée de grâce, un cadeau divin, un instant de perfection soustrait au cours habituel du temps. Il arrive et part sans qu'on ait rien compris ni à son arrivée, ni à sa fuite. Il laisse après lui la nostalgie de sa présence. Il est don - il est réminiscence - il est déploiement subtil d'un parfum plus pur que ce qui respire habituellement sur cette terre.

Ce bonheur-là est très beau, mais trop incompréhensible ou du moins incompris pour qu'on fonde quoi que ce soit sur lui. Qui y compte, compte sur l'ineffable et l'évanescent. Qui y compte, bâtit sa maison sur de l'air.

Le solide et compris est un bonheur rationnel.
Un bonheur explicable et expliqué.
Celui-là est plus solide et durable que l'autre... à condition que les raisons soient bonnes.

Je suis heureux parce que je suis en bonne santé et que mon compte en banque est bien garni n'est pas forcément un bonheur solide.
La raison avancée est plutôt une raison de reconnaissance et de gratitude qu'une raison de bonheur, même si les deux sont liés.

Le bonheur solide est plus solide que ça.
Plus ancré dans la réalité que ça.
Plus durable que ça.

Car la santé s'enfuit et le compte en banque se déplume, et alors... quoi ?...

Quelqu'un qui est heureux pour de bonnes raisons bien solides - des raisons explicables et communicables et rationnelles - est à l'abri de la dépression inexpliquée.

Mais il n'est pas à l'abri du chagrin et de la tristesse. Il n'est pas à l'abri du deuil.

Personne n'est à l'abri de la mort - ni de la sienne, ni de celle des autres. Et perdre quelqu'un qu'on aime c'est inéluctablement souffrir. Mais quand on est heureux du bonheur solide, même cette souffrance-là n'est pas un désespoir. Elle est seulement une très, très grande tristesse.

Mais "quelqu'un d'heureux" peut l'être non parce qu'il a de bonnes raisons de l'être, mais parce qu'il a su garder fermée la malle où sont tous ses problèmes psychologiques, toutes ses questions sans réponses. Son bonheur (un gros bonhomme du genre Sergent Garcia) est assis sur cette malle. Il la maintient fermée de tout son poids.

Mais peut-être qu'un jour les questions et les problèmes qui se débattaient à l'intérieur de cette malle trouveront la force de faire sauter le couvercle et de s'évader dans la Nature... culbutant du même coup le bonheur par terre, le nez dans la poussière.

Et dans ce cas, "quelqu'un d'heureux" tombe en dépression...

La plupart des "gens heureux" sont heureux assis sur des questions et des problèmes. Une question ou un problème de plus, et la malle déborde et le bonheur perd son équilibre : depuis longtemps, depuis toujours peut-être, quelque chose n'allait pas. Mais ils avaient réussi à l'oublier.

Distraction et agitation : c'est ainsi qu'ils évitaient d'ouvrir la malle, la vieille malle noire où sont enfermés leurs premiers doutes, leurs premières interrogations angoissées, celles auxquelles ils n'ont jamais trouvé de réponse convaincante... ni cherché, peut-être !

Faut-il que je conclus ?

Je préfère vous laisser la liberté de tirer la ou les conclusion(s) qui vous paraît la plus logique.

07 juillet 2009

Est dépressif à vie celui qui le veut ?...

Primo, n'hésitez pas à me laisser des commentaires et des questions - ça me motive pour entretenir ce blog (sachant qu'en ce moment j'ai un peu la tête ailleurs).

Personne ne veut consciemment rester déprimé - ou alors c'est très rare.

Par contre, ce qui est beaucoup plus fréquent, c'est de vouloir être heureux mais de ne pas vouloir s'en donner les moyens.

Un peu comme il est fréquent de vouloir être riche, et de se contenter pour atteindre cet objectif de jouer au loto...

Il y a ce qui est de l'ordre du simple souhait (ou voeu pieux) : "ah, si j'étais riche... si j'étais heureux... si j'étais mince... si j'étais en couple..."

Et il y a ce qui est de l'ordre de la volonté agissante - et cette volonté-là se manifeste toujours par des actes.

Donc, pour savoir si vous voulez rester dépressif, regardez ce que vous faites pour ne plus l'être.

Si la réponse est "rien" - alors...

Et si la réponse est "quelque chose", quoi ?

L'important est de faire preuve d'imagination et de sortir du cercle de ses pas habituels, d'innover un peu. Le bonheur demande de l'imagination et de l'audace - au moins un tout petit peu des deux.

Un tout petit peu d'imagination pour penser à faire quelque chose de différent.
Un tout petit peu d'audace pour le mettre en pratique.

Votre tristesse (dépression) n'est pas une condamnation à perpétuité.

C'est le manque d'imagination et d'audace qui en est une.

03 juillet 2009

Immunisée contre la dépression ?

C'est une question que l'on m'a souvent posée : suis-je (d'après moi) immunisée contre la dépression ?...

Je ne suis certainement pas immunisée contre la tristesse. Si par exemple, j'avais un enfant et qu'il mourrait, je serais certainement très très malheureuse.

Idem si mon père, ma mère ou mon mari mourrait.

Mais la dépression tristesse sans cause apparente, ou du moins sans cause connue de moi, est terminée pour moi.

Ce qui a changé, c'est que je sais maintenant qu'il n'y a AUCUN état d'âme sans cause. Et si je ne la trouve pas tout de suite, je la cherche jusqu'à ce que je la trouve.

Je voudrais d'ailleurs revenir sur un point très important.

C'est que la plupart du temps, quand on veut chercher à comprendre pourquoi on souffre, on gratte sa souffrance. Mais ce n'est pas comme ça qu'on comprend d'où elle vient.

Imaginez que vous vouliez connaitre la racine d'une ronce.
Creuser la terre et enfouir votre tête dans le sol ne serait certainement pas le moyen, car alors, vous ne verriez rien que l'obscurité de la terre.

De même avec les souffrances : pour les comprendre, il faut les tirer vers la lumière.

Un exemple.

Vous voulez comprendre ce qui, dans votre enfance, vous a conditionné pour être comme çi ou comme ça... (je ne suis pas sûr que ce soit une quête très constructive, mais partons du principe que c'est la vôtre).

Vous pouvez lire des ouvrages sinistres qui vous mettront le nez dans votre souffrance, et alors vous la sentirez mais vous ne la comprendrez pas, et dans la mesure où vous ne la comprendrez pas vous ne vous en libérerez pas, ou vous pouvez adopter une démarche complètement inverse et lire des ouvrages qui expliquent les méthodes éducatives qui permettent de rendre ses enfants heureux.

Là, vous verrez la différence avec votre propre enfance et vous serez vraiment éclairé.

Pour comprendre le désespoir, il faut étudier le bonheur.

L'univers est régi par des polarités ; la meilleure façon de comprendre pleinement une polarité négative, c'est d'étudier (aussi et surtout) la polarité positive qui lui fait face.

Si vous voulez comprendre ce qui vous manque, cherchez du côté de ce qui est pleinement satisfaisant. Cherchez du côté de l'amour, de la richesse, de la famille, de la spiritualité... - et pas du côté de Cioran ou Schopenhauer!

Mais quand on est prisonnier de pensées négatives, le conseil précédent doit paraître bien creux - si vous êtes tenté de le suivre, faites-le moi savoir, ça me fera plaisir et en inspirera peut-être d'autres.

La dépression, une chance ?...

Il n'y a que deux choses qui peuvent nous motiver à changer :

- l'espoir d'une vie meilleure ;
- la souffrance.

La motivation est maximale quand ces deux forces sont réunies.

La dépression est une chance pour celles et ceux qui en tirent quelque chose : la volonté de changer. Elle n'est une chance que pour eux.

Le désespoir est la matière première d'un changement radical, disait quelqu'un.

Donc, oui, la dépression est une chance - à condition d'en tirer ce qu'il y a à en tirer : la motivation de changer, l'envie de changer, la détermination de changer.

Celles et ceux qui n'en tirent pas ça - celles et ceux qui préfèrent rester là où ils sont, qui préfèrent rester tels qu'ils sont, même si ça fait mal... ceux-là n'ont pas de chance, et n'en auront pas, tant qu'ils n'auront pas compris que la seule manière de goûter au bonheur, c'est (d'abord) de changer, de décider de changer.

Pendant des années, j'ai vécu sans ouvrir la malle pleine de problèmes psychologiques non-résolus que je trimballais partout avec moi. Je disais souvent à ma mère : "Je ne veux pas changer..."

Et c'était vrai.

Il a fallu beaucoup, beaucoup de souffrances pour que je me décide à changer.
Une première fois.
Une deuxième fois.
Une troisième fois.

Jusqu'à ce que j'ai suffisamment changé pour être prête à changer encore plus...

à opter pour un changement encore plus radical !

Et après ce changement radical - le début du bonheur -, il a fallu encore que je change.
Et que je change.
Et que je change encore.

Jusqu'à aujourd'hui ; maintenant le changement est devenu quelque chose d'assez naturel. Quand j'ai besoin de changer sur tel ou tel point, je le décide, puis je mets en pratique ce changement... C'est un processus simple, mais la route pour en arriver là a été longue.

Donc oui, la dépression est une chance - à condition d'en faire une chance par son attitude, c'est-à-dire à condition de se remettre en question, et d'opter pour le changement, condition sine qua non de l'amélioration de soi, et de sa vie.