J'aborde ici un sujet que j'ai déjà abordé mainte fois, mais je vais essayer de le traiter de manière plus frontale que je ne l'ai fait jusqu'ici.
Quand on est très malheureux, on peut avoir l'impression que ce dont on souffre, c'est de questions sans réponse - et de là à accuser son mental, son intelligence, il n'y a qu'un pas. En effet, c'est notre intelligence qui nous fait nous poser des questions, notre intelligence qui nous confronte à tous ces points d'interrogation douloureux.
Mais non, l'intelligence ne rend pas malheureux. Ce qui rend malheureux, c'est plutôt le manque d'information.
Ce n'est pas la question qui fait mal, mais bien l'absence de réponse.
Accuser son intelligence, c'est un peu comme accuser son assiette d'être vide : le véritable problème, ce n'est pas l'assiette mais l'absence de nourriture.
L'intelligence n'est pas le problème ; elle est au contraire une partie de la solution.
La plupart des idées qui circulent dans les médias sont obscurantistes. C'est-à-dire qu'elles impliquent presque toujours une dévalorisation de l'intelligence et du savoir (qui se tiennent main dans la main) et symétriquement valorisent l'insouciance, l'irréflexion, la spontanéité, les réflexes, les instincts, les sentiments, etc. Bref : tout ce qui n'est pas l'intelligence, et tout ce que l'intelligence n'est pas.
Ces idées tendent à nous abrutir.
L'autre jour, un député indigné accusait le Président de la République de prendre les maires pour des imbéciles (ou des crétins, je ne sais plus).
S'il était indigné, c'est qu'il sentait qu'il ne s'agissait pas d'un simple malentendu, mais plutôt d'une stratégie. On prend les maires pour des imbéciles pour les transformer en imbécile.
Et il n'y a pas que les maires.
Pour sortir de dépression et se bâtir une vie heureuse, pour atteindre ses objectifs, pour changer ses rêves en objectifs et ses objectifs en réalité, il faut se servir de son intelligence.
De toute son intelligence.
De son bon sens.
De tout son bon sens.
De sa logique.
De toute sa logique.
Ce n'est pas facile, car le courant majoritaire tire dans l'autre sens - dans le sens de l'insouciance, du "va comme je te pousse", du "vivre au jour le jour", du "carpe diem", du "après moi, le déluge" (ou même "après moi-aujourd'hui-et-maintenant, le déluge").
On peut avoir des aperçus fulgurants sur sa situation, comprendre des choses essentielles, et puis les oublier, et puis ne pas les mettre en pratique. C'est le risque. Bref, on peut être intelligent mais ne pas oser aller jusqu'au bout de son intelligence - on peut comprendre, mais finalement agir comme si on n'avait rien compris.
Et je pense que beaucoup de gens en sont là.
Ils savent, mais n'osent pas savoir. Ils se doutent de..., mais n'osent pas éclaircir leurs doutes. Ils ont des intuitions, des aperçus parfaitement justes, mais ne tirent pas toutes les conséquences de ce qu'ils ont compris. Ils posent très bien les prémisses, et reculent devant les conclusions.
Leur propre intelligence leur fait peur ; ils s'en écartent comme si elle risquait de leur exploser à la figure.
Et effectivement, c'est ce qu'elle risque de faire...
La vérité est une bombe qui peut exploser à tout moment. Alors ils la désamorcent en oubliant de penser, en oubliant de se souvenir, en oubliant de prévoir. Et leur existence continue ainsi, comme une feuille morte qui flotte au gré d'une rivière. Ils ne savent pas pourquoi ils sont si malheureux - mais veulent-ils vraiment savoir ?...
Peut-être aussi qu'on les a tellement pris pour des imbéciles qu'ils se considèrent eux-mêmes comme tels. Ils se sont laissés hypnotisés et ne font plus aucun cas de leur propre réflexion, de leurs propres facultés mentales. Ils traitent leur logique avec le même mépris que les médias la traitent. Ils ont tellement avalé de mensonges abrutissants qu'ils trouvent maintenant normal de vivre comme des abrutis.
Je ne veux pas dire par là que la majorité des gens sont idiots...
Ils ne le sont pas, mais agissent comme s'ils l'étaient, et semblent eux-mêmes convaincus de l'être.
Pour goûter à la bonne vie, et d'une manière générale pour construire quelque chose d'un peu plus grand que soi, il faut prendre le chemin inverse. Chemin peu fréquenté, chemin qui grimpe vers un air pur et des cimes pures, enneigées.
Au niveau mental, on nous a habitué à ne rien exiger de nous-même, on nous a éduqué pour que nous montrions à notre propre égard la même indulgence inépuisable qu'on réserve aux enfants, lorsqu'ils sont handicapés mentaux.
ça a commencé dès l'école, avec l'absence totale d'exigence des professeurs à notre égard.
Ils nous ont demandé de différencier les vrais mots latins des faux dans la liste (liste qui comportait les mots "dominum" et "babaorum"), on nous a demandé de faire une fiche de lecture sur Oui oui chez les indiens, on nous a bien fait comprendre que répondre à la question, c'était déjà d'une certaine façon répondre juste...
Mais maintenant, c'est dans l'autre sens qu'il faut tirer.
Car si nous réussissons à être un petit peu dur, un petit peu exigeant avec nous-même, la vie sera bien plus douce avec nous.
Si nous semons davantage, nous récolterons aussi davantage.
Prenons-nous au sérieux ; prenez-vous au sérieux.
Respectez votre intelligence.
Exigez davantage de vous-même.
Davantage de cohérence, davantage de logique, davantage de vigilance.
Montez la barre.
En faisant ainsi, vous choisirez le chemin le moins fréquenté, mais aussi celui qui mène au plus beau panorama.
La masse des touristes dévale la pente pour s'entasser sur les plages et ne rien faire - mais si vous, vous montez, si vous grimpez vers les cimes, vous gagnerez comme toute première récompense le respect de vous-même, et ce n'est que la première récompense... Il y en a beaucoup d'autres.
Plus vous vous servirez de votre intelligence, plus vous oserez penser par vous-même (sachant qu'il n'y a pas d'autre manière de penser), et plus vous vous respecterez, plus vous découvrirez et manifesterez votre valeur.
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06 décembre 2009
07 octobre 2009
Respectez votre mental
Il est de bon ton, de nos jours, d’accuser le « mental » de tous les maux.
Ce serait lui qui nous empêcherait d’accéder au Présent… Lui qui nous emprisonnerait dans des ruminations obsessionnelles… Lui qui nous garderait sous le contrôle de l’Ego… Lui qui nous empoisonnerait par ses jugements et ses préjugés… Pour trouver la paix, il faudrait donc apprendre à le faire taire, à le museler – à le castrer, peut-être.
Or ce mot neutre, « mental », a des synonymes qu’il est bon de connaître.
En voici quelques uns : intellect, intelligence, esprit, jugement, discernement.
Quoiqu’on en dise, votre mental, autrement dit votre intelligence, est probablement votre capital le plus précieux. Mais à notre époque, ce capital est tenu pour rien, ou pire que rien. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir la manière dont les enfants dits surdoués sont envisagés : leur intelligence est quasiment considérée comme une maladie mentale.
La vérité, c’est que ce n’est pas votre « mental » (votre intelligence) qui est responsable de vos ruminations excessives, de vos pensées obsessionnelles ou de vos idées noires.
Le moteur est innocent de la panne ; tout le problème vient de l’essence. L’intelligence se nourrit d’idées, et lorsque ces idées sont malsaines, les conséquences peuvent être dramatiques, exactement comme lorsqu’on mange trop d’OGM, d’aliments irradiés et de pesticides.
Vous ne devez pas haïr votre mental, mais l’aimer et le respecter. Votre intelligence est votre meilleur atout : à vous de l’ouvrir à de nouvelles perspectives, à vous de lui fournir une nourriture plus saine, à vous de lui donner ce dont elle a besoin pour fonctionner au mieux, et ainsi, changer votre vie.
Ce serait lui qui nous empêcherait d’accéder au Présent… Lui qui nous emprisonnerait dans des ruminations obsessionnelles… Lui qui nous garderait sous le contrôle de l’Ego… Lui qui nous empoisonnerait par ses jugements et ses préjugés… Pour trouver la paix, il faudrait donc apprendre à le faire taire, à le museler – à le castrer, peut-être.
Or ce mot neutre, « mental », a des synonymes qu’il est bon de connaître.
En voici quelques uns : intellect, intelligence, esprit, jugement, discernement.
Quoiqu’on en dise, votre mental, autrement dit votre intelligence, est probablement votre capital le plus précieux. Mais à notre époque, ce capital est tenu pour rien, ou pire que rien. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir la manière dont les enfants dits surdoués sont envisagés : leur intelligence est quasiment considérée comme une maladie mentale.
La vérité, c’est que ce n’est pas votre « mental » (votre intelligence) qui est responsable de vos ruminations excessives, de vos pensées obsessionnelles ou de vos idées noires.
Le moteur est innocent de la panne ; tout le problème vient de l’essence. L’intelligence se nourrit d’idées, et lorsque ces idées sont malsaines, les conséquences peuvent être dramatiques, exactement comme lorsqu’on mange trop d’OGM, d’aliments irradiés et de pesticides.
Vous ne devez pas haïr votre mental, mais l’aimer et le respecter. Votre intelligence est votre meilleur atout : à vous de l’ouvrir à de nouvelles perspectives, à vous de lui fournir une nourriture plus saine, à vous de lui donner ce dont elle a besoin pour fonctionner au mieux, et ainsi, changer votre vie.
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Intelligence et dépression
16 juillet 2009
Faiblesse et ignorance... force et connaissance
Il est arrivé à des personnes sous-alimentées de se tuer en mangeant un trop gros repas. La même nourriture, fragmentée en petits repas répartis dans le temps, leur aurait permis de reprendre des forces.
La connaissance est pareille à cette nourriture.
Trop d'un coup peut faire du mal. Lorsqu'on la mâche par petits bouts, elle nous donne des forces.
à haute dose, la vérité est une lumière insupportable, aveuglante. A petite dose, la vérité est un phare qui nous mène à bon port : à chaque escale, la lumière croit jusqu'à la clarté éclatante de midi.
Nos yeux se sont habitués et nous ne sommes plus vraiment le même être.
La prise de conscience qui 10 ans plus tôt m'aurait rendu folle (m'a presque rendue folle) aujourd'hui je l'accepte avec un soulagement presque joyeux. Entre temps, je l'ai oubliée autant de temps qu'il l'a fallu.
La mémoire est sélective.
Que retient-elle ?
Ce qui colle avec notre vision du monde et de nous-mêmes - bien sûr. Mais aussi ce que nous sommes capable de gérer, de traiter, d'accepter. Ce qui n'excède pas nos forces, ce qui ne dépasse pas notre intelligence.
Et qu'est-ce qui ne dépasse pas notre intelligence ?
Ce qui ne dépasse pas nos connaissances.
J'en reviens à la leçon fondamentale, si vraiment vous la tirez vous serez gagnant : la vérité est à connaître. La vérité est à aimer. La vérité est à chercher. La vérité est à trouver. La vérité est à croire. La vérité est à vivre.
Je suis sûre que certains lecteurs restent perplexe devant ce notion de vérité, qui a si peu la côte de nos jours. Qu'est-ce que j'entends par vérité ?... Qu'est-ce que je mets derrière ce mot ?
Voici quelques synonymes de vérité qui aideront à mieux cerner la notion : lumière, réalité, exactitude, logique, simplicité, rationalité. Si ce n'est pas lumineux, exact, logique, simple, rationnel et réel, ce n'est pas vrai.
Mais au fond, les notions les plus proches de celle de vérité sont celles d'information, de connaissance et de savoir.
Prise sous l'angle de la personne qui la reçoit et l'accepte, une vérité est une nouvelle information, une nouvelle connaissance, un nouveau savoir.
Certes, un thérapeute peut aider à aller mieux. Mais pour une seule raison : parce qu'il apporte de nouvelles informations, connaissances et savoirs. Son prestige et/ou son empathie ne sont utiles que dans la mesure où ils vous rendent plus perméable à des vérités qui vous étaient encore inconnues.
La connaissance est pareille à cette nourriture.
Trop d'un coup peut faire du mal. Lorsqu'on la mâche par petits bouts, elle nous donne des forces.
à haute dose, la vérité est une lumière insupportable, aveuglante. A petite dose, la vérité est un phare qui nous mène à bon port : à chaque escale, la lumière croit jusqu'à la clarté éclatante de midi.
Nos yeux se sont habitués et nous ne sommes plus vraiment le même être.
La prise de conscience qui 10 ans plus tôt m'aurait rendu folle (m'a presque rendue folle) aujourd'hui je l'accepte avec un soulagement presque joyeux. Entre temps, je l'ai oubliée autant de temps qu'il l'a fallu.
La mémoire est sélective.
Que retient-elle ?
Ce qui colle avec notre vision du monde et de nous-mêmes - bien sûr. Mais aussi ce que nous sommes capable de gérer, de traiter, d'accepter. Ce qui n'excède pas nos forces, ce qui ne dépasse pas notre intelligence.
Et qu'est-ce qui ne dépasse pas notre intelligence ?
Ce qui ne dépasse pas nos connaissances.
J'en reviens à la leçon fondamentale, si vraiment vous la tirez vous serez gagnant : la vérité est à connaître. La vérité est à aimer. La vérité est à chercher. La vérité est à trouver. La vérité est à croire. La vérité est à vivre.
Je suis sûre que certains lecteurs restent perplexe devant ce notion de vérité, qui a si peu la côte de nos jours. Qu'est-ce que j'entends par vérité ?... Qu'est-ce que je mets derrière ce mot ?
Voici quelques synonymes de vérité qui aideront à mieux cerner la notion : lumière, réalité, exactitude, logique, simplicité, rationalité. Si ce n'est pas lumineux, exact, logique, simple, rationnel et réel, ce n'est pas vrai.
Mais au fond, les notions les plus proches de celle de vérité sont celles d'information, de connaissance et de savoir.
Prise sous l'angle de la personne qui la reçoit et l'accepte, une vérité est une nouvelle information, une nouvelle connaissance, un nouveau savoir.
Certes, un thérapeute peut aider à aller mieux. Mais pour une seule raison : parce qu'il apporte de nouvelles informations, connaissances et savoirs. Son prestige et/ou son empathie ne sont utiles que dans la mesure où ils vous rendent plus perméable à des vérités qui vous étaient encore inconnues.
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Intelligence et dépression
25 avril 2008
Ne faites pas l'erreur de Marie-Antoinette...
Elle était mignonne ; elle était gaie ; elle était insouciante ; elle s'amusait de tout et de tous - mais elle avait un grand défaut : elle ne se souciait pas assez de la réalité.
De chaque existence il y a au moins une leçon à tirer. Marie-Antoinette a fini décapité : cette fin n'est pas le fait du "destin", comme certains pensent. Ou plutôt : ce destin-là n'est pas venu sans cause, et parmi ces causes il y en a qui sont propres à Marie-Antoinette elle-même, des causes internes pourrait-on dire.
Bien sûr, ce n'est pas "sa faute" si elle a été exécuté...
Mais les choix qu'elle a fait au cours de sa vie l'ont empêché de prévoir et d'éviter ce tragique dénouement.
Marie-Antoinette manquait de réalisme : ne faites pas la même erreur qu'elle.
Elle était concentrée sur ses rêves - elle voulait concrétiser ses rêves - elle en avait les moyens.
- Où est le problème, demandez-vous ?...
Le problème, c'est qu'elle n'a pas suffisamment regardé autour d'elle ; le contexte ne l'intéressait pas. Elle n'a pas regardé autour d'elle ; n'a pas regardé au dessus d'elle ; n'a pas regardé en dessous d'elle.
Elle n'a vu ni le peuple ignorant et manipulable, ni les comploteurs habiles qui complotaient...
C'est bien beau de poursuivre ses rêves, de construire un village à la campagne, de tisser un bon songe parsemé de perles et de fleurs - encore faut-il rester en vie pour le faire aboutir et en profiter. Nos objectifs, si séduisants soient-ils, ne doivent pas nous obnubiler au point d'oublier que notre propre survie n'est pas acquise ; que des forces qui nous dépassent en disposent à volonté ; et que c'est notre intérêt bien compris de nous intéresser à ces forces-là, pour en accompagner ou déjouer les pressions.
On peut rêver ses rêves et vivre sa vie ; on peut vivre ses rêves et rêver sa vie ; mais le succès n'appartient et n'appartiendra jamais qu'à ceux qui examinent soigneusement, longuement, profondément cette réalité têtue à laquelle on ne peut échapper par aucune porte de sortie.
Marie-Antoinette se croyait à l'abri dans son petit paradis campagnard, loin des ragots et des complots, des intrigues et des fourberies... elle en était loin comme l'autruche l'est du chasseur, lorsqu'elle enfouit sa tête dans la sable.
Et pendant que les "ris et les jeux" occupaient tout son esprit, d'autres employaient toute leur énergie mentale à détruire l'image de la reine... avant de détruire la reine elle-même.
Une débacle s'annonce par plus d'un signe ; mais qui voit ses signes ?...
Accaparée par ses rêves, Marie-Antoinette a négligé d'examiner la trame où son existence n'était qu'un noeud, négligé l'image générale. Le nez collé sur le détail d'un tissu, sur les mignardises d'une porcelaine de Saxe, elle n'a pas vu arrivé la vague immense qui, pourtant, s'annonçait par tant de signes.
Alors ne faites pas comme Marie-Antoinette.
Si tout le monde babille de tout et de rien - cela ne signifie pas que tout va bien pour vous. Si tout le monde pleure - cela ne signifie pas que tout va mal pour vous.
Ne soyez pas paresseux ; ne vous dites pas "personne ne s'inquiète, donc tout va bien" - et ne vous dites pas non plus "tout le monde s'inquiète, donc tout va mal". Votre cas est particulier ; votre existence, individuelle.
Le destin de Marie-Antoinette fut le sien - aurait-elle pu imaginé que son sort serait radicalement différent de celui de ses soeurs ?... Et pourtant, c'est ce qu'il fut.
Personne ne saura à votre place ; personne n'étudiera votre situation à votre place.
Chaque personne est absorbée par sa propre existence ; personne, ou presque, n'a le temps, l'intelligence et la générosité de donner un bon conseil.
Alors... examinez votre vie plus sérieusement que vous n'avez étudié les maths pour votre Bac S, plus profondément et attivement que vous n'avez étudié le code pour votre permis. L'enjeu est mille fois plus vital, même s'il est sans nom, sans étiquette - car c'est votre devenir qui en dépend.
Votre avenir - c'est-à-dire la seule chose vraiment précieuse que vous pouvez gagner ou perdre.
De chaque existence il y a au moins une leçon à tirer. Marie-Antoinette a fini décapité : cette fin n'est pas le fait du "destin", comme certains pensent. Ou plutôt : ce destin-là n'est pas venu sans cause, et parmi ces causes il y en a qui sont propres à Marie-Antoinette elle-même, des causes internes pourrait-on dire.
Bien sûr, ce n'est pas "sa faute" si elle a été exécuté...
Mais les choix qu'elle a fait au cours de sa vie l'ont empêché de prévoir et d'éviter ce tragique dénouement.
Marie-Antoinette manquait de réalisme : ne faites pas la même erreur qu'elle.
Elle était concentrée sur ses rêves - elle voulait concrétiser ses rêves - elle en avait les moyens.
- Où est le problème, demandez-vous ?...
Le problème, c'est qu'elle n'a pas suffisamment regardé autour d'elle ; le contexte ne l'intéressait pas. Elle n'a pas regardé autour d'elle ; n'a pas regardé au dessus d'elle ; n'a pas regardé en dessous d'elle.
Elle n'a vu ni le peuple ignorant et manipulable, ni les comploteurs habiles qui complotaient...
C'est bien beau de poursuivre ses rêves, de construire un village à la campagne, de tisser un bon songe parsemé de perles et de fleurs - encore faut-il rester en vie pour le faire aboutir et en profiter. Nos objectifs, si séduisants soient-ils, ne doivent pas nous obnubiler au point d'oublier que notre propre survie n'est pas acquise ; que des forces qui nous dépassent en disposent à volonté ; et que c'est notre intérêt bien compris de nous intéresser à ces forces-là, pour en accompagner ou déjouer les pressions.
On peut rêver ses rêves et vivre sa vie ; on peut vivre ses rêves et rêver sa vie ; mais le succès n'appartient et n'appartiendra jamais qu'à ceux qui examinent soigneusement, longuement, profondément cette réalité têtue à laquelle on ne peut échapper par aucune porte de sortie.
Marie-Antoinette se croyait à l'abri dans son petit paradis campagnard, loin des ragots et des complots, des intrigues et des fourberies... elle en était loin comme l'autruche l'est du chasseur, lorsqu'elle enfouit sa tête dans la sable.
Et pendant que les "ris et les jeux" occupaient tout son esprit, d'autres employaient toute leur énergie mentale à détruire l'image de la reine... avant de détruire la reine elle-même.
Une débacle s'annonce par plus d'un signe ; mais qui voit ses signes ?...
Accaparée par ses rêves, Marie-Antoinette a négligé d'examiner la trame où son existence n'était qu'un noeud, négligé l'image générale. Le nez collé sur le détail d'un tissu, sur les mignardises d'une porcelaine de Saxe, elle n'a pas vu arrivé la vague immense qui, pourtant, s'annonçait par tant de signes.
Alors ne faites pas comme Marie-Antoinette.
Si tout le monde babille de tout et de rien - cela ne signifie pas que tout va bien pour vous. Si tout le monde pleure - cela ne signifie pas que tout va mal pour vous.
Ne soyez pas paresseux ; ne vous dites pas "personne ne s'inquiète, donc tout va bien" - et ne vous dites pas non plus "tout le monde s'inquiète, donc tout va mal". Votre cas est particulier ; votre existence, individuelle.
Le destin de Marie-Antoinette fut le sien - aurait-elle pu imaginé que son sort serait radicalement différent de celui de ses soeurs ?... Et pourtant, c'est ce qu'il fut.
Personne ne saura à votre place ; personne n'étudiera votre situation à votre place.
Chaque personne est absorbée par sa propre existence ; personne, ou presque, n'a le temps, l'intelligence et la générosité de donner un bon conseil.
Alors... examinez votre vie plus sérieusement que vous n'avez étudié les maths pour votre Bac S, plus profondément et attivement que vous n'avez étudié le code pour votre permis. L'enjeu est mille fois plus vital, même s'il est sans nom, sans étiquette - car c'est votre devenir qui en dépend.
Votre avenir - c'est-à-dire la seule chose vraiment précieuse que vous pouvez gagner ou perdre.
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