Recevez gratuitement les 20 premières pages du TRESOR + LA LETTRE BLEUE


 
Affichage des articles dont le libellé est Antidépresseurs et autres drogues. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Antidépresseurs et autres drogues. Afficher tous les articles

10 novembre 2009

Pourquoi se droguer, fumer, prendre des antidépresseurs ou de l'alcool n'est PAS une bonne idée

Si vous êtes déjà convaincu que c'est une très mauvaise idée et que vous vivez en accord avec cette conviction (autrement dit si vous ne vous droguez pas, fumez pas, etc.), alors inutile de lire ce post.

Mais si vous n'en êtes pas convaincu...

ou si vous en êtes convaincu, mais que vous n'arrivez pas à mettre vos actes en accord avec vos croyances...

alors vous aurez intérêt à lire ce post.

Pourquoi ne PAS prendre d'alcool, drogue, antidépresseurs, etc.?

La première raison qui vient à l'esprit est : "parce que c'est mauvais pour la santé".

Mais tout les fumeurs savent que c'est très mauvais pour la santé, et ils continuent quand même. Parce qu'ils ne se soucient pas de leur santé ? Parce que "mauvais pour la santé" est une expression trop vague, une expression qui ne fait pas image ?

Peut-être vous fichez vous de votre avenir.

Mais si vous vous en fichez, c'est que vous avez oublié que vous, demain, c'est vous. En d'autres termes, le jour où vous êtes atteint d'un cancer (je ne vous le souhaite pas), c'est bien vous, vous avec vos émotions, vous comme aujourd'hui, qui êtes rongé par un carcinome.

Le terme "santé" a été tellement utilisé qu'il n'a plus aucune saveur, aucune couleur...
Remplaçons le par d'autres.
Les antidépresseurs, la drogue, l'alcool, etc., sont bons pour les maladies graves.

Ils sont excellents pour les cancers, les cirrhoses, l'akathisie - pour n'importe quelle maladie éventuellement mortelle, ou du moins très très gênante. Ils sont très efficaces pour détruire votre organisme. Et votre organisme, c'est vous : vous ne pouvez vous dissocier de votre corps qu'aussi longtemps qu'il reste silencieux.

Le jour ooù l'on a mal, où le corps parle haut et fort, on ne peut plus feindre de croire que le corps n'est que le corps, qu'on n'a rien à voir avec lui.
On ne peut mépriser la "bonne santé" qu'aussi longtemps qu'on en jouit.
Le jour où elle s'en va, on la pleure, on la regrette, on la rappelle. Comme ces hommes tyranniques et méprisants qui écrasent leurs femmes jusqu'à ce qu'elles les quittent, puis qui pleurnichent pour qu'elles reviennent.

Mais peut-être que vous ne croyez pas que les antidépresseurs, l'alcool, la drogue, etc., sont bons pour les maladies. Si c'est le cas, ne vous contentez pas de croire : renseignez-vous. Vérifiez. Les "effets secondaires" sont-ils si secondaires ?... L'alcool est-il si inoffensif ?...

Ne vous contentez pas d'un : "tout le monde en prend".

Si vous ne le savez pas encore, je vous le dis en confidence : tout le monde est un imbécile. Ne lui faites pas confiance. Si vous calquez votre comportement sur le sien, vous ne récolterez que des ennuis. Choisissez vos amis avec soin. Ne suivez pas n'importe qui... et tout le monde est n'importe qui.

Mais il y a une autre raison majeure pour laquelle prendre des antidépresseurs, de l'alcool, de la drogue, etc., n'est pas une bonne idée.

C'est qu'en prenant ces substances, vous anesthésiez votre conscience. Vous reculez devant votre condition d'Homme. Vous démissionnez de votre libre arbitre, vous abandonnez votre jugement sur le bord de la route, comme un chien à l'approche des grandes vacances. Or votre jugement n'est pas un chien, c'est au contraire la part la plus précieuse de vous-même. L'une des plus précieuses, du moins.

Le véritable bonheur ne se trouve pas dans la démission et la fuite, pas dans le repli de l'ivresse et du rêve. Il se trouve au bout de l'introspection, de la réflexion et de la présence.

Vous ne pouvez rien faire de bon tant que vous n'êtes pas vraiment là.

Le rideau de fumée (dans le cas de la cigarette) que vous interposez entre vous et le monde n'en adoucit pas les contours, même si vous en avez l'impression. Le monde est toujours aussi dur, c'est vous qui devenez mou. Informe. Vous qui sabotez votre intelligence, émoussez les angles précis de votre logique, perdez une partie de ce qui fait de vous un être digne, un être responsable, un être respectable.

Prendre des antidépresseurs, de l'alcool, de la drogue... c'est se trahir et se fuir.

Le monde moderne vous incite à vous excentrer. A perdre de vue votre centre, à vous oublier dans des images, des films, des joies et des tristesse d'emprunt, des vies qui ne sont pas la vôtre. à vous griser de sang, de cris, de rires, de sexe, de choses, de musique, de mensonges et de dépenses. A oublier complètement votre existence et vos responsabilités - à oublier la fatigue et l'honneur de vivre qui sont les vôtres, pour reprendre les mots de George Sand.

à flotter à la surface de tout, et de vous-même, sans rien approfondir et sans rien comprendre, sans même chercher à comprendre. A devenir le pire que vous puissiez être.

Le monde moderne fait tout pour vous séduire, vous dévier, briser la force et la dignité qui naturellement vous appartiennent.

Or quand vous prenez des antidépresseurs, de la drogue, etc., vous lui dites en substance ceci :

"Oui, monde, je t'accepte et même je t'aime ; oui monde, tu es tout ce que je veux ; oui, monde, je suis prêt à tout pour continuer sur cette autoroute qui est la tienne, avec les autres, les autres robots ; et comme mon existence en ton sein, ô monde, est (je ne sais pas pourquoi) insupportable telle quelle, la drogue m'aidera ; oui, elle m'aidera à la rendre supportable sans rien y changer d'essentiel ; la drogue est mon allié, ma béquille, mon soutien. Sans elle, je ne voudrais plus de toi ; sans elle, je serai obligé de réviser mes croyances et mes choix, et c'est ce que je ne veux pas ; de toute façon, je t'ai choisi, ô monde : tu es ma patrie, ma maison... Il n'y a que toi de réel, ô monde, ô Big Brother, ô chère matrice."

En arrêtant la drogue, les antidépresseurs, etc., vous faites l'autre choix.

Le choix de votre conscience, de votre jugement, de votre âme.

Le choix de votre dignité, de votre liberté, de votre force.

Le choix de l'espoir le plus difficile comme le plus méritoire, celui qui est du désespoir surmonté (pour reprendre une belle formule de Bernanos).

Le choix de la lucidité et des deux yeux ouverts.

Vous connaissez le dernier film de Kubrick, "Les yeux grand fermés" ?...
Son titre même est un commentaire très pertinent sur notre monde.

En refusant les drogues légales et illégales, vous choisissez d'ouvrir les yeux, lde traverser le miroir des apparences, de franchir le pas qui vous sépare de la vérité, de votre humanité, de vous-même, et d'un avenir digne de ce nom.

20 décembre 2008

Toujours le Diable Intérieur

Voilà... pour prolonger le commentaire d'un lecteur : lorsqu'on garde les yeux constamment fixés sur la dépression, il n'est pas vraiment étonnant qu'on y reste. Solomon a consacré 5 ans de sa vie à écrire son "Diable Intérieur", et au final, il est toujours au même point.

Un passage de son bouquin, très révélateur, montre d'ailleurs que pour lui changement = dégradation.

Voici l'extrait :

"Les voix du passé reviennent comme les voix des morts pour compatir avec nos changements et au passage des ans."

"Compatir avec nos changements" ! Hum !

Autrement dit, tout changement est une dégradation, une perte, un échec ou un deuil ; l'amélioration de soi est un concept qui est totalement inconnu à Solomon...

Je ne dis pas ça pour le casser, juste pour mettre en lumière la personnalité de cet auteur, qui a mine de rien beaucoup d'impact, puisque son livre est considéré comme une référence (cf. les commentaires sur amazon.fr)

Et comme quelqu'un pourrait être tenté de dire : "et vous alors?! Toujours fourrée sur votre blog à parler de dépression ?! Vous êtes dans la même situation que A. Solomon !"

Je réponds à l'avance :

Pas du tout, ça n'a rien à voir...

J'ai commencé à m'intéresser à la dépression au moment précis où elle a cessé de s'intéresser à moi, et je ne m'y suis intéressée que pour aider les gens qui vont mal (ce n'est pas d'ailleurs de l'altruisme au sens désintéressé du terme, car il y a d'innombrables bénéfices à aider les autres).

Si j'ai lu tous les bouquins que j'ai lu sur la dépression, c'est uniquement pour savoir ce qu'ils racontent et pouvoir éventuellement m'inspirer de leur contenu ou y répondre - je n'ai aucune espèce de fascination pour le sujet en tant que tel.

J'ai trouvé malgré tout leur lecture assez démoralisante et attristante ; non pas tant à cause du sujet que de la manière dont il est traité (victimite, symptomite, morbiformation, médicalisation des problèmes existentiels, apologie des "médicaments", des électrochocs, etc.) - j'ai d'ailleurs pour projet, dans un avenir pas trop lointain, d'écrire un livre sur le bonheur... ne serait-ce que pour le plaisir de lire avant tous les bouquins qui ont été écrit sur le sujet, pour changer un peu !

De plus, j'ai ma recette secrète de l'équilibre intérieur à laquelle je fais appel dès que j'ai une baisse de régime ; c'est elle ma force invisible.

Pour revenir à Solomon... son apologie des cachets a quelque chose de pathétique ; elle est une auto-justification un peu trop évidente de son propre choix pas si satisfaisant... voire pas du tout satisfaisant...

Il dit lui-même : "J'ai décidé de ne pas arrêter les médicaments. Je ne suis pas sûr d'être accro mais je suis dépendant". Indépendamment du fait que la différence entre "accro" et "dépendant" est insaisissable, dans la mesure où il est dépendant, ce n'est pas tant lui qui a décidé de ne pas arrêter, que les médicaments qui ont décidé de continuer...

Car si on traduit sa phrase, voilà ce qu'elle signifie :

"J'ai décidé de ne pas arrêter les médicaments parce qu'ils ne veulent pas me laisser arrêter."

Est-ce vraiment ce qu'on appelle une décision ? Oui, mais seulement au sens minimal du terme. C'est une décision dans la mesure où il n'est pas capable d'en prendre une autre... rien de plus.

à la page 154, Solomon se lance dans une justification de la prise des médicaments qui n'est pas piquée des hannetons :

"Prendre des médicaments est une façon de se battre farouchement et les refuser serait aussi stupidement suicidaire que de faire la guerre à cheval au vingt et unième siècle... Ce n'est pas une faiblesse que de prendre des médicaments... c'est au contraire une preuve de courage."

Faut-il avoir la tête à l'envers pour écrire des choses pareilles...

Ce paragraphe est doublement ou triplement faux.

1/D'abord - toutes les études le montre - le choix le plus littéralement suicidaire est celui des "médicaments" : il y a plus de suicides chez ceux qui vont mal et se "soignent" que chez ceux qui vont mal et ne se soignent pas. Oui, c'est bizarre, enfin pas si bizarre quand on connaît les effets des cachets, mais c'est comme ça.

C'est prendre des médicaments qui est (stupidement ou non, à chacun d'en juger) suicidaire, pas s'en abstenir.

2/Dans la mesure où les "médicaments" sont efficaces contre la dépression, ils le sont exactement de la même manière que le cannabis, la morphine, la cocaïne, l'exctasy et le LSD (qui ont tous été, très officiellement, des antidépresseurs, chacun à leur époque, avant d'être rangé parmi les drogues). La phrase de Solomon a donc autant de sens, et le même sens, que celle-ci, aberrante de toute évidence :

"Prendre du LSD/de l'extasy/etc. est une façon de se battre farouchement et refuser d'en prendre serait aussi stupidement suicidaire que de faire la guerre à cheval au vingt et unième siècle... ce n'est pas de la lâcheté, c'est du courage."

3/Enfin, il y a dans la phrase de Solomon tout un monde de sous-entendus sur ce qu'est la dépression et ses rapports avec la modernité. La dépression serait - comme un adversaire à la guerre - capable de se doter d'armes de plus en plus sophistiquées, auxquels il faudrait riposter soi-même par des gadgets toujours plus élaborés. Bref... la dépression, c'est le docteur No : un méchant à la pointe de la technologie. Et nous, James Bond.

Inutile de dire (mais je le dis quand même) que la dépression n'est pas le docteur No, et que pour s'en protéger et s'en défendre, la technologie ne sert strictement à rien.

Enfin si : enregistrer sa propre voix affirmant "tous les jours à tous points de vue je vais de mieux en mieux" et l'écouter en boucle peut faire beaucoup de bien au moral (méthode Coué, ridiculisée mais efficace) et effectivement, pour ça, il faut un magnétophone ou l'équivalent. Mais à part ça, on n'a besoin d'aucune des découvertes récentes de la science. On a seulement besoin d'idées, de livres, d'un peu de volonté... enfin que des vieux trucs intemporels qui existaient déjà bien avant le vingt-et-unième.

Et pour revenir au point de vue de Solomon : qui peut prétendre sérieusement qu'avaler des cachets (ouvrir la bouche, un peu d'eau, gloups) est une activité qui peut être décrite par un groupe nominal tel que "une façon de se battre farouchement" ??

Se battre = échanger des coups.
Farouchement = D'une façon ferme, intransigeante, rude ou brutale.

Où sont les coups échangés? où est la fermeté, l'intransigeance? Les cachets sont et resteront, malgré tous les "progrès" passés, présents et futurs de l'industrie pharmaceutique, la solution de facilité, la solution molle.

Il est plus facile d'anesthésier sa conscience que de s'introspecter ; plus facile de se faire prendre en charge comme un bébé par une ordonnance que de mettre de l'ordre dans sa vie ; plus facile de fuir ses problèmes dans un mieux-être chimique que de leur chercher une solution ; plus facile de modifier son humeur à l'aide de drogues que de la modifier à l'aide de son libre-arbitre ; plus facile de faire confiance au discours officiel sur la dépression que d'apprendre à penser par soi-même, hors des chemins battus... et cette facilité c'est aussi, à long terme, ce qui détruit un être humain de fond en comble, ce qui ne laisse de lui que des ruines.

Le bon chemin monte ; le mauvais descend. Ça a toujours été comme ça et ce sera toujours comme ça : la route du bonheur n'est jamais, jamais celle de la facilité.

Il n'y a qu'à voir la personnalité de Solomon, telle qu'elle se révèle dans son livre, et celle des dépressifs englués dans les cachets, traitements, électrochocs, etc., dont il rapporte les témoignages : l'ensemble est poisseux et pathétique, suinte l'impuissance et la dignité perdue.

Et ce qui est affreux, dans l'histoire, ce n'est pas la souffrance dépressive (humaine, naturelle, compréhensible, logique même si les causes ne sont pas toujours évidentes) mais bien la manière d'y réagir, ce virage mortel sur la gauche qui a été pris et repris à trop de reprises.

Je m'excuse de vous choquer si vous prenez des cachets ; ce n'est pas vous que je juge en tant que personne - d'ailleurs tout le monde peut faire des erreurs, et tout le monde en fait - mais c'est ce choix-là, ce choix de chercher à fuir la vérité de ses sentiments dans des drogues hypocritement légales, qui m'écoeure et me révolte comme une démission de sa condition humaine, un renoncement à ce qui nous fait libre et virtuellement capable de grandes choses.

Au moins, un drogué sait qu'il se drogue ; il sait qu'il fuit ses problèmes dans un paradis artificiel. Mais un dépressif-sous-cachet?... Il peut se mentir à lui-même comme Solomon le fait, se raconter et raconter aux autres qu'en prenant des cachets il se "bat farouchement" et fait preuve de courage...

Cette question du courage, il y a une manière très simple de la résoudre.

Quand on se demande si tel ou tel choix est courageux, ou non, demandons-nous si nous pourrions vraiment le proclamer à la face du monde et en être réellement fier... si la réponse (la réponse honnête, débarrassée de tout faux-semblant) est "oui", alors c'est certainement du courage ; si la réponse est "non", alors ce n'est certainement pas du courage.

Est-ce que quelqu'un - n'importe qui - serait capable d'affirmer d'un ton détendu, et avec une satisfaction authentique et intime et la conscience profonde du courage qu'il lui a fallu pour faire ce choix, qu'il est "sous antidépresseurs" ?... Je ne crois pas.

Si l'idée d'une faiblesse, d'une lâcheté ou d'un échec rôde dans les esprits à cette annonce, ce n'est pas parce qu'un lobby cherche à discréditer les cachets ; au contraire, le lobby pharmaceutique fait tout ce qu'il peut pour leur donner une bonne image - c'est tout simplement parce que le bon sens, la logique et la saine nature nous indique, presque malgré nous, que ce choix-là est un mauvais choix, un choix faible, un choix indigne.

Et en disant ce que je dis là, je suis bien sûre de ne dire rien de plus que ce que votre conscience vous a chuchoté mille fois à l'oreille, que vous l'ayez écoutée ou non.

PS: je félicite tous les lecteurs de ce blog qui ont arrêté les "médicaments", et tous ceux qui s'y décideront un jour.

10 décembre 2008

3 échelles

Voilà une échelle intéressante (elle est de Marci Shimoff) :

1.Heureux pour de mauvaises raisons ; 2.Heureux pour de bonnes raisons ; 3.Heureux sans raison.

A gauche, vous avez le bonheur qu'on s'achète à un prix trop élevé : drogue, cigarette, orgie de nourriture ou de télé.
Au milieu, vous avez le bonheur raisonnable : heureux parce qu'on gagne bien sa vie, heureux parce qu'on est en vacances, etc.
A droite, vous avez le vrai bonheur : un état intérieur qui n'a pas besoin de justification extérieure pour fleurir, un contentement vraiment intime.

Voici une autre échelle :

1.Anesthésie artificielle ; 2. malheur naturel ; 3.bonheur réel.

Au milieu, vous avez la dépression sauvage : un état d'angoisse et de souffrance qui ne doit rien au discours obsédant sur la dépression, rien aux considérations des psychiatres, rien à leurs diagnostics, symptômes, etc.
A gauche, vous avez le faux bonheur qu'ils proposent : une anesthésie chimique de tous les sentiments par le biais d'antidépresseurs et autres cachetons mauvais pour le cerveau et le reste.
A droite, vous avez le bonheur réel, qui se conquiert de haute lutte sur le malheur.

Lorsque, étant au milieu, on choisit le chemin de gauche, celui de l'anesthésie, on s'éloigne du bonheur réel.

Les gens heureux ne sont pas ceux qui ont choisi l'amputation affective (les cachets) mais ceux qui ont pris le parti de se colleter avec leurs sentiments négatifs.

Ils ont compris que c'étaient eux qui se rendaient malheureux - et qu'ils avaient le pouvoir de se rendre heureux comme ils avaient eu le pouvoir de se désespérer.

Ils ont choisi (c'est un choix) de voir le verre à moitié plein, de croire que ce qui leur semblait un malheur absolu pourrait bien se révéler, par la suite, une chance, et qu'il y a au-dessus eux une Providence qui organise les choses au mieux,l'essentiel étant de lui faire confiance.

Un être humain complet n'est pas un être humain qui s'est amputé de ses émotions sous prétexte qu'elles lui font mal - décision aussi absurde que celle de s'amputer de la main droite sous prétexte qu'elle est blessée.

Perdre, par la consommation de produits chimiques, la capacité à être malheureux, ce n'est pas seulement perdre cela, c'est aussi perdre :

- la compassion qui est étroitement liée à la capacité à être malheureux. Ne comptez pas sur la sympathie d'un ami shooté aux antidépresseurs, il n'en a plus à donner.

- la capacité à être naturellement heureux, amoureux, etc. (ce sont toutes les émotions qui sont bloquées par les antidépresseurs, et pas seulement les émotions négatives... les seuls sentiments "positifs" qui surnagent sont ceux causés par la drogue.)

- une partie de ses facultés intellectuelles et décisionnelles, car raison et volonté sont étroitement liés aux émotions, comme les neurologues l'ont montré. Sous antidépresseurs, les choix que l'on fait sont moins bons, car on n'a plus les émotions et les sensations physiques qui nous guideraient dans nos choix si nous étions dans un état normal.

Ce qui fait de la condition humaine un défi et une occasion sans cesse renouvelée de s'améliorer, c'est la puissance des émotions que l'on ressent, ainsi que la difficulté - mais non l'impossibilité - de les contrôler par la raison.

Les émotions nous poussent et nous tirent ; elles nous donnent du feu, de la vitalité. La raison est, dans l'idéal, le conducteur du char. Si elle parvient à maîtriser et diriger les émotions, chevaux fougueux, rien ne l'empêche d'atteindre ses objectifs.

Mais ces chevaux impulsifs sont aussi intuitifs : ils voient ce que le conducteur du char ne voient pas, et par leurs écarts, le sauvent bien souvent de la chute. C'est la collaboration harmonieuse du maître (la raison) et des serviteurs (les émotions) qui assure la bonne marche de l'équipage.

Notre civilisation émotionnelle, antirationnelle, voudrait que le conducteur du char renonce à le conduire, qu'il se laisse traîner à hue et à dia par des chevaux dont l'un tire à gauche et l'autre tire à droite, quand le troisième veut juste brouter l'herbe là où il est.

Et lorsque le résultat est pitoyable - il l'est forcément -, voilà la société qui nous agite sous le nez ses petits cachets roses et bleus : "ça ne marche pas ?... Alors voilà la solution !"

Si nous les prenons, les chevaux s'arrêtent net. Le conducteur lui-même perd toute motivation pour avancer. Qu'avons-nous gagné ?... Rien. Qu'avons-nous perdu ? toutes nos émotions et une bonne partie de notre raison.

Un être humain complet n'est pas un être humain dont l'humanité a été chimiquement anesthésiée ; un être humain complet n'est pas non plus la marionnette hystérique de ses moindres passions et de tous ses caprices ; un être humain complet est un être chez qui les émotions sont puissantes, et la raison encore plus puissante.

Ce qui amène à une troisième échelle :

1.émotions ; 2.raison ; 3.principes

Si on garde les émotions en bas, la raison au milieu et les principes en haut, on peut réussir sa vie, ou une partie de sa vie.
La raison contrôle les émotions ; les principes orientent la raison.

Mais de nos jours, c'est : émotions en haut ; raison en bas ; principes aux abonnés absents.

09 décembre 2008

Publi-reportage

C’est dans le contexte de la médicalisation de l’existence à des fins mercantiles que s’inscrit le discours officiel sur la dépression.
Ce qu’on appelait avant tristesse, mélancolie, problème existentiel, errance spirituelle, questionnement, inquiétude, angoisse métaphysique, chagrin, deuil, maussaderie, pessimisme, peur de la mort, désespoir, fatalisme, misanthropie, sensibilité, malheur, crise, épreuve, etc., a été rassemblé et morbiformé [modelé en forme de maladie] en une maladie portant le nom de dépression.
Et c’est cette dépression qui protège de son corps gigantesque toutes les petites molécules chimiques qui se cachent derrière elle.
La "dépression" est le fruit d’une vaste campagne publicitaire s’étalant sur des dizaines années. Cette créature a été créée de toutes pièces par les docteurs Frankenstein de l’industrie pharmaceutique ; grâce à elle, des millions leur affluent dans les poches.
Dans le jardin fertile de la dépression, le blabla psychiatrique pousse à foison ; ses fleurs blanches ressemblent à s’y méprendre à de petites blouses de médecin, mais lorsqu’on les examine de près, on s’aperçoit que leur tissu est végétal : un leurre pour insectes patraques. Ce discours n’est pas scientifique (sauf sur les bords ou en surface) et il n’est pas non plus médical.
S’il se rattache à un genre, c’est à celui du publi-reportage : sous un emballage à l’air objectif, de la réclame.

26 novembre 2008

Les antidépresseurs en perspective

Si on garde le nez collé sur la boite, on ne peut pas comprendre ce que sont réellement ces petits cachets aux propriétés étonnantes, un peu inquiétantes.

Pour découvrir de quoi il s'agit, il faut les replacer dans leur contexte. Prendre du recul. Faire un zoom arrière pour voir le tableau dans son ensemble...

Et que découvre-t-on ?

Que les antidépresseurs se situent au carrefour de deux routes.

L'une, celle des traitements psychiatriques (utilisés dans les hôpitaux psychiatriques sur des patients qui n'ont pas vraiment le choix - même aujourd'hui) ; l'autre, celle des produits utilisés par des médecins pour remonter le moral de leurs patients démoralisés, "dépressifs".

C'est en prenant en compte ces deux lignes, que l'on peut comprendre ce que sont les antidépresseurs - point où elles se croisent.

Traitements psychiatriques.
Dans les années cinquante, on connaissait trois méthodes "efficaces" - enfin, c'est ainsi qu'on les considérait à l'époque. Efficaces, car "de choc". Et si le "car" vous semble discutable, c'est que nous ne sommes plus dans les années cinquante. De nos jours, un peu de subtilité est devenue de mise. Bref.

La première méthode : la lobotomie.
On ouvre le crâne du patient (qui n'est pas consentant : puisqu'il est fou on ne lui demande pas son avis) et on coupe délicatement quelque chose - ne me demandez pas quoi - dans son cerveau. Puis on referme le tout.

Le patient est beaucoup plus calme ensuite.

Deuxième méthode : le choc insulinique.
On injecte de fortes doses d'insulines au patient (auquel on n'a toujours pas demandé son avis, puisqu'on vous dit qu'il est fou), qui tombe dans le comas - son cerveau manquant de sucre. Juste avant qu'il ne meure, on le ranime avec du jus d'orange et du sucre.

Le patient est beaucoup plus calme ensuite. Et si on répète suffisamment le traitement, il devient aussi beaucoup plus obèse.

Troisième méthode : les électrochocs.
On électrocute le patient, enfin sa tête.

Le patient est beaucoup plus calme ensuite.
Et comme il oublie la séance d'électrochocs, et que ses capacités intellectuelles diminuées ne lui permettent pas de se rendre compte qu'il en a perdu (des capacités intellectuelles), il ne sait pas vraiment ce qu'on lui a pris.

Les conséquences de ces trois méthodes sont proches : cerveau abîmé, personnalité amoindrie, voire anéantie, et parfois une reconnaissance proche du syndrome de Stockholm à l'égard du personnel soignant, qui tue (presque) le patient et le rattrape aux portes de la mort... Les otages qui aiment leurs ravisseurs les aiment pour le mal qu'ils ne leur font pas et qu'ils pourraient leur faire - ici, c'est un peu pareil.

Et puis vinrent les cachets...

Non, ils n'ont pas tout chamboulé ; le changement est plus superficiel, plus apparent que profond. La violence dérangeante - et qui dérangeait même certains psychiatres, qui trouvaient que le visage angoissé du patient soumis au "traitement" était désagréable à voir - s'est estompée, certes. Mais les effets sont plus ou moins les mêmes.

Cerveau abîmé, personnalité amoindrie, voire anéantie.

La grande nouveauté, c'est que même si l'on continue à "soigner" les patients contre leur gré dans les hôpitaux, il y a, dans le vaste monde où chacun fait ce qu'il veut, des gens pour s'imposer à eux-mêmes les mêmes traitements qu'on impose de force dans les institutions psychiatriques.

Quoi de plus étrange ?...

Qu'un être humain libre - du moins il en a l'air - choisisse d'abîmer son cerveau, d'amoindrir, voire d'anéantir, sa personnalité ?

Mais peut-être cette liberté n'est qu'apparente... Est-on libre lorsque, soumis au bombardement d'une propagande perpétuelle, on suit à toute allure les rails du métro-boulot-dodo ?... Pour être libre, il faut être informé ; la désinformation préserve l'apparence de la liberté, en la vidant de son contenu.

Les consommateurs d'antidépresseurs n'ont pas choisi les antidépresseurs par leur propre volonté éclairée, ils les ont choisi par défaut, ils les ont choisi parce qu'ils ont laissé quelqu'un d'autre choisir à leur place.

Et - si ça fait longtemps qu'ils en prennent - il se peut que leurs facultés intellectuelles amoindries ne leur permettent pas de réaliser ce que ces cachets leur ont volé.

C'est ce qu'on appelle l'anosognosie - une inconscience de ce qu'on a perdu. De même que certains malades ne savent pas, en toute bonne foi, qu'ils sont devenus aveugles, même s'ils se cognent au mur, de même sous l'effet des antidépresseurs, on peut très bien ne pas se rendre compte des capacités cognitives et volitives que l'on a perdues.

Et c'est logique : comment s'en rendrait-on compte, si c'est justement une partie de son intelligence que l'on a perdue ?...

Lorsqu'une personne vous parle au ralenti, comme s'il y avait entre elle et vous des kilomètres d'eau, lorsque (de toute évidence) son esprit est à la traîne quelque part derrière son corps ; lorsque sa bouche s'entr'ouvre et que son regard se vide ; elle ne se rend pas compte qu'il y a quelque chose qui cloche.

Ce n'est pas comme un ancien sportif, qui est bien obligé de se rendre compte qu'il n'a plus les capacités physiques qu'il avait, car il a encore toute sa tête pour mesurer l'écart entre avant et après.

Lorsqu'on perd la tête (la volonté, l'intelligence, le logique, ou pire encore les trois), on n'a plus ce qu'il faut pour mesurer l'écart entre avant et après.

C'est pourquoi les gens qui prennent des antidépresseurs se croient parfois "sauvés" par leurs cachets, auxquels ils ne voient que des bons côtés - alors même que leur entourage constate et déplore la diminution de leur personnalité et de leur intelligence.

C'est seulement lorsqu'on arrête les cachets - et que leurs effets a commencé à s'estomper, ce qui peut prendre du temps, et parfois hélas les dommages sont irréversibles - qu'on prend conscience de ce qu'on avait perdu... et qu'on est en train de récupérer.

De la lobotomie aux antidépresseurs, il n'y a eu progrès que sur l'emballage.
La lobotomie ne faisait envie à personne ; personne ne voulait subir de lobotomie. Les antidépresseurs suscitent eux une certaine convoitise : et si le bonheur, c'était aussi simple qu'un cachet avec un verre d'eau ?...

La "solution de facilité" nous prépare des lendemains sinistres, mais nous n'en avons pas conscience.

De la lobotomie aux antidépresseurs, le dommage est mieux caché, le crime moins apparent. Mais dans les deux cas, il y a crime. Et la victime n'est plus vraiment à même de savoir ce qu'on lui a volé - parfois avec son accord !

28 août 2008

MENACES VAGUES ET VRAI DANGER : L’AKATHISIE

Dans le discours officiel, on trouve parfois, par-ci par-là, quelques avertissements vaguement menaçants, tels que ceux-ci :

« Bien sûr, certains peuvent se trouver guéris, pour la raison que beaucoup de dépressions guérissent spontanément ; mais on ne sait jamais au bout de combien de mois de souffrance. Quant aux autres, c’est la dérive, le marasme, l’aggravation. »
« Avant les années 50, les médecins ne disposaient pas de médicaments antidépresseurs efficaces et les dépressifs étaient livrés à eux-mêmes et à leur souffrance. Sans traitement, une dépression modérée à sévère risque de ne pas guérir, ou de récidiver rapidement. »
Mais ce genre de mise en garde ne vaut pas une bonne étude bien objective. Pourquoi le discours officiel ne cite-t-il jamais de chiffres qui prouveraient par A plus B que, lorsqu’on est déprimé, consulter son médecin et suivre un traitement, c’est bon pour la santé ?...
La raison en est simple. Les chiffres disent le contraire. Ça semble difficile à croire, mais toutes les études sérieuses convergent dans le même sens : pour un dépressif, le fait de ne suivre aucun traitement est nettement moins dangereux que le fait de se laisser prescrire des antidépresseurs par son médecin.
Ainsi les chances de survie d’un dépressif qui se soigne tout seul aux huiles essentielles, ou qui ne se soigne pas du tout, sont bien plus élevées que celles d’un dépressif que son docteur soigne à la Paroxetine, par exemple. Des études très concluantes le démontrent : comparés aux adultes déprimés qui ne prennent qu’un placebo (autrement dit rien), les adultes déprimés qui prennent de la Paroxetine sont 6,4 fois plus nombreux à se suicider.
Lors des premières études menées sur le Prozac, le produit a été testé sur des personnes dont les dépressions étaient modérées ou légères, et qui n’avaient pas d’idées suicidaires. En tout, 286 personnes ont suivi le traitement jusqu’au bout (50% des participants ont arrêté, généralement à cause des effets secondaires). Parmi ces gens qui n’étaient pas suicidaires en commençant leur traitement au Prozac, 16 se sont suicidées. Le traitement ne durait pourtant que de quatre à six semaines.
D’autres études vont dans le même sens.
La présidente de l’association Prozac Survivor’s Support Group fait aussi part de ses observations : « J’ai personnellement parlé avec 400 personnes à qui le Prozac a été prescrit pour différentes raisons : obésité, tabagisme, dépression, etc. Le scénario est toujours le même. Ils ne sont pas suicidaires avant de commencer le traitement, mais ils le deviennent après. Quand ils arrêtent, ils ne le sont plus. »
Une petite question, posée sur l’un des forums de Doctissimo, est elle aussi significative : « Est-ce que c'est normal qu'après avoir pris mon cachet (fluoxerine, générique du prozac), j'ai encore plus envie de mourir et pire je me sens parfaitement capable de me suicider ? »
Ces informations peuvent choquer… mais le plus grand risque, c’est qu’elles ne choquent pas. Qu’elles passent inaperçues, noyés dans les flots épais du discours officiel. Ce qui est trop différent de l’horizon d’attente reste à la périphérie de la conscience, et en disparaît rapidement. Certaines informations sont trop décalées par rapport à notre univers de croyances pour qu’on les prenne sérieusement en considération, en examinant soigneusement tout ce qu’elles impliquent.
Ce que ces enquêtes ont mis en évidence, des enquêtes variées menées dans des pays variés, c’est que les antidépresseurs sont à l’origine de nombreux suicides. Bien sûr, ces médicaments (on ne va pas leur refuser ce nom, depuis le temps qu’ils le portent) ne convainquent pas tout le monde de se tuer – de même que le gens qui boivent de l’alcool ne deviennent pas tous alcooliques. Mais ces suicides-prozac et ces suicides-paroxetine sont aussi étroitement liés à ces molécules chimiques que l’alcoolisme est lié à l’alcool.
Puisque les antidépresseurs poussent au suicide, il faudrait peut-être changer leur nom. Au lieu de les appeler des « antidépresseurs », on devrait plutôt les appeler des « suicidatifs » - mot qui peut aussi s’épeler « suicide hâtif ».
Ce serait beaucoup plus clair, ça éviterait des quiproquos regrettables, et intellectuellement, ce serait plus honnête. Mais les responsables marketing de l’industrie pharmaceutique ne seraient probablement pas d’accord pour rebaptiser leur produit.
Les faits, et les chiffres, sont là, incontestables – mais comment les antidépresseurs poussent-ils au suicide ?... Le mécanisme reste difficilement compréhensible tant qu’on ne connaît pas l’existence de l’akathisie.
Ce mot étrange ressemble à du japonais, mais la réalité qu’il désigne n’a vraiment rien de zen. L’akathisie est un trouble neurologique atroce : on tremble, on est surexcité, on est dans un état d’agitation interne intense, on est dans l’impossibilité de rester tranquille, de s’asseoir, on a besoin de sortir de sa peau ; ces sensations sont tellement insupportables qu’on peut en devenir frénétique, furieux – dans certains cas jusqu’au meurtre, au suicide.
Voici un témoignage de première main sur l’akathisie : « Voilà ce qui se passait pour moi lorsque je prenais un neuroleptique quelconque (à dose "classique") : au bout de quelques heures pour certains (abilify, risperdal) ou au bout de plusieurs jours pour d'autres (zyprexa, solian), je sentais monter en moi à la fois un terrible sentiment de désarroi, d'angoisse en même temps qu'une extrême agitation : j'étais incapable de tenir en place et il fallait absolument que je bouge, que je marche, voire courir : c'était vraiment un cauchemar : ça allait jusqu'à me donner exprès des coups pour m'étourdir, à crier comme pour extirper de moi cet énervement. Ca durait ainsi au moins 4 à 5 heures (autant te dire qu'à chaque fois, je n'ai pas été loin d'être hospitalisé en urgence) puis ça se calmait très progressivement. J'ai compté qu'il me fallait minimum dix heures après le début des premiers signes pour retrouver complètement mon état normal. »
L’akathisie est répertoriée dans le répertoire des troubles mentaux ; ce n’est pas, cependant, une maladie en tant que telle, ou du moins ce n’est pas une maladie comparable à la dépression, puisque la cause de l’akathisie est, elle, parfaitement connue : on sait depuis longtemps que l’akathisie résulte de la consommation de psychotropes ou antidépresseurs. En fait, tous les médicaments du type IRS peuvent déclencher l’akathisie – autrement dit, non seulement le prozac… mais le… et le… peuvent tous provoquer l’akathisie qui mène au meurtre et/ou au suicide.
L’akathisie est le chaînon qui relie la prescription d’antidépresseurs par des médecins soucieux du bien-être de leurs patients et certains meurtres et suicides étranges.
De nombreux cas de suicide causé par l’akathisie ont été déjà répertoriés au Etats-Unis. Des procès ont été intentés contre des firmes pharmaceutiques à ce sujet. Quoique la France soit l’un des pays où l’on consomme le plus d’antidépresseurs, elle a par miracle été épargné jusqu’ici par l’akathisie – tout comme elle a été épargné par le nuage de Tchernobyl.
Les laboratoires pharmaceutiques ont de la chance : les suicides causés par l’akathisie ont toutes les chances de passer inaperçu. La personne qui se suicide était déprimée (c’est pour ça qu’elle prenait un antidépresseur) : on va donc très naturellement imputer son suicide à sa « dépression ». Encore une fois, ce n’est pas le médicament qui protège contre la maladie, mais la maladie qui protège le médicament.
Quant à la personne « soignée », rien ni personne ne la protège. Pour les firmes pharmaceutiques, la priorité numéro un est de mettre la réputation de leurs best-sellers à l’abri des faits qui pourrait leurs faire du mal - pas de mettre la vie des personnes à l’abri des effets de leurs best-sellers. Tant pis pour les gens : l’essentiel est que le prozac, lui, ne souffre pas.
Ce point de vue peut paraître cynique, et il l’est, mais qui a jamais cru que des grandes entreprises qui ramassent des millions, voire des milliards grâce à la maladie ont pour priorité la santé des gens ?... Ce serait étrange, carrément bizarre.
Vous vous dites peut-être que l’akathisie ne touche qu’un tout petit pourcentage de personnes, et qu’il n’y a donc aucune raison que ça tombe sur vous – mais ne supposez pas trop vite. Le pourcentage de cas d’akathisie n’a pas encore été calculé pour une seule raison : personne n’a intérêt à le connaître, si ce n’est les dépressifs, et eux ne sont pas en état de faire des enquêtes.
À partir des études préliminaires à la mise sur le marché du Prozac, on peut quand même avancer un pourcentage : sur un traitement court de 4 à 6 semaines, le pourcentage d’akithisie conduisant au suicide serait situé entre 5,29 % et 5,59 %. (Ce pourcentage ne prend pas en compte les akathisies qui n’ont pas conduit à la mort.) C’est bien plus que la probabilité de gagner au loto quand on y joue. Ce chiffre est obtenu en généralisant les résultats obtenus sur un petit nombre de personnes, mais il n’y là rien de choquant : c’est la manière habituelle dont procède l’industrie pharmaceutique. Il est à noter qu’on ne sait pas du tout quel est le pourcentage d’akathisies mortelles sur des personnes déjà suicidaires avant de commencer le traitement – mais on peut supposer qu’il est bien plus important.
Parmi les nombreux « drames familiaux » qui font si souvent la une du journal télévisé (un père de famille tue sa femme et ses enfants et se tue ensuite), certains sont probablement causé par l’akathisie – car il faut bien que le pourcentage se manifeste quelque part. Mais l’industrie pharmaceutique peut dormir tranquille : le discours dont elle a inondé les médias a suffisamment anesthésié les consciences pour que personne ne fasse le rapprochement.
Et d’ailleurs, comment suspecter un « antidépresseur » ?... Son nom même le met à l’abri de tout soupçon. Si le suicidatif s’avouait comme tel, là oui on serait méfiant – mais dans ce cas-là, le problème ne se poserait même pas : personne n’en voudrait pour se soigner.
L’histoire de l’akathisie ne s’arrête pas là. Comme l’industrie pharmaceutique n’est jamais à court de ressources, elle a inventé des médicaments contre l’akathisie. Quoi de plus ingénieux ?... De cette manière, un effet potentiellement mortel (et pas seulement pour celui qui en souffre, aussi pour ceux qui ont la malchance d’être à côté), effet qui aurait pu et aurait dû briser définitivement la carrière du dit médicament, devient lui-même une source de profits. Bien sûr, ces nouveaux médicaments ont lui-même de nouveaux effets négatifs. Qu’on traitera avec d’autres médicaments qui auront eux-mêmes d’autres effets négatifs, etc.
Quant à la solution la plus naïve, celle qui consiste à arrêter le médicament qui déclenche l’akathisie, elle est fortement déconseillée par les psychiatres : « Pour le patient, l'akathisie est très incommodante et constitue de ce fait un motif important d'arrêt du traitement. Mais arrêter ou diminuer la dose de la médication de sa propre initiative n'est jamais une bonne idée : en effet, les antipsychotiques ne sont pas prescrits sans raison. Si vous arrêtez de les prendre, vous risquez de retomber malade. »
Cette dernière phrase implique que quelqu’un qui souffre d’akathisie n’est pas malade… Mais qu’est-ce qui est le plus dangereux : être psychotique, ou risquer le meurtre ou le suicide par akathisie ? Dans le cadre du discours officiel, tout problème pour lequel on se fait soigner est, par principe et par définition, infiniment plus grave que toute conséquence du traitement pris pour se soigner – même si cette conséquence est la mort.
Ce type de minimisation ne change cependant rien à la réalité : les antidépresseurs sont un moyen mais aussi une cause de suicide – et c’est l’akathisie, ce trouble neurologique occulté, qui joue le rôle de facteur déclenchant.

24 août 2008

Molécule cherche maladie pour traitement

Au sein de l’Union Européenne, les entreprises du médicament n’ont pas le droit de vendre leurs cachets (ceux délivrés sur ordonnance) directement aux consommateurs. Et en France, elles n’ont pas non plus le droit de faire de la publicité auprès du public pour les médicaments remboursables par la Sécurité Sociale.
Or les entreprises du médicament sont des entreprises, pas des organisations philanthropiques : elles cherchent un retour sur investissement conséquent et rapide. Et de toute évidence, le moyen le plus sûr d’y parvenir serait de vanter au grand public les bienfaits de leurs petits cachets… Le problème que la législation leur pose est donc celui-ci : « Comment parvenir à faire de la publicité pour nos médicaments auprès du public – sans faire de la publicité pour nos médicaments auprès du public ? Autrement dit, comment populariser nos cachets sans en parler directement ?... »
La solution qu’ils ont trouvée à ce problème difficile est simple, élégante, et incroyablement efficace : au lieu de faire de la publicité pour leurs cachets, ils en font pour les maladies que ses cachets soignent !
Bien sûr, il ne faut pas prendre cette phrase au pied de la lettre. L’objectif étant financier, peu importe que ces maladies soient réelles ou imaginaires, que les cachets les soignent réellement ou seulement par la grâce de l’effet placebo, et que les dits-cachets aient ou non des effets plus graves que ce qu’ils sont sensés soigner. L’important n’est pas la réalité, mais la perception que le grand public en a. Comme le disent très justement deux experts en marketing : « Le monde du marketing n’est fait que de perceptions dans l’esprit des consommateurs ou des clients potentiels. La perception est la réalité du marketing. Tout le reste n’est qu’illusion. »
Dans son excellent livre Les inventeurs de maladie, le journaliste scientifique Jörg Blech explique très bien comment les choses se passent. La publicité dite de disease awareness (sensibilisation à la maladie) met en alerte les consommateurs ; ces vastes campagnes publicitaires convainquent la population des risques de certaines maladies. Avec une arrière-pensée : vendre les médicaments et traitements qui y correspondent. Cette forme indirecte de publicité pour des médicaments est de plus en plus prisée par les entreprises pharmaceutiques, qui informent sans cesse les gens de l’existence de symptômes et syndromes qui mettraient en danger leur bien-être.
De la publicité pour une maladie qui existe à la publicité pour une maladie qui n’existe pas, il n’y a qu’un pas facile à franchir. Lorsqu’on se situe dans une perspective purement commerciale, seule la perception compte : en marketing, lorsqu’on arrive à convaincre le grand public qu’une maladie existe, alors elle existe. C’est pourquoi, ces dernières années, l’industrie pharmaceutique s’est employée à morbiformer (à donner la forme d’une maladie) à toutes sortes de problèmes que l’humanité considérait depuis des milliers d’années comme relevant de domaines tout autres que la médecine, voire comme faisant parti inhérente de la condition humaine.
Cette stratégie est d’autant plus payante qu’elle a déjà été employée à mainte reprise. Il est en effet plus facile de morbiformer le vingtième et unième problème que le premier : à force d’être soumis à des campagnes publicitaires envahissantes, le grand public s’habitue peu à peu à envisager toutes les difficultés et défis de l’existence comme des maladies que seuls les docteurs sont aptes à soigner.
Prenons un exemple.
Jusqu’aux années cinquante, un enfant remuant et agité était considéré comme insuffisamment éduqué. On lui faisait donc recopier cent ou deux cents fois : « je ne dois pas me retourner pour parler à mon voisin » - il arrivait même qu’on le prive de dessert ou qu’on le frappe sur les doigts ou sur les fesses. Mais on ne se contentait pas de mesures punitives : on lui expliquait aussi en long, en large et en travers, à mainte reprise, l’importance de la concentration dans la vie, on lui faisait écrire une rédaction sur le thème de la distraction et de ses inconvénients, on valorisait à ses yeux l’obéissance, l’exactitude, l’assiduité, l’attention, l’application, l’ordre, la patience, et le travail – et on lui dépeignait sous des couleurs répugnantes les défauts inverses, ainsi que leurs tragiques conséquences. On s’efforçait aussi de lui donner l’exemple de toutes les qualités qu’on voulait lui voir acquérir. Il suffit de parcourir un manuel scolaire de cette époque pour comprendre que beaucoup d’intelligence, d’énergie et de temps était consacré à l’apprentissage de ce qu’on appelait alors un « bon comportement ».
Depuis que l’agitation enfantine a été morbiformé, tout est beaucoup plus simple. On diagnostique l’enfant agité : il souffre de trouble de déficit de l’attention/Hyperactivité (TDAH) - maladie dont l’existence a été voté à main levée lors d’une rencontre d’un comité de l’Association Psychiatrique Américaine en 1987. On lui fait donc avaler de la Ritaline, substance qui produit sur le cerveau un effet comparable à celui de la cocaïne et qui le rend beaucoup plus docile.
Mais pour que l’histoire soit complète, il faut aussi l’envisager sous un autre angle : l’angle marketing. Sous cet angle, le personnage principal ce n’est plus l’enfant surexcité (ou sa mère excédée) mais la molécule de méthylphénidate, plus connue sous le joli nom de Ritaline. Dans cette version de l’histoire, c’est elle la star – c’est elle qui cherche à conquérir son public.
La Ritaline existe depuis 1944 ; elle fut synthétisée par un chimiste employé par l’entreprise Ciba (qui fusionna par la suite pour donner Novartis, l’actuel fabricant de Ritaline). Pendant longtemps, cette molécule resta célibataire : elle ne trouvait aucune maladie bien claire à soigner. En termes de marketing, elle n’avait pas encore trouvé sa niche. Mais écoutez le bon conseil des spécialistes : « Vous n’êtes pas le premier occupant de votre catégorie ? Tout espoir n’est pas perdu… Trouvez-vous une nouvelle catégorie où vous serez le premier ! Ce n’est pas aussi difficile qu’il y paraît. »
Qui dit « nouvelle catégorie » dit ici « nouvelle maladie ». La nouvelle maladie en question, ce fut d’abord le « trouble fonctionnel du comportement », puis le « dysfonctionnement cérébral minime », le « trouble hypercinétique » et enfin, le TDAH (en américain, TDAH). Le TDAH a une supériorité évidente sur les précédents noms : c’est un acronyme qui n’est déchiffrable que par les initiés. Son obscurité est décourageante. Un médecin qui annonce « votre fils souffre d’un dysfonctionnement cérébral minime » peut toujours s’entendre rétorquer : « Il a eu 20/20 au dernier contrôle de maths ! », alors qu’un médecin qui annonce « votre fils souffre de TDAH » ne risque rien. Les parents se contentent de le regarder avec des yeux ronds et angoissés, avant de demander d’une petite voix : « C’est grave, docteur ?... »
C’est ainsi que la mignonne Ritaline trouva son prince charmant : TDAH. Ils vécurent longtemps heureux et eurent beaucoup d’enfants dociles. D’une manière comparable, un épisode normal de la vie des femmes, l’arrêt de la fertilité et donc des règles à un certain âge, a été morbiformé en ménopause (maladie du déficit oestrogénique). La ménopause est une maladie dont souffraient toutes les femmes mûres, sans le savoir et sans en souffrir, jusqu’à ce les hormones de synthèse du laboratoire pharmaceutique Wyeth-Ayerst ne volent à leur secours. Dans son livre, Jörg Blech cite Barbara Wanner, médecin à Zurich, qui dit ceci : « Il est intéressant de remarquer que la définition de la ménopause comme maladie est apparue exactement au moment où étaient disponibles des hormones de synthèse susceptibles de traiter cette maladie nouvellement définie ». C’est intéressant… et c’est logique.
L’agitation des enfants, la fin des règles chez les femmes, la vieillesse chez les hommes, la colère, la timidité, l’anxiété, le mauvais caractère, le deuil – n’importe quel problème est morbiformable, et peu à peu, au fil du temps et des opérations marketing de l’industrie pharmaceutique, n’importe quel problème se retrouve morbiformé. Chaque molécule se retrouve ainsi dotée de sa maladie personnelle, comme chaque homme d’état a son garde du corps. Car c’est la maladie qui protège le médicament, elle qui le justifie et l’excuse de tous ses défauts : « Oui, il a quelques petits effets secondaires, et alors ?... Pensez un peu à tous ces pauvres malades qu’il a soulagé… C’est vraiment un remède miracle, moi je lui dis chapeau ! » Sans la maladie réelle ou imaginaire dont il guérit ou prétend guérir, le médicament serait tout nu : une pauvre petite molécule chimique sans grand intérêt pour personne.
C’est dans ce contexte très vaste de la médicalisation de l’existence à des fins commerciales que se situe le discours officiel sur la dépression. Ce qu’on appelait avant « tristesse », « mélancolie », « problème existentiel », « errance spirituelle », « questionnement », « inquiétude », « angoisse métaphysique », « chagrin », « maussaderie », « pessimisme », « peur de la mort », « désespoir », « fatalisme », « misanthropie », etc., a été rassemblé et morbiformé en une maladie portant le nom de « dépression ». Et c’est cette « dépression » qui protège de son corps gigantesque toutes les petites molécules chimiques qui se cachent derrière elle, tout comme les guerriers athéniens se cachèrent dans le grand cheval de bois. Les troyens, intrigués par ce monument insolite, le firent entrer dans leur citadelle… on connaît la fin. Edouard Zarifian, un psychiatre connu et reconnu, dit dans son livre Des paradis plein la tête : « Il y a maintenant de la dépression partout parce qu'il y a un marché pour les antidépresseurs et pas l'inverse ».
Depuis 1990, soit en une quinzaine d’années, le chiffre d’affaire de l’industrie du médicament a été multiplié par trois. Quant au nombre de dépressifs soignés comme tels, il a connu une augmentation encore plus spectaculaire : le nombre de personnes souffrant de « dépression » en France et dans les pays occidentaux a été multiplié par sept en dix ans.

03 mars 2008

Antidépresseur et morceaux de sucre

Un article du Figaro a comparé les antidépresseurs à des morceaux de sucre... Les uns seraient aussi efficaces que les autres pour guérir la dépression.

Voilà de quoi choquer tous ceux qui en avalent ; ils soupçonnent : "Voudraient-ils nous dissuader d'en prendre pour combler le déficit de la sécu ?..." et d'autres protestent : les antidépresseurs les aident, sans eux ils seraient déjà morts, etc.

En réalité les antidépresseurs ne sont certainement pas des morceaux de sucre. La preuve, c'est qu'un enfant peut manger du sucre sans mettre en danger - enfin, sans se mettre en danger tout de suite - alors que des enfants sont déjà morts pour avoir avalé des antidépresseurs.

Je ne sais pas quel est l'objectif de l'article (dans la perspective, cynique mais réaliste, qu'il a un autre objectif que la révélation pure et désintéressée de la vérité) - mais ce dont je suis sûre, c'est que ceux qui se fient seulement à ce qu'on leur claironne aux oreilles dans les grands quotidiens et les médias dominants seront toujours les spectateurs crédules d'une "réalité" imaginée pour eux.

Il suffit que le vent tourne, pour qu'ils tournent avec le vent - girouettes à la victime de la moindre brise... ils ne croiront que ce que "tout le monde" leur bassine. Et dès que "tout le monde" dira autre chose, ils croiront autre chose.

C'est triste.

La vérité sur les antidépresseurs, de même que la vérité sur autre chose, ne se trouve pas bien en évidence sur la couverture d'un magazine, ou au journal de 20 h - ce qu'on trouve là, c'est seulement un bouquet d'apparences colorées. Pour trouver ce qu'il en est vraiment, il faut chercher ailleurs.

Chercher plus loin.

Chercher dessous.

Chercher dans les coins.

Ceux qui ne sentent en sécurité qu'au beau milieu de l'autoroute, entouré par tous les autres automobilistes qui sont comme eux bloqués dans les bouchons, ne verront jamais l'envers du décor. Car le décor a un envers, et c'est là que la vérité se cache.

Alors pourquoi s'indigner, ou se bouleverser ?... Ce que dit le Figaro ne change rien à l'affaire ; et (sauf peut-être à l'heure de la mort) rien ne viendra confronter le conformiste superficiel aux vérités qu'il ne cherche pas. Jusqu'au bout, il échappera à ce qu'il ne veut pas.

29 juin 2006

Alcool, cigarettes, médicaments, etc.

Le discours intérieur que l'on se tient peut être si frustrant, si douloureux, si cousu de constat d'échec, si barré de traits rageurs, si méprisant pour soi-même, si hérissé de points d'interrogation pointus comme des hameçons, si couturé d'idées horribles, que pour le faire taire, pour atteindre à un certain silence intérieur, on cherche refuge dans les substances qui procurent vite, et sans effort, un certain bien-être : alcool, cigarettes, drogues, etc.

Pour échapper à un enfer continuel, on s'achète un paradis immédiat. Mais comme toutes les promesses de bonheur-tout-de-suite-et-sans-le-moindre-effort, c'est un piège douloureux.

Le propre des pièges, c'est qu'il est extrêmement facile d'y entrer, et extrêmement difficile d'en sortir. Une souris voit un petit bout de fromage posé bien en évidence : c'est un cadeau, semble-t-il. Elle l'attrape et c'est elle qui se fait attraper.

De même, l'alcool, la cigarette, les drogues illégales et légales (certains médicaments en sont) : il est vraiment très facile de se les procurer. Souvent, au début, c'est même gratuit. Le premier verre, on vous l'offre. Le vingtième c'est vous qui le payez, et cher.

Le bonheur tout de suite est toujours un piège infernal.