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14 décembre 2009

Féminisme et dépression : "Besoin de rien ni de personne"

Ce sujet-là concerne surtout les femmes (ceci dit, ça vous concerne aussi, ami lecteur - mais moins directement).

Quel rapport peut-il y avoir, peut-il bien y avoir, entre le féminisme et la dépression ?...

Le féminisme serait-il un remède à la dépression ?

Pas du tout.

En fait, le féminisme est une idéologie qui a des conséquences émotionnelles et mentales très importantes, conséquences dont aucune n'est positive.

Mais avant d'aller plus loin, et pour éviter tout malentendu, je voudrais mettre les choses au clair.

Je suis pour le principe "à travail égal, salaire égal". Je suis contre les violences faites aux femmes (ce qui est logique vu que j'en suis une). Je suis aussi contre les violences faites aux hommes. Je suis pour l'éducation. L'éducation pour tous, et donc aussi pour toutes. Je suis contre la pornographie.

Mais je ne suis pas féministe.

Ou plutôt, je ne le suis plus. Car je l'ai été. Et vraiment : je participais à une association féministe, je distribuais des tracts, j'engloutissais les pamphlets féministes comme d'autres engloutissent les petits pains. J'ai du lire 150 livres féministes (au moins).

En fait, à l'époque, je me définissais beaucoup plus comme une féministe que comme une femme. Je le clamais haut et fort, sur tous les toits : "JE SUIS FÉMINISTE !!!" Et si y en avait que ça dérangeait (il y en avait toujours) j'étais toute prête à en découdre.

J'avais d'ailleurs une affiche du film Girl fight, dont l'héroïne est boxeuse, affichée sur le mur de ma chambre.

- Au passage, je ne vous conseille pas de faire pareil : ce genre d'affiche n'aide pas à s'endormir. -

Étant féministe, je croyais très fort à la solidarité entre femmes et j'aimais (d'un amour pur et désintéressé, non sexuel) les femmes, toutes les femmes, parce qu'elles étaient des femmes.

A l'égard des hommes, mes sentiments étaient nettement plus mitigés.

Bref : j'étais, je crois, une féministe modèle courant.

Alors maintenant que je vous ai brossé un peu le contexte, venons-en aux rapports entre féminisme et dépression.

Le féminisme a pour premier effet de mettre en colère.
La féministe typique est toujours, toujours en colère.
Elle est révoltée par l'injustice universelle dont les femmes, et elle-même, sont victimes.

Voilà le maître-mot : victime.

La féministe type est une victime pleine de rancune, de colère.

Et comme vous le savez déjà, ce n'est pas avec ce profil-là qu'on vit heureux.

Mais il y a encore deux raisons majeures qui explique que le féminisme génère de la dépression.

La première, c'est que le féminisme pousse à la promiscuité sexuelle, autrement dit aux coups d'un soir, et que les coups d'un soir ont des conséquences désastreuses : cœur brisé, sentiment d'humiliation, maladies sexuellement transmissibles, grossesses non désirées.

La deuxième, c'est que le féminisme empêche à la féministe de s'épanouir dans son couple, ou même d'avoir un couple. Soit elle se retrouve en guerre avec l'Ennemi (son homme), et l'Ennemi finit par se barrer, la laissant victorieuse et seule sur le champ de bataille, soit elle n'a pas d'Ennemi mais une carpette, une chiffe molle qu'elle ne respecte pas, qu'elle ne peut pas respecter. La chiffe molle en question n'est pas capable de prendre une décision tout seul, la vénère comme une déesse, et comme elle sait très bien qu'elle n'est pas une déesse et rêve secrètement de reposer sa tête sur une épaule solide, elle est frustrée.

Évidemment, la féministe n'avouera jamais qu'elle trouve son paillasson inconsistant.
Elle vante ses qualités : c'est un homme qui n'a pas peur de montrer ses sentiments, d'avouer sa part de féminité, bla, bla, bla...

Mais au fond d'elle-même, elle est malheureuse. Elle aimerait un vrai homme viril - un homme qui saurait ce qu'il veut, et qui ne la laisserait pas lui manquer de respect.

Mais cet homme-là, dès qu'elle le rencontre, elle lui déclare la guerre, jusqu'à ce qu'il s'en aille, complètement écoeuré.

Le seul homme qui peut supporter et aimer la féministe typique à long terme, la féministe typique ne le trouve pas sexy. Et on la comprend, car effectivement il n'est pas sexy. Trop mou, trop docile, trop soumis.

Bon, ce que je dis là doit certainement en choquer beaucoup... Et il y aura peut-être des féministes (ou juste des sympathisants et des sympathisantes) pour venir m'affirmer que si, il y a des couples féministes heureux.

Peut-être.
Mais ce sont des exceptions très rares. Et ces exceptions résistent-elles au temps ?...
La question reste ouverte.

Il y a dans la pensée féministe une bombe à retardement, un principe de sabotage qui détruit le bonheur de couple, puis le couple. L'idéologie féministe et le véritable amour (celui qui est pleinement satisfaisant, celui qui dure) sont tout simplement et tout bêtement incompatibles.

Il n'y a pas d'amour féministe.

Mais je vais le dire d'une manière plus nuancée :

Les histoires d'amour féministes finissent mal, en général.

Alors bien sûr, tout dépend de ce qu'on entend par "idéologie féministe"...

Si on définit l'idéologie féministe simplement comme le fait d'être contre les violences faites aux femmes et pour le principe travail égal, salaire égal, le féminisme n'est un obstacle à rien.

Mais on sait bien que l'idéologie féministe, c'est bien plus que ça.

C'est l'idée que les hommes et les femmes ont exactement les mêmes capacités, les mêmes points forts et les mêmes points faibles.
Que les différences sexuelles sont très très secondaires - qu'au fond, il y a un seul genre.
Que les hommes ont depuis toujours été les bourreaux et les femmes les victimes (et toujours dans ce sens) et qu'aujourd'hui, ça continue.
Qu'une femme ne peut vraiment s'épanouir que lorsqu'elle a un travail, une carrière.
Que s'occuper de ses enfants et de son mari à plein temps est une solution de facilité, un destin méprisable et superficiel, tout juste digne d'une poule pondeuse.
Que l'homme n'est pas le chef - ou si c'est le chef, c'est un vilain tyran, un Staline, un Hitler.

[Ce terme de "poule pondeuse" est sensé être un injure. Les poules s'occupent très bien de leurs poussins, c'est peut-être pour ça ?]

Et c'est aussi l'idée que pour être respectée par un homme, une femme doit se battre, montrer les griffes. Que c'est en entrant en compétition avec lui qu'elle lui montrera, prouvera sa valeur. Que c'est même comme ça qu'elle lui plaira vraiment - que les hommes aiment les femmes "qui ont de la personnalité" (les emmerdeuses). Que si elle se montre au contraire douce, coopérative et gentille, elle va perdre son Moi, sa personnalité, sa force, et deviendra... une pauvre chose sans personnalité et sans ressort, un non-être, un rien, bref : UNE FEMME SOUMISE.

Le comble de l'horreur !...

Toutes ces idées dissolvent le couple aussi sûrement que de l'acide chlorhydrique dissout le calcaire.

Alors la féministe se retrouve seule. Ou le reste.

Et de la solitude à la dépression il n'y a qu'un pas.

Vous me direz peut-être : "Mais on peut très bien être sans homme sans être seule !"

C'est exact. Mais toutes les copines et les copains du monde ne remplaceront jamais un conjoint tendre et aimant. Quand on est célibataire, on ne peut pas ne pas se sentir seul, à moins d'avoir moins de quinze ans.

Mais la féministe ne fait pas le lien, ou ne veut pas faire le lien, entre son mal-être et son célibat, ni entre son célibat et son féminisme - après tout, une femme sans homme est comme un poisson sans bicyclette, n'est-ce pas ?... Elle n'a pas besoin d'un homme.

Elle n'a besoin de rien ni de personne...
...dit-elle.

Moralité : femme libérée, femme esseulée ; femme esseulée, femme déprimée.

PS : Films, livres, médias... Les idées féministes sont partout, de nos jours.
Ce qui fait que même une femme qui ne se sent pas et ne se considère pas comme une féministe, peut très bien l'être (plus ou moins) sans le savoir...

Et si le nombre très élevé de divorces était une conséquence de ces idées diffuses, omniprésentes, qui sabotent les couples ?...

Pour en savoir plus sur le féminisme et ses effets, lisez 7 mensonges du féminisme

15 février 2009

Idées, émotions, expériences

Nos vies sont modelées par nos idées.
Mais qu'est-ce qui fait qu'on succombe à telle idéologie plutôt que telle autre ?

Qu'est-ce qui explique que telle jeune femme devienne féministe tandis que telle autre non ?

Certaines émotions, certaines expériences de vie prédisposent à certaines idéologies.

Par exemple, à ma connaissance toutes les féministes radicales ont de mauvaises relations (ou pas de relation du tout) avec leur père.

La rancoeur à l'égard de son père constitue un terreau favorable au féminisme radical. Il y prédispose. Ceci dit, encore faut-il être en contact avec les idées et y adhérer pour le devenir.

Je suppose que de même, une expérience de la guerre prédispose au pacifisme...

Et pour le fatalisme et le désespoir - qui sont eux aussi des idéologies ? Quelle expérience de vie y prédisposent ?
Les expériences du type "j'ai essayé, demandé, etc., et ça n'a pas marché".

L'expérience de l'impuissance prédispose aux idées fatalistes et désespérées.

Il faut donc travailler sur deux niveaux pour s'en débarrasser : -
- au niveau des idées (en s'imprégnant d'idées volontaristes et optimistes) ;
- au niveau de son expérience de vie, on multipliant délibérément les expériences d'efficacité.

être efficace est une expérience, une sensation - si on ne l'a pas ressentie petit, il faut la cultiver adulte. En apprenant et mettant en pratique n'importe quel savoir-faire, que ce soit la cuisine ou une nouvelle langue.

Apprendre ; mettre en pratique ; constater que "ça marche : on a essayé et le résultat est là."

27 août 2007

La pensée positive : mode d'emploi

Selon la manière dont on s’en sert, selon le discernement dont on fait preuve dans son utilisation, la pensée positive se change tour à tour en médicament, en hochet ou en drogue.

Peu importe la méthode ou les exercices adoptés : il faut avant tout comprendre comment la pensée positive agit, et donc comprendre avant cela comment le cerveau fonctionne. Inutile de se lancer dans de grands travaux de recherche : le travail a déjà été fait ; il suffit d’en récolter les fruits, qui sont d’ailleurs conformes à ce qu’on peut constater par soi-même dans la vie quotidienne.

Emile Couet (1857-1926) l’a découvert : lorsque la volonté et l’imagination entrent en conflit, c’est toujours l’imagination qui a le dernier mot. Autrement dit, lorsqu’on veut arrêter de fumer, mais qu’on imagine qu’on n’y arrivera pas, on n’y arrive pas.

Ceci est déjà une découverte majeure, dont le champ d’application est très vaste. Mais après Couet, Maxell Maltz (1899-1975) a découvert une loi encore plus fondamentale et universelle, une loi qui explique celle de Couet : les gens mettent leur vie en conformité avec l’image qu’ils se font d’eux-mêmes : "L'image de soi est la clef de la psychologie et du comportement humain. Changez d'image de vous-même et vous changerez de personnalité et de comportement."

Cette loi permet de comprendre pourquoi le fumeur mentionné plus haut n’arrive pas à arrêter de fumer malgré toute sa bonne volonté et ses efforts : l’image qu’il se fait de lui-même est celle d’un fumeur velléitaire, d’un fumeur incapable de se débarrasser de la cigarette. Ses vains efforts font partie du programme.

Maxell Maltz a ainsi dégagé une vérité extrêmement importante : chaque être humain, même le plus démoralisé et le plus découragé, poursuit sans relâche un objectif bien précis qu’il finit toujours par atteindre un jour ou l’autre. Cet objectif, c’est de mettre sa vie en conformité avec ce qu’il croit de lui-même, c’est-à-dire de changer la surface opaque de son existence en miroir le reflétant fidèlement jusque dans les moindres détails. Consciemment ou inconsciemment, chacun cherche à ajuster sa vie à ce qu’il a compris de lui-même, à ce qu’il voit de lui-même.

Pour améliorer nos résultats, nous devons donc changer pour le mieux l’image que nous nous faisons de nous-même.

Ici, on pourrait être tenté de faire une objection : « Si mon image de moi-même est déjà juste, comment puis-je la changer ?... Je ne veux pas me mentir… »

C’est là qu’on arrive à un point important et délicat. Une petite anecdote permettra de le saisir :

Il y a quelques années, lorsque j’étais dépressive, je ressassais souvent une phrase qui me blessait à chaque fois : « je ne suis pas aimable… » Cette phrase n’avait pour moi aucun contenu objectif précis ; elle était pure émotion, pure souffrance. Je ne me sentais pas aimable, je ne me trouvais pas aimable : ne pas être aimable faisait partie de mon image de moi-même. C’était bien sûr extrêmement pénible. Lorsqu’une psy essaya de me convaincre que « j’étais aimable », elle se heurta à mon incrédulité. D’abord elle ne me connaissait pas ; ensuite, elle était payée pour dire quelque chose de ce genre ; enfin, comment aurait-elle pu savoir mieux que moi ce que j’étais ?...

Rétrospectivement, je ne me dis pas : « oh, mon Dieu, que j’étais bête à l’époque : j’étais aimable et je ne m’en rendais pas compte ! »

Rétrospectivement, je me dis plutôt : « Je n’avais pas tout à fait tort. C’est vrai, je n’étais pas particulièrement aimable… »

J’avais raison de penser que je n’étais pas aimable (enfin, pas beaucoup), mais j’avais tort de croire que cette absence d’amabilité faisait partie de mon essence, de mon être le plus intime : ce n’était pas une espèce de trait génétique que j’aurais apporté en naissant, comme les cheveux bruns et les yeux bleus, mais seulement une caractéristique accidentelle et modifiable. J’aurais très bien pu devenir aimable si je m’en étais donné les moyens. On fait tous ou presque cette erreur : on prend pour un trait fixe et inamovible ce qui peut changer. On s’imagine que nos vérités provisoires sont des vérité définitives : on se confond avec sa propre statue au musée Tussaud.

C’est peut-être parce qu’on n’a pas suffisamment réfléchi à ce qu’est un être humain.

Un être humain n’est pas, comme le prétend une certaine philosophie, un produit doublement conditionné : ce n’est pas un prisonnier menotté par le gendarme Nature d’un côté, et par le gendarme Culture de l’autre. Nous ne sommes pas coincés par nos gènes d’une part, et notre environnement social d’autre part.

Un être humain, c’est un être vivant tout à fait différent des autres, et qui ne présente avec les animaux qu’une ressemblance très superficielle. Sa nature, ce n’est pas tel ou tel instinct déterminé à l’avance ; sa nature, c’est la culture, c’est-à-dire l’apprentissage, le changement et le choix. Un enfant de trois ou quatre ans est naturellement attiré par les lettres, tout comme un caneton est naturellement attiré par l’eau. Au CP, les enfant sont tous impatients d’apprendre à lire. Inutile de leur énumérer les avantages de la lecture pour les motiver : ils désirent ardemment apprendre à lire. En effet, leur nature, c’est-à-dire la nature humaine, c’est d’apprendre.

Apprendre et comprendre, c’est devenir : l’essence de l’être humain c’est précisément de se construire lui-même par ses choix. Nos habitudes, nos pensées, nos décisions nous façonnent : nous sommes les enfants toujours ressemblants de ce que nous avons fait, dit et pensé avant. Autrement dit, nous ne sommes pas « gentil », « méchant », « aimable » ou « pas aimable » comme un éléphant est un pachyderme ou comme une poule est un gallinacé, d’une manière innée et irréversible. Ces caractéristiques (gentillesse, méchanceté, amabilité, égoïsme, lucidité, etc.) sont les nôtres parce qu’on nous les a données et que nous les avons accepté, parce que nous avons décidé et re-décidé à mainte reprise de nous en saisir. Ces caractéristiques ne sont pas immuables : à chaque choix nous les confirmons ou nous les infirmons, nous les renforçons ou nous les contredisons. Tant qu’on respire rien n’est jamais définitivement joué, tout est toujours sur le tapis : même les pires méchants peuvent devenir bons, et les plus grands saints dégringoler au bas de l’échelle.

La nature humaine est pareille à un territoire infiniment vaste, aux limites encore inconnues, où chaque être humain campe quelque part.

On peut fixer sa tente à un endroit et n’en plus bouger. C’est ce que font ceux qui disent : « ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend la grimace, à mon âge on ne change pas, j’ai toujours été comme ça alors je ne vais pas changer maintenant, dans ma famille on est comme ça, de toute façon c’est génétique, etc. » Ceux-là prétendent que leur tente est en pierre et qu’elle est plantée là depuis la nuit des temps.

On peut aussi déplacer sa tente de jour en jour pour se rapprocher d’un précipice vertigineux où tant d’autres se sont déjà fracassé. C’est ce que font ceux qui disent : « De toute façon ça sert à rien, j’ai déjà essayé, je sais, je ne manquerai à personne, ce n’est pas un petit verre qui va me rendre alcoolique, après moi le déluge, on s’en fout, je m’en fous, ta gueule, etc. »

On peut enfin déplacer sa tente de jour en jour pour se rapprocher du magnifique sommet de la montagne, comme l’ont fait d’autres avant nous - ils y ont trouvé une vie utile et heureuse, comme leurs biographies en témoignent. C’est ce que font ceux qui disent : « L’être humain est perfectible, je peux changer, je peux m’améliorer, avec de la persévérance on vient à bout de tout, j’ai le pouvoir sur mon attitude, je peux y arriver, je peux trouver ce qui me manque, il y a certainement une chance qui se cache derrière cette malchance, je peux apporter une contribution positive à l’humanité, je peux aider les autres, je ne me découragerai jamais, etc. »

Lorsqu’on veut changer de vie, il faut commencer par changer d’image – et pour changer d’image, il faut se convaincre d’un certain nombre de vérités fondamentales :

Je peux changer.

Je peux être aimable.

Je peux être courageuse.

Je peux être généreuse.

Je peux être volontaire.

Je peux arrêter de fumer.

Je peux perdre 25 kilos et ne pas les reprendre.

Je peux réussir ce que j’entreprends.

Je peux trouver ce qui me manque.

Je peux trouver de l’aide si je la cherche au bon endroit.

Etc.

Toutes ces phrases sont vraies, car le territoire de la nature humaine est extrêmement vaste et que notre maison est une petite tente que l’on peut déplacer dans n’importe quelle direction… Précisons tout de même qu’il est plus facile de descendre vers le gouffre que de monter vers le sommet de la montagne, mais ça c’est une loi physique.

Ceci dit, si notre passé est en contradiction avec ces phrases, on va trouver difficile d’y croire, même si elles sont littéralement vrai : si on s’est toujours dirigé vers l’ouest, on aura du mal à se persuader qu’on peut changer de direction pour aller vers l’est.

Pour faciliter notre nouvelle foi, nous pouvons effectuer quelques petits changements superficiels (nouvelle coiffure, nouvelle tenue, etc.) qui nous aiderons à croire que « aujourd’hui n’est pas comme hier ».

On peut aussi, ça fait toujours du bien, se remémorer volontairement tous les succès qu’on a connu par le passé – il y en a eu forcément, même s’ils nous paraissent dérisoires. Plus on y pense et y repense, plus on ils nous paraîtront importants, plus nous prendrons confiance en nous.

On peut aussi se poser des questions orientées, qui nous amèneront à imaginer un avenir meilleur.

Par exemple : « Et si ça se passait vraiment très bien ?... Et si demain, j’avais de la chance ?... Et si j’étais une gagnante ?... Et si j’étais capable de plus que ce que je crois ?... Et si je m’organisais vraiment bien ?... Et si j’étais plus responsable, plus courageuse, plus volontaire, plus optimiste que ce que je crois ?... Et si mon futur était bien plus intéressant et bien plus satisfaisant que mon passé ?... » Si on se pose et qu’on se repose ce genre de question, notre esprit commence à imaginer, visualiser – si on persiste, on va commencer insensiblement à goûter par l’imagination à ces possibilités intéressantes, puis progressivement à y croire.

Et lorsqu’on y croira comme à un avenir possible pour nous, notre image de nous-même aura changé dans le bon sens – nous ouvrant ainsi à de nouvelles possibilités enthousiasmantes.

Le langage est révélateur… Un objectif, c’est ce qui est dans notre objectif, ce que nous regardons. Un but, c’est une visée : ce qui est dans notre ligne de mire, ce que nous regardons. Plus nous regardons dans la direction du bonheur, de la sagesse, de la chance, de l’équilibre, plus nous nous en approchons. Visualiser, c’est regarder vers ; regarder vers, c’est viser.

Ce qui précède résume ce que j’ai retenu de l’excellent Psychocybernétiques de Plantz – cependant il manque tout de même quelques considérations pour que le tableau soit complet.

Que les gens qui connaissent le succès aient visé le succès pour l’obtenir, on veut bien y croire – ou du moins, on le découvre lorsque l’on lit leurs biographies. Mais qu’en est-il de ceux qui ont raté leur vie ?... Ils n’avaient certainement pas visé l’alcoolisme et un mariage raté !

Plantz dirait que si, c’est ce qu’ils ont visé – par exemple en se répétant sans cesse : « pourvu que je ne rate pas mon mariage comme mes parents… » ou « pourvu que je ne devienne pas alcoolique comme mon père… » En gardant leur objectif braqué sur ce dont ils ne voulaient pas, ils ont fait de ce qu’ils craignaient leur objectif – car notre objectif, c’est ce qui est dans notre viseur.

Mais quand même Plantz, tu as beau dire, il y en a qui n’ont jamais craint de devenir alcoolique et qui le sont pourtant devenus ! Alors ?...

Plantz répondrait peut-être : « C’est vrai, ils n’ont pas visé l’alcoolisme… Ils ont visé ce qui était juste devant, c’est-à-dire l’oubli de tous leurs problèmes, un certain plaisir immédiat, et la sensation que tout est possible sans effort. »

C’est un point important.

Le beau, le bien, le vrai, le juste : c’est ce qu’il faut viser, étudier, contempler, lorsqu’on veut l’obtenir. Mais pour obtenir tous les problèmes, il suffit de viser l’appât alléchant qui est placé juste avant les problèmes.

Avant l’alcoolisme… il y a la fête avec les copains ou l’oubli de tout avec un petit verre qui ne peut pas faire de mal, etc.


Avant le suicide… il y a Evanescence, le genre gothique, etc.

Avant l’échec d’un mariage… il y a un psy-qui-vous-met-en-garde, une certaine conception du féminisme, une bonne copine qui vous aide à y voir clair dans votre couple (en fait ton mari c’est un beau salaud), etc.