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28 janvier 2011

Jalousie rétrospective [ou comment se rendre très malheureux quand on n'a aucune bonne raison de l'être]

Ce post promet d'être assez long ; lisez-le même si vous n'êtes pas directement concerné par le sujet, je pense que vous en tirerez quelque chose.

Parmi les innombrables causes de désespoir avancées par ceux qui pensent au suicide, certaines sont plausibles et d'autres moins.

Certaines sont même si absurdes qu'on peut avoir un doute : la cause avancée est-elle la vraie cause, ou juste un prétexte ?

Peut-être que l'envie de mourir était là depuis le départ, et que la personne l'a rationalisé en lui trouvant une "cause". Mais en disant cela je ne fais que déplacer le problème - nous verrons tout à l'heure comment l'expliquer.

Prenons l'exemple de la jalousie rétrospective.

La jalousie rétrospective consiste à se pourrir la vie en s'obsédant sur le passé de l'être aimé. Marcel Proust (qui était très doué pour se gâcher la vie) a bien évoqué les affres de ce type de jalousie, qui le dévorait lui-même : l'obsession de savoir ce que l'Autre a fait avant, cette espèce de curiosité masochiste et morbide qui cherche avidement tous les détails pour en tirer un maximum de souffrances.

Bien sûr, le jaloux rétrospectif n'est pas le seul à souffrir : son conjoint souffre aussi d'être mis sur le grill de questions insidieuses et d'être cuisiné au feu d'une jalousie qu'il n'a aucun moyen d'éteindre. Et si le jaloux rétrospectif s'obstine assez longtemps, il finira par faire fuir celle qu'il aime.

Voici un petit aperçu sur l'enfer que vit un jaloux rétrospectif :

J'ai decouvert il y a quelque mois le passé de celle qui est ma femme adorée...  Penser que des sales types (trois hommes mariés promettant plus ou moins le divorce ou faisant croire qu'ils étaient divorcés) se sont tapés ma femme quand elle avait 18-22ans et sont heureux de leur sort actuellement, ça me rend malade. C'est le passé et on ne peut rien changer, c'est pour ca que c'est horrible, parce que même si j'avais une baguette magique je ne pourrais RIEN changer. Je me sens nul parce que des tas de gens se sont tapés ma femme et moi je ne me suis pas tapé la leur. Je suis donc plus nul que tout ces types qui se sont tapés ma femme. Je ne suis donc RIEN, je ne vaux rien. Et ce n'est pas une idée, c'est un fait, ils ont eu le droit de coucher avec ma femme et moi je ne peux rien contre ça, ils ne sont ni punissable du mal qu'ils m'ont fait, mais en plus ça doit être pour eux un titre de gloire. (Sur le blog d'un d'entre eux il précise qu'il aime la vie, ça se comprend, se taper ma femme qui etait ravissante a 18 ans alors qu'il en avait 34 etait marié et avait des gosses, youpi!) En plus je vis dans la hantise qu'elle m'ait caché quelque chose de pire encore. Je ne me suicide pas encore mais je ne pense qu'à ça. 

Pour celui qui (dé)raisonne ainsi, ça ne paraît pas du délire, ni même un point de vue, mais bien "un fait", comme il le dit lui-même.

Face à un raisonnement de ce genre, il y a deux approches démystifiantes possibles, et je vous recommande d'adopter les deux vis-à-vis de vos propres raisonnements tordus (nous ruminons tous des raisonnements tordus qui nous font du mal de temps en temps) :

1/ La première approche consister à mettre le raisonnement à plat et à l'examiner sous un angle vraiment rationnel. Ce qui permet de prendre conscience qu'on a du pouvoir sur sa souffrance : on l'a créée, on peut aussi la faire disparaître.

2/ La deuxième approche consiste à chercher la fonction cachée du raisonnement, son but sous-jacent - car il se peut qu'il en ait un...

Commençons.

1/ La jalousie rétrospective repose sur une confusion entre le passé et le présent. Non, les hommes qui ont couché avec Albertine (je prends un prénom au hasard) n'ont pas couché avec la femme du jaloux. A l'époque, Albertine n'était pas mariée à lui. Elle ne le connaissait même pas. Albertine elle-même était une autre Albertine ; elle avait une personnalité, des centres d'intérêt, une façon de penser... différentes de celles qu'elle a aujourd'hui.

Ces types ne se sont PAS tapés la femme du jaloux.
Ils se sont tapés une autre femme, une femme qui n'était à l'époque engagée à personne et qui ne devait de compte à personne.

Dire "ils se sont tapés ma femme" alors qu'à l'époque, elle n'était pas mariée, c'est comme dire "il a couché avec une morte" à propos d'un homme dont la femme est morte. Quand il couchait avec elle, elle n'était pas morte : il n'a donc pas couché avec un cadavre. Ou c'est comme accuser un homme de pédophilie sous le prétexte qu'il a couché avec une femme qui, vingt ans plus tôt, avait cinq ans.

Autre grosse erreur de logique : si un de ces types qui, jadis, a couché avec Albertine, dit aujourd'hui sur son blog qu'il aime la vie, ça n'a strictement rien à voir avec ce qu'il a vécu avec Albertine il y a dix ans.

En effet ce n'est pas notre passé qui nous rend heureux, c'est notre présent.

Personne n'est heureux et n'aime la vie parce que, dix ans auparavant, il a vécu une agréable aventure avec une jeune fille charmante ou un jeune homme très séduisant !...

C'est ce que nous vivons aujourd'hui, et surtout notre manière de penser aujourd'hui, qui nous rend heureux... ou  malheureux.

Et c'est ce que le jaloux rétrospectif n'a pas encore compris.

Il n'a pas compris que le bonheur de cet autre type n'a rien à voir avec le passé. Et il ne comprend pas non plus que son propre désespoir et ses propres idées suicidaires n'ont rien à voir avec le passé non plus.

Il croit que c'est le passé qui le rend malheureux...

Et comme (effectivement) le passé ne peut pas être changé, il ne voit aucun espoir de délivrance, de soulagement.

Mais en réalité, ce n'est pas le passé qui fait souffrir le jaloux rétrospectif.

C'est la manière dont AUJOURD'HUI il pense à ce passé, la manière dont AUJOURD'HUI il l'interprète, la manière dont AUJOURD'HUI il s'obsède sur ce passé, la manière dont AUJOURD'HUI il se raconte qu'il ne vaut rien, qu'il n'est rien, etc.

La cause de sa souffrance, ce n'est pas les quatre types qui ont couché avec Albertine il y a dix ans.

Si c'était la vraie cause, tout le monde souffrirait à cause du passé de son conjoint !...
De toute évidence, ce n'est pas le cas.

La plupart des gens se foutent royalement de ce que leur conjoint a fait avant de les rencontrer, tant qu'il leur est fidèle aujourd'hui. C'est d'ailleurs la seule attitude rationnelle.

La cause de la souffrance du jaloux, c'est la manière erronée dont il interprète le fait qu'Albertine ait couché avec quatre types il y a dix ans.

C'est son interprétation actuelle qui est la source de sa souffrance.

Sa manière de mélanger passé et présent, et de tirer des conclusions illogiques ("je suis nul") de prémisses erronées.

Mais il y aurait mille interprétations plus justes - des interprétations indolores ou même plaisantes - de ce même passé...

En voici deux :

1/ Le jaloux pourrait se dire : "C'est une chance qu'elle ait souffert avant avec des menteurs, comme ça elle apprécie vraiment mon propre engagement, le sérieux dont je fais preuve dans ma relation avec elle. Peut-être que si elle n'avait pas souffert avec ces imbéciles, il serait encore attirée par les beaux-parleurs. Son passé lui permet de mieux m'apprécier." Alors le jaloux ne serait plus jaloux.

2/ Le jaloux pourrait aussi se dire : "La pauvre, elle a souffert avec ces sales types. Heureusement pour elle, elle est finalement tombée sur moi. Je (me) promets que je ferai tout ce qu'il faut pour la rendre heureuse - je ne lui ferai pas vivre un enfer comme tous ces imbéciles." Alors le jaloux ne serait plus jaloux.

3/ Le jaloux pourrait aussi se dire : "Ma femme est une perle. Heureusement que ses ex ne se sont pas rendus compte et qu'ils l'ont quitté !... S'ils avaient été moins cons, je n'aurais jamais eu la chance de la rencontrer."

Quand on croit que c'est le passé qui nous fait souffrir, on se trompe toujours.

C'est la manière dont y pense...
C'est la manière dont on le rumine...
C'est la manière dont on l'interprète...
qui nous fait souffrir.

Le passé lui-même est mort et enterré. Il n'a aucun pouvoir.

C'est nous qui avons du pouvoir.

Nous avons le pouvoir de nous rendre très malheureux (et de rendre les autres très malheureux) en cultivant des pensées illogiques et destructrices.

Nous avons aussi le pouvoir de nous rendre heureux (et de rendre les autres très heureux) en cultivant des pensées logiques et constructives.

2/ Voyons maintenant quelle pourrait être la fonction, le but caché de ce raisonnement jaloux et délirant.

Le but peut être de se rendre très malheureux... parce qu'on est convaincu qu'on ne mérite pas d'être heureux.

Ou le but caché peut être de pousser l'autre au divorce... parce qu'on est convaincu qu'on ne mérite pas d'être en couple, qu'on n'est pas fait pour la vie de couple.

Notre image-de-soi dicte secrètement nos comportements. Quand on se "voit" comme un être nul et malheureux, on cherche des raisons de l'être, et quand on n'en trouve pas, on en invente. La jalousie rétrospective est une invention de ce genre.

Quand on se "voit" comme un "loup solitaire", on cherche des moyens de le redevenir - et le meilleur moyen connu consiste à pourrir la vie de son conjoint jusqu'à ce qu'il parte.

Si vous souffrez de jalousie rétrospective, je vous conseille de lire le roman HORACE, de George Sand. C'est je pense la meilleure étude qui existe sur la jalousie rétrospective. C'est aussi un excellent remède.

Vous le trouverez ici.

Si vous souffrez de jalousie rétrospective, je vous conseille aussi et surtout de vous poser les questions suivantes (le mieux est de les enregistrer et de les écouter en boucle, ainsi que de les recopier sur des feuilles qu'on relit le plus souvent possible), elles vous aideront à voir les choses sous un autre angle :

Pourquoi est-ce que j'ai toute confiance en Albertine [remplacez par le nom de votre conjoint] ?
Pourquoi Albertine a-t-elle toute confiance en moi ? 
Pourquoi est-ce que je suis un bon mari ?
Pourquoi est-ce qu'Albertine est une bonne épouse ? 
Pourquoi est-ce que je suis si heureux avec Albertine ? 
Pourquoi Albertine est-elle si heureuse avec moi ? 
Pourquoi sommes nous si heureux ensemble ?
Pourquoi partageons-nous tant de bons moments ?

Faites-moi confiance : ces questions peuvent changer radicalement votre vie de couple. Elles vous paraitront très artificielle au début, elles vous donneront mal à la tête et peut-être même envie de vomir, mais insistez. Persévérez. Ecoutez-les encore et encore. Quand elles rentreront dans votre mental et qu'elles y modifieront votre dialogue intérieur, elles modifieront par la même occasion toute votre vie... pour le mieux.

Et si vous pensez que vous êtes nul, que vous ne valez rien, utilisez aussi cette question :

Pourquoi est-ce que je vaux beaucoup plus que trois million d'euros ?

Elle paraît absurde, bizarre, ridicule et grotesque, je sais... mais elle est efficace. (Vous pouvez changer le chiffre, mais ne le descendez pas.)

18 mai 2010

Chagrin d'amour : comment en sortir

Il y a probablement une recette efficace (car il y a une recette pour tout), mais je ne la connais pas, pour ne pas avoir suffisamment étudié le sujet... Toutefois, je peux vous dire ce qui - logiquement et d'après expérience - est utile pour se sortir d'un chagrin d'amour du genre tragique, terriblement douloureux :

Rassembler tous les souvenirs les plus chéris que l'on a de l'être aimé et les jeter à la poubelle.

ça peut paraître radical, je sais... et pour ma part, il m'a fallu des années avant de m'y décider, mais en faisant un tel geste, c'est un nœud que l'on tranche, une énorme quantité d'énergie que l'on libère. Les bonnes rencontres ne deviennent possibles qu'après un grand ménage de printemps (qui peut d'ailleurs être exécuté en n'importe quelle saison).

Vous ne voyez peut-être pas le rapport... ou peut-être que vous ne le voyez que trop bien... mais c'est en jetant tous les objets qui avivent le souvenir chéri de l'être aimé, trop aimé, que l'on coupe véritablement le lien de souffrance qui nous unit encore non à lui - ça, s'est fini - mais à l'illusion qu'en le perdant, nous avons perdu l'essentiel.

Un chagrin d'amour, c'est un amour qui s'est changé en vinaigre, un litre de lait qui a tourné, une belle pomme qui est restée trop longtemps dans le frigo : si vous mangez ce qu'il en reste, vous allez vous empoisonner.

Sortir d'un chagrin d'amour, c'est tout simplement se faire passer soi-même avant non pas l'amour de l'autre (il n'est plus là et il s'en fiche) mais une idée, un souvenir, un simple rêve. Donner la priorité à nous-mêmes plutôt qu'à de doux et sinistres mensonges.

Ce n'est pas à l'amour que vous renoncez en jetant tous les objets qui vous rappellent cette relation défunte, mais à la nostalgie mortifère, aux "Ah, si seulement si...", bref, à vos illusions.

Quand on reste à distance de la réalité présente, qu'on s'enferme dans un passé idéalisé et un futur rêvé, le temps ne s'en écoule pas moins. Et la vie passe, les rides se tracent, alors qu'on n'est même pas là. Un chagrin d'amour est une transe hypnotique qui peut durer des années : on est dans un autre monde. Un pur fantasme.

Et le jour où l'on sort de cette transe, où l'on se réveille et reprend pied avec la réalité, on prend conscience avec un certain désarroi que tous ces mois, toutes ces années parfois, à regretter et rêver, ont été du temps perdu.

Du temps... Vous vous rendez compte ?

Votre temps, c'est votre vie. Les deux coïncident exactement.

Voulez-vous laisser non pas l'amour, mais une illusion d'amour (car un souvenir n'est, au fond, rien de plus qu'une illusion) vous dépouiller de ce que vous avez de plus précieux - de votre vie ?

Voulez-vous soupirer mélodieusement en héros ou héroïne romantique tandis que juste à côté, les autres vivent ?

Quand je repense à tout ce que j'aurais pu faire, si seulement j'avais accepté que ce qui n'est plus, n'est plus... Mais je voulais souffrir pour rien, souffrir pour un amour qui n'existait plus. Je voulais incarner une fidélité surnaturelle - et du coup, je n'incarnais rien du tout, même pas mon corps.

Et ce cœur, voulez-vous l'asphyxier, le condamner à mourir, sous prétexte qu'il a été meurtri ?...

Le chagrin d'amour est une fuite loin de la réalité et de ses chances. L'homme ou la femme qui non seulement pourrait vous rendre heureux, mais que vous pourriez rendre heureux, est peut-être votre voisin. Mais vous ne le saurez pas tant que vous vous cramponnerez à l'illusion que souffrir va changer quelque chose à votre sort.

On ne négocie pas avec le destin.

Pleurer, se désespérer, dire "pourquoi, pourquoi ?", regretter ce qui aurait pu être (sauf que si ça devait être, ce serait) n'a jamais convaincu la vie de nous donner ce que nous voulons. C'est même le contraire : plus on s'accroche, plus on se cramponne, plus on est privé, plus on manque.

On ne peut rien recevoir tant qu'on garde les mains crispées.

Par contre, dès qu'on les ouvre, dès qu'on accepte ce qui est, dès qu'on comprend que les choses sont telles qu'elles doivent être, puisqu'elles sont ainsi, on sent une brise fraiche pure, un courant d'air métaphysique, nous balayer le corps et l'âme...

Brusquement, le rouage qui tournait dans le vide s'enclenche avec un autre, on refait parti de la vie et du monde, on est à nouveau un être vivant sous un soleil généreux, un ciel si vaste et si bleu qu'il mériterait qu'on s'en gorge les yeux, un fils ou fille de..., un ami de..., et voilà qu'on rencontre un homme ou une femme tellement merveilleux - si merveilleux qu'il n'y a aucune comparaison possible, et que le passé s'efface comme un mauvais rêve.

Et en effet, c'était un mauvais rêve : un chagrin d'amour n'est que la pointe aiguisée, plantée dans un cœur qui saigne, d'un iceberg d'illusions.

Illusion que quelqu'un a su nous aimer de la meilleure des manières - alors que la meilleure des manières, c'est celle qui dure, celle qui résiste au temps, celle qui est tendre et patiente.

Illusion que quelqu'un pourra réparer à notre place ce que notre enfance a brisé - alors que nous seuls avons le pouvoir d'explorer et soigner nos blessures.

Illusion que nous avons besoin de cette personne-là - alors que si nous avions véritablement besoin d'elle, elle serait dans notre vie.

Illusion que le problème et la solution sont au-dehors - alors que le problème est en nous, et que la solution y sera aussi, quand nous l'aurons trouvée.

Illusion que cette (piètre) relation est insurpassable - alors qu'il suffirait que nous nous améliorions un peu nous-même pour devenir capable d'un amour mille fois plus beau, plus fort, plus paisible et plus réel, avec quelqu'un de mille fois plus beau, plus aimant et équilibré.

27 avril 2010

Chagrin d'amour et suicide

Il n'y a pas de bonne raison de se tuer - il n'y a que des prétextes de se tuer.

Mais parmi tous les prétextes, celui qui ressemble le plus à une bonne raison, c'est probablement le chagrin d'amour. être quitté par l'être qu'on aime le plus au monde... l'être auquel on a confié son coeur, auquel on s'est entièrement ouvert... c'est franchement horrible.

Ceux qui prétendent qu' "un(e) de perdu, dix de retrouvés" ne savent pas ce qu'ils racontent.

L'amour nous touche dans ce que nous avons de plus intime, de plus personnel. Perdre l'être qu'on aime, c'est le pire.

Si vous êtes dans ce cas - si vous souffrez d'un grand chagrin d'amour et que du coup, vous pensez au suicide - je vous demande tout de même d'y réfléchir encore.

Vous avez l'impression que vous avez perdu l'homme ou la femme de votre vie ?
Que vous ne pourrez jamais aimé et être aimé comme vous l'avez aimé, comme il ou elle vous a aimé ?

Vous pensez que si ce n'est pas lui ou elle... autant mourir ?

Réfléchissez encore. Vous n'avez pas fait le tour de la question.

Qui sait si ce grand amour qui vous déchire n'est pas, en réalité, le pâle brouillon, voire le négatif, d'un amour beaucoup plus grand et beaucoup plus beau qui vous attend ?...

J'ai été consumé pendant quatre ans par une passion dévorante pour un homme que je considérais comme l'homme de ma vie en même temps que l'homme de mes rêves. Il était seulement l'homme de mes rêves, et mes rêves n'étaient pas fameux.

Aujourd'hui, je lui suis très reconnaissante de ne pas avoir voulu de moi...

En me repoussant, il m'a brisé le cœur, c'est vrai. Mais le grand chagrin, la grande souffrance qui m'a mis par terre ont été le point de départ d'une nouvelle vie. La souffrance a du bon : elle est la matière première d'un changement radical.

Si vous n'êtes pas, ou si vous n'êtes plus, avec "l'homme de votre vie", c'est peut-être que ce n'est pas l'homme de votre vie.

Votre vie est faite de vos jours, elle n'est pas faite de vos rêves.

Si vous vous tuez aujourd'hui, vous ne saurez jamais s'il n'y a pas, quelque part, votre âme-sœur qui vous attend et vous espère.

Après mon pseudo grand amour, après mon terrible chagrin, j'ai rencontré l'homme de ma vie... le vrai.

Votre chagrin d'amour actuel sonne le glas non de votre existence, mais d'un chapitre de votre existence. Il met un terme non à votre être, mais à une partie de votre être. Et qui sait si cette part est la meilleure, ou la pire ?...

Vous n'avez pas besoin de mourir. Faites seulement le deuil de vos illusions, de l'avenir que vous aviez imaginé. La vie, c'est ce qui arrive lorsqu'on avait prévu autre chose.

Peut-être que le véritable amour, celui qui est tendresse, confiance, partage, celui qui nourrit l'âme et le corps, vous est encore inconnu...

Peut-être que ce que vous avez perdu est d'une qualité bien inférieure à ce qui vous attend.

Peut-être que le grand amour réel est situé quelque part dans votre futur.

Peut-être que votre cœur brisé va se réparer lui-même, comme un tissu qui cicatrise ou un os qui se ressoude. Peut-être que la graine de l'amour, du plus bel amour, est déjà là, dans votre cœur. Peut-être qu'elle germe déjà invisiblement. Peut-être que la graine de l'amour, du plus bel amour, est déjà dans le cœur de cet inconnu(e) qui vous espère - votre allié(e), votre meilleur(e) ami(e), votre âme-sœur.

Et quand vous l'aurez rencontré(e), quand vous serez en couple avec lui ou elle, vous repenserez à votre chagrin de naguère, c'est-à-dire à votre chagrin d'aujourd'hui, vous aurez pitié de vous-même, et vous serez reconnaissant(e).

14 décembre 2009

Féminisme et dépression : "Besoin de rien ni de personne"

Ce sujet-là concerne surtout les femmes (ceci dit, ça vous concerne aussi, ami lecteur - mais moins directement).

Quel rapport peut-il y avoir, peut-il bien y avoir, entre le féminisme et la dépression ?...

Le féminisme serait-il un remède à la dépression ?

Pas du tout.

En fait, le féminisme est une idéologie qui a des conséquences émotionnelles et mentales très importantes, conséquences dont aucune n'est positive.

Mais avant d'aller plus loin, et pour éviter tout malentendu, je voudrais mettre les choses au clair.

Je suis pour le principe "à travail égal, salaire égal". Je suis contre les violences faites aux femmes (ce qui est logique vu que j'en suis une). Je suis aussi contre les violences faites aux hommes. Je suis pour l'éducation. L'éducation pour tous, et donc aussi pour toutes. Je suis contre la pornographie.

Mais je ne suis pas féministe.

Ou plutôt, je ne le suis plus. Car je l'ai été. Et vraiment : je participais à une association féministe, je distribuais des tracts, j'engloutissais les pamphlets féministes comme d'autres engloutissent les petits pains. J'ai du lire 150 livres féministes (au moins).

En fait, à l'époque, je me définissais beaucoup plus comme une féministe que comme une femme. Je le clamais haut et fort, sur tous les toits : "JE SUIS FÉMINISTE !!!" Et si y en avait que ça dérangeait (il y en avait toujours) j'étais toute prête à en découdre.

J'avais d'ailleurs une affiche du film Girl fight, dont l'héroïne est boxeuse, affichée sur le mur de ma chambre.

- Au passage, je ne vous conseille pas de faire pareil : ce genre d'affiche n'aide pas à s'endormir. -

Étant féministe, je croyais très fort à la solidarité entre femmes et j'aimais (d'un amour pur et désintéressé, non sexuel) les femmes, toutes les femmes, parce qu'elles étaient des femmes.

A l'égard des hommes, mes sentiments étaient nettement plus mitigés.

Bref : j'étais, je crois, une féministe modèle courant.

Alors maintenant que je vous ai brossé un peu le contexte, venons-en aux rapports entre féminisme et dépression.

Le féminisme a pour premier effet de mettre en colère.
La féministe typique est toujours, toujours en colère.
Elle est révoltée par l'injustice universelle dont les femmes, et elle-même, sont victimes.

Voilà le maître-mot : victime.

La féministe type est une victime pleine de rancune, de colère.

Et comme vous le savez déjà, ce n'est pas avec ce profil-là qu'on vit heureux.

Mais il y a encore deux raisons majeures qui explique que le féminisme génère de la dépression.

La première, c'est que le féminisme pousse à la promiscuité sexuelle, autrement dit aux coups d'un soir, et que les coups d'un soir ont des conséquences désastreuses : cœur brisé, sentiment d'humiliation, maladies sexuellement transmissibles, grossesses non désirées.

La deuxième, c'est que le féminisme empêche à la féministe de s'épanouir dans son couple, ou même d'avoir un couple. Soit elle se retrouve en guerre avec l'Ennemi (son homme), et l'Ennemi finit par se barrer, la laissant victorieuse et seule sur le champ de bataille, soit elle n'a pas d'Ennemi mais une carpette, une chiffe molle qu'elle ne respecte pas, qu'elle ne peut pas respecter. La chiffe molle en question n'est pas capable de prendre une décision tout seul, la vénère comme une déesse, et comme elle sait très bien qu'elle n'est pas une déesse et rêve secrètement de reposer sa tête sur une épaule solide, elle est frustrée.

Évidemment, la féministe n'avouera jamais qu'elle trouve son paillasson inconsistant.
Elle vante ses qualités : c'est un homme qui n'a pas peur de montrer ses sentiments, d'avouer sa part de féminité, bla, bla, bla...

Mais au fond d'elle-même, elle est malheureuse. Elle aimerait un vrai homme viril - un homme qui saurait ce qu'il veut, et qui ne la laisserait pas lui manquer de respect.

Mais cet homme-là, dès qu'elle le rencontre, elle lui déclare la guerre, jusqu'à ce qu'il s'en aille, complètement écoeuré.

Le seul homme qui peut supporter et aimer la féministe typique à long terme, la féministe typique ne le trouve pas sexy. Et on la comprend, car effectivement il n'est pas sexy. Trop mou, trop docile, trop soumis.

Bon, ce que je dis là doit certainement en choquer beaucoup... Et il y aura peut-être des féministes (ou juste des sympathisants et des sympathisantes) pour venir m'affirmer que si, il y a des couples féministes heureux.

Peut-être.
Mais ce sont des exceptions très rares. Et ces exceptions résistent-elles au temps ?...
La question reste ouverte.

Il y a dans la pensée féministe une bombe à retardement, un principe de sabotage qui détruit le bonheur de couple, puis le couple. L'idéologie féministe et le véritable amour (celui qui est pleinement satisfaisant, celui qui dure) sont tout simplement et tout bêtement incompatibles.

Il n'y a pas d'amour féministe.

Mais je vais le dire d'une manière plus nuancée :

Les histoires d'amour féministes finissent mal, en général.

Alors bien sûr, tout dépend de ce qu'on entend par "idéologie féministe"...

Si on définit l'idéologie féministe simplement comme le fait d'être contre les violences faites aux femmes et pour le principe travail égal, salaire égal, le féminisme n'est un obstacle à rien.

Mais on sait bien que l'idéologie féministe, c'est bien plus que ça.

C'est l'idée que les hommes et les femmes ont exactement les mêmes capacités, les mêmes points forts et les mêmes points faibles.
Que les différences sexuelles sont très très secondaires - qu'au fond, il y a un seul genre.
Que les hommes ont depuis toujours été les bourreaux et les femmes les victimes (et toujours dans ce sens) et qu'aujourd'hui, ça continue.
Qu'une femme ne peut vraiment s'épanouir que lorsqu'elle a un travail, une carrière.
Que s'occuper de ses enfants et de son mari à plein temps est une solution de facilité, un destin méprisable et superficiel, tout juste digne d'une poule pondeuse.
Que l'homme n'est pas le chef - ou si c'est le chef, c'est un vilain tyran, un Staline, un Hitler.

[Ce terme de "poule pondeuse" est sensé être un injure. Les poules s'occupent très bien de leurs poussins, c'est peut-être pour ça ?]

Et c'est aussi l'idée que pour être respectée par un homme, une femme doit se battre, montrer les griffes. Que c'est en entrant en compétition avec lui qu'elle lui montrera, prouvera sa valeur. Que c'est même comme ça qu'elle lui plaira vraiment - que les hommes aiment les femmes "qui ont de la personnalité" (les emmerdeuses). Que si elle se montre au contraire douce, coopérative et gentille, elle va perdre son Moi, sa personnalité, sa force, et deviendra... une pauvre chose sans personnalité et sans ressort, un non-être, un rien, bref : UNE FEMME SOUMISE.

Le comble de l'horreur !...

Toutes ces idées dissolvent le couple aussi sûrement que de l'acide chlorhydrique dissout le calcaire.

Alors la féministe se retrouve seule. Ou le reste.

Et de la solitude à la dépression il n'y a qu'un pas.

Vous me direz peut-être : "Mais on peut très bien être sans homme sans être seule !"

C'est exact. Mais toutes les copines et les copains du monde ne remplaceront jamais un conjoint tendre et aimant. Quand on est célibataire, on ne peut pas ne pas se sentir seul, à moins d'avoir moins de quinze ans.

Mais la féministe ne fait pas le lien, ou ne veut pas faire le lien, entre son mal-être et son célibat, ni entre son célibat et son féminisme - après tout, une femme sans homme est comme un poisson sans bicyclette, n'est-ce pas ?... Elle n'a pas besoin d'un homme.

Elle n'a besoin de rien ni de personne...
...dit-elle.

Moralité : femme libérée, femme esseulée ; femme esseulée, femme déprimée.

PS : Films, livres, médias... Les idées féministes sont partout, de nos jours.
Ce qui fait que même une femme qui ne se sent pas et ne se considère pas comme une féministe, peut très bien l'être (plus ou moins) sans le savoir...

Et si le nombre très élevé de divorces était une conséquence de ces idées diffuses, omniprésentes, qui sabotent les couples ?...

Pour en savoir plus sur le féminisme et ses effets, lisez 7 mensonges du féminisme

24 novembre 2009

Amour et labyrinthe : le fil d'Ariane

La vie est un douloureux labyrinthe, ou peut l'être, et si vous êtes actuellement en train de errer dans le dédale obscur de ses couloirs sans issue, je comprends votre souffrance.

Des relations qu'on voudrait tellement, tellement solides et qui sont tellement, tellement fragiles... Des abris qu'on voudrait tellement, tellement sûrs et qui le sont si peu... Des promesses (ou peut-être que ce ne sont pas des promesses, et qu'on les prend pour telles parce qu'on espère) qui se révèlent si vite décevante... Et quand ce n'est pas si vite, c'est encore pire, car on est encore plus déçu.

Un peu d'amour suffit parfois à nous fixer, à nous ligoter à un souvenir et un espoir, comme si - seule - cette personne pouvait nous donner ce que, une fois, elle nous a donné. Et l'impossibilité de faire son deuil d'un fragment de lumière nous retient en enfer. Comment aller de l'avant, quand on ne regarde qu'en arrière ? et comment regarder ailleurs, quand on ne sait rien de ce qu'il faudrait savoir ?

C'est notre ignorance qui nous étouffe - mais nous ne le savons pas.

La vie est dure. Elle est tissée de souffrances et de déceptions. Si vous vous débattez actuellement dans ses toiles d'araignées, je peux compatir. Je me souviens d'un jour de pluie où mon coeur a été violemment percuté, me laissant déboussolée par la souffrance.

On aime... on aime trop... et en face, c'est l'indifférence ou le vide, ou bien pire encore, l'avidité prédatrice que l'on rencontre. Quand elle rencontre le loup, la naïveté enfantine ne fait pas le poids.

Et pourtant, dans ce labyrinthe de souffrances, dans ce dédales de déceptions, de souffrances et de doutes, il y a bien une issue. Et avant l'issue, le fil d'Ariane qui y mène.

à vous bien sûr de trouver le vôtre... mais voici tout de même celui qui m'a servi, peut-être qu'il vous sera utile :

Ne vous laissez pas impressionné par ces grands événements auxquels vous ne pouvez rien, comme les catastrophes climatiques ou les deuils, ou les déceptions amoureuses, ou toute autre fatalité.
Ils sont impressionnants, mais au final, ce n'est pas eux qui décident de votre avenir.

Focalisez-vous plutôt sur ces choix (ces choix minuscules peut-être, ou que vous voyez tels), sur ces choix qui ponctuent votre route. Embranchements multiples : à droite ou à gauche ?...

à chaque fois, l'alternative est toujours binaire : c'est ceci ou cela.

Focalisez-vous donc sur ces choix qui vous appartiennent et que de toute façon, vous devez faire (vous n'avez pas le choix d'avoir le choix). Ce sont ces choix apparemment minuscules et dérisoires qui décident de votre destinée. Autrement dit, c'est vous qui décidez de votre avenir.

Je ne dis pas que vous décidez de votre revenu futur, ni du lieu où vous habiterez, ni de votre conjoint futur - non, rien de si précis.

Vous décidez de quelque chose de beaucoup plus essentiel même si c'est apparemment plus vague : vous décidez de votre vrai bonheur ou de votre vrai malheur. Vous décidez du sort de ce qu'il y a de plus précieux et de plus immatériel en vous. Vous décidez de l'avenir de votre âme.

Alors quel genre de choix vous rapprochera de votre vrai bonheur ?...

Les choix les plus sincères. Ceux qui reposent sur l'intérieur plutôt que sur l'extérieur, sur votre vraie nature plutôt que sur l'image que vous aimeriez bien donner aux autres.

Je vous donne un exemple apparemment dérisoire, mais qui pour moi ne l'est pas tant que ça.
Un exemple qui apparemment n'a rien à voir, mais en fait si.

J'avais une dizaine d'années et mes parents voulaient m'offrir un objet d'art : une petite sculpture en marbre. J'hésitais entre un cygne gracieux et un taureau. Les deux statuettes étaient jolies, mais en réalité, il n'y en avait qu'une qui me plaisait : le taureau.

Il était campé solidement sur ses quatre pattes, le cou massif et les cornes largement ouvertes comme un porte-manteau. L'image même de la stabilité terrienne. Rien de poétique là-dedans, ou du moins, rien de léger ou de flottant : plutôt du réel et du paysan.

Le cygne était gracieux, avec un cou sinueux, des ailes décoratives. Au fond, il ne me plaisait pas.

Si pourtant j'hésitais entre les deux statuettes, c'est qu'il me semblait que le cygne aurait donné une image plus valorisante de moi - j'y voyais un signe extérieur de bon goût, de raffinement.

Et j'hésitais donc entre ma vraie nature (qui me poussait vers le taureau) et un mensonge.

J'ai choisi le taureau.

Et je vous conseille de faire de même : chaque fois que vous hésitez, penchez vers ce qui résonne le plus intimement avec ce que vous êtes à l'intérieur, loin des regards. C'est à force de faire des choix sincères, des choix authentiques, qu'on trouve l'issue du labyrinthe.

Et l'éclatante lumière du dehors : paix.

La passion amoureuse est comme la mort : quand elle arrive on ne peut y échapper. Mais on peut tirer d'elle la leçon qu'il y a à en tirer.
Ce sont les pires souffrances qui ouvrent les routes les plus directes vers le bonheur...
A condition d'accepter ce qu'on ne peut changer, et d'ouvrir son coeur à leur enseignement.

26 avril 2008

L'amour et le mauvais sort

Il est des amours qui ressemblent à des malédictions. Des amours qui vous entraînent au fond du gouffre, à toute vitesse, sous prétexte qu'ils nous ont donné une violente dose de bonheur au début...

Le poisson qui mord à l'appât, la souris qui goûte au fromage ont eux aussi trouvé ça délicieux - au début. Et atroce - juste après.

Piège diabolique d'un sentiment qui se referme sur notre coeur comme un piège à loup sur une jambe...

Même connaître intellectuellement la nature du hameçon qui nous tient solidement, et qui nous fait d'autant plus souffrir qu'on gigote (ou qu'on ne gigote pas), ne nous en libère pas.

Prison à vie ?
Prison à mort ?

Elle existe pourtant, la sortie. Une petite porte qu'on ne franchit qu'en se mettant à genoux, qu'en s'humiliant jusqu'au sol. De l'autre côté, un autre monde, simple et limpide comme celui, définitivement révolu, de l'enfance. Avec ce bonheur d'être un homme, ou une femme, adulte et libre dans ce monde simplifié et éclairé où notre mission devient lisible.

Et possible.

On ne se libère d'un esclavage que par un autre - plus noble et pur que le premier...

L'objecteur de conscience échappe à la loi de l'armée en se pliant à celle de son propre guide intérieur : c'est en se soumettant à un roi qu'on se débarrasse d'un tyran.

Ceci est vrai en amour comme en d'autres domaines.

J'y repense le moins possible, à ces années de tourment - grignotée par une passion unilatérale, j'aurais voulu tuer cet être trop chéri, briser cette idole... Et au final, l'idole a bien été brisé - mais là où elle devait l'être, dans mon coeur. La vérité dissolvant l'image menteuse qui m'avait absorbé.

L'amour malsain nous colle à la peau par tous nos défauts, par toutes nos faiblesses. Nous le prenons pour une lumière alors qu'il n'est qu'une excroissance cancéreuse. Dans notre vision pervertie de la réalité, ces souffrances sont salvatrices.

Il n'en est rien.

Ou plutôt : c'est notre comportement final, notre choix final qui fera basculer la balance dans un sens ou dans l'autre.

Je me suis mise à genoux. J'ai franchi la porte. Je suis sauvée.

25 avril 2008

Un jour, votre prince viendra-t-il ?

Lorsque j'étais encore perdue, totalement perdue, j'attendais le prince charmant.

Comme beaucoup d'autres, je présume...

Et quand on n'attend pas le prince charmant, on attend la princesse charmante, ce qui n'est pas mieux.

Bon. D'accord. L'amour rend heureux. Qui a dit le contraire ?...

Je parie que je ne suis pas la seule : j'allais voir les voyantes. J'attendais qu'elles me prédisent un avenir flamboyant ; un avenir d'amour, de paillettes, de voyages, de gloire. J'espérais si intensément qu'elles me prédisent ce genre d'avenir, que lorsqu'une ne me donnait pas ce que je voulais, j'allais en voir une autre. Et quand ce n'était pas les voyantes, c'était les astrologues. Et quand ce n'étais pas les astrologues, les tarologues.

Si j'avais réfléchi cinq minutes - rationnellement - voilà ce que je me serais dit : l'avenir, ce n'est jamais que la continuation du présent. Il n'y a pas de coupure entre aujourd'hui et demain, ni entre demain et après-demain. Juste une succession de nuits qui n'interrompent absolument pas l'enchaînement implacable des causes et des effets.

Alors d'où me vient cette croyance irrationnelle en un lendemain radicalement différent d'aujourd'hui ?...

Je croyais (j'étais tellement bête) que l'amour, la gloire, les voyages... tombaient comme des météorites sur la tête d'heureux élus choisis par les étoiles. La grande question était donc : suis-je parmi ces élus ?... Je n'avais rien à faire pour faire advenir ce bel avenir ; je voulais juste savoir - par impatience certainement - ce qu'il en serait à l'avance.

Quant à agir... pff... n'y pensais même pas.

Quelle conception primitive de l'existence. Quelle méconnaissance des lois de l'univers. A quoi bon avoir des diplômes ?... ça ne vous rend pas moins stupide, seulement un peu plus arrogant(e) - autrement dit, un peu plus stupide.

A l'époque, je croyais encore qu'étudier, c'est meubler son esprit sans l'élargir. Une accumulation. Un congestionnement. Je croyais aussi qu'apprendre, ça sert à gagner des diplômes (quant aux diplômes eux-mêmes, je croyais qu'ils servaient à prouver son intelligence...)

Bref.

L'avenir est certainement écrit - mais pas dans les cartes, ni les étoiles, ni les lignes de la main.

A part quelques catastrophes inattendues, ce qui nous arrive vient d'une façon ou d'une autre de nous-même - même lorsque ça vient des autres.

Nous façonnons nos habitudes ; puis nos habitudes nous façonnent.

(Je sors en vrac le contenu de mon coeur... Il y a tant de manières d'être perdu, de ne pas comprendre, et de s'égarer loin de la belle et bonne route qui monte vers le bonheur.)

Votre prince viendra-t-il ?...

On se focalise sur l'extérieur - sans se demander : et moi, qui serai-je pour mon prince ? Une princesse ou une grenouille ? Un peu d'introspection : les couples mixtes prince-grenouille ne sont pas durables. Les princes finissent par se lasser de patauger dans les marécages.... Quant aux grenouilles, elles ne supportent pas longtemps les responsabilités et l'éclat de la vie princière.

Attendre passivement que le prince arrive est une stratégie de perdante... à moins d'être déjà une princesse charmante.

Au lieu de chercher au dehors, cherchez au dedans. Réveillez la belle au bois dormant qui sommeille en vous !... Lorsqu'on attend un prince, il faut se préparer.

Pas attendre : se préparer.

Vous voyez la différence ?...

Attendre, c'est ne rien faire. Se préparer, c'est agir.

Quelles sont les qualités de votre Prince Charmant ?... S'il est gentil, apprenez à être gentille ; s'il est riche, devenez riche ; s'il est souriant, souriez. Et cetera.

- "Ah mais non ! Si je veux un riche, c'est pour ne pas avoir besoin de devenir riche moi-même... Et si je veux un homme gentil, c'est pour qu'il supporte ma mauvaise humeur."

Vous chercher l'homme de votre vie, ou un mur où faire le lierre ?!... Dites-vous bien que si vous cherchez un être fort à parasiter, aucun être fort ne cherche de parasite. Devenez autonome si vous voulez qu'on vous aime.

- "Pff... ma belle-soeur a un caractère de cochon, et son mari est un ange. Les contraires s'attirent."

C'est vrai à un certain niveau - mais rarement à celui des qualités. Si vous collectionnez les traits de caractère déplaisants, ne vous attendez pas à attirer un petit saint - ou si vous l'attirez, attendez-vous à le perdre.

Le meilleur moyen d'attirer à soi un partenaire gentil, serviable, aimant, sensible, etc., c'est d'être soi-même gentil, serviable, aimant, sensible.

Votre prince viendra... quand vous vous serez métamorphosée vous-même en princesse.

12 septembre 2006

Pas d'amour, pas de sexe

Parmi les motifs qui poussent au suicide, ou du moins aux pensées suicidaires, se trouve celui-ci : pas d'amour, pas de sexe.

Bien sûr que la vie est infiniment plus douce, plus savoureuse quand on la partage avec quelqu'un qu'on aime... par contre, les aventures sans lendemain ne rendent heureux que lorsqu'on s'appelle James Bond et qu'on vit dans les films.

Mais dans l'image totalement idéalisée du sexe et de l'amour que se font ceux qui en manquent, entrent au moins deux facteurs :

- on a toujours tendance à surestimer la valeur de ce qui nous manque, que ce soit un verre d'eau pour un assoiffé ou une relation de couple pour un célibataire. C'est ce que les sociologues des techniques de vente appellent "le principe de rareté" : lorsqu'un article manque, il parait tout de suite plus désirable...

- On vit dans un monde qui s'emploie - par le biais des publicités, des films, de la télé, des magazines, etc. - à idéaliser l'amour romantique et le sexe.

Je ne veux pas dire que le sexe soit quelque chose de déplaisant, bien sûr (d'ailleurs si je le disais personne ne me croirait) - mais le sexe, ce n'est pas la plage, le soleil, le sourire, la beauté, la sérénité. Or, si l'on se fie aux images que la société de désinformation nous présente, on croirait bien que le sexe, c'est tout ça et plus encore.

On nous présente par exemple une très jeune femme à moitié nue, aux seins magnifiques, au visage candide, qui rit aux éclats. Autrement dit, on nous présente sous une forme visuelle l'équation suivante :

sexe (à moitié nue) = joie (qui rit aux éclats) = innocence (très jeune, au visage candide) = beauté (la jeune femme est splendide)

Ou encore, on nous balance dans les mirettes une femme aux fesse bombées et parfaites soulignées par un string absolument pas suggestif puisqu'il montre tout, qui avance vers une piscine étincellante... c'est l'été, il fait chaud, tout ça...

Et hop, une équation de plus :

sexe = vacances = argent (il en faut pour se payer une piscine) = beauté

Si un extra-terrestre débarquait sur la planète terre, et qu'il n'avait comme source d'information que les médias, il ne pourrait jamais croire qu'il y a des gens pauvres, ou pas beaux, ou méchants, ou pas jeunes, ou qui travaillent... qui ont quand même des relations sexuelles !

D'ailleurs c'est tellement peu évident, même pour les terriens de souche, qu'une auteure (Pascale Clark) a éprouvé le besoin d'intituler l'un de ces livres : "Tout le monde fait l'amour"... manière de dire que malgré ce qu'on pourrait croire, le sexe n'est pas réservé aux V.I.P. ou aux S.B. (Super Beaux).

Alors forcément, quand on n'a pas goûté à l'amour, ou très peu, et quand on n'a pas goûté au sexe, ou très peu, on a tendance à se fier aux équations des médias : à un niveau plus ou moins inconscient, on s'imagine que si on avait plus d'amour ou de sexe, on aurait aussi plus de beauté, de loisir, d'argent, de gaité, de sérénité, de jeunesse, etc.

De plus, on peut voir comme une espèce de perte sèche le fait de ne pas mettre à contribution érotique son corps encore jeune et ferme... les médias cultivant l'idée qu'il y a "un âge idéal" auquel il serait bon de se livrer à une activité sexuelle intensive. Pour en quelque sorte rentabiliser ce capital-corps que le temps érode inexorablement...

Ce dont on a pas forcément conscience lorsqu'on a toujours été célibataire, c'est qu'une relation de couple est un risque autant qu'une chance, et que parfois, rien est préférable à quelque chose.

D'autre part, la vie a sa sagesse propre, son timing incompréhensible quand on le vit, mais soigneusement calculé. Les choses arrivent à leur heure, ni plus tôt ni plus tard.

Pour avoir été célibataire tout au long de ces années qu'on prétend les plus belles, je sais rétrospectivement que je n'étais absolument pas prête à une relation saine. Et j'aurais mieux fait de continuer à m'abstenir de toute relation, que de me précipiter comme je l'ai fait par la suite dans ces relations sans lendemain qui ne font le bonheur de personne dans le monde en trois dimensions.

11 août 2006

Amour, Souffrance (et Fromage)

Le chagrin d'amour est une souffrance bien particulière, et qui peut dans bien des cas pousser jusqu'au suicide, mais il y a souvent une espèce de malentendu derrière, et si on éclaircit les raisons pour lesquelles on est tombé amoureux, ou les raisons pour lesquelles on reste amoureux envers et contre tout, il y a peut-être moyen de se sortir d'affaire.

En gros, on peut dire qu'il y a deux types de sentiment amoureux : drogue et nourriture.
Le sentiment-drogue, c'est celui qui est délicieux au début et dont on devient dépendant très vite. L'autre (l'aimé-e) est comme la dose de cocaïne dont on a besoin, mais qui ne nous satisfait jamais, et dont chaque piqure aggrave le manque en feignant de le combler. Il entraîne dans une spirale descendante de désespoir. Au fond du trou - mais en réalité ce trou n'a pas de fond - on se sent nul, pitoyable, à supplier silencieusement ou non l'autre de nous aimer encore un peu.

Il y a souvent une forme de fidélité romantique qui vient aggraver les choses : on aime non seulement l'autre, mais aussi ce sentiment qu'on lui porte et qui nous déchire. On ne veut pas renoncer à la souffrance, parce qu'on ne veut pas renoncer à ce sentiment qui a quelque chose de beau dans sa persévérance obstinée. On se définit par l'Autre, celui qu'on aime, et par l'amour qu'on lui porte : comment pourrait-on y renoncer ?... Ce serait comme renoncer à son être même...

La seule chance de bonheur qu'on se voit, c'est que l'Autre retourne vers nous et nous (re)choisisse enfin. Toute autre possibilité semble vaine, terne, dérisoire.
On est dans le "C'est elle ou rien, elle ou le néant, la mort, l'absurde".

Et l'on souffre effectivement au niveau du coeur, d'une façon souvent très physique, d'amour, d'humiliation, du rejet et du refus de la personne la plus importante à nos yeux.

Comment sortir de cet état-là ?...

Il n'y a pas de remède simple - à part un (demander l'aide de celui qui peut vraiment aider).

On peut du moins envisager que cet être idéalisé qu'on a pris pour idole ne nous apporterait absolument pas le bonheur que l'on imagine, ou dont l'on se souvient, si par un impossible hasard il changeait d'avis et revenait vers nous.

A ce propos, l'histoire "Qui m'a piqué mon fromage ?" de Spencer Jonhson est tout à fait édifiante.

Un jour, Pelochon et Baluchon arrivèrent comme d'habitude à la gare fromagère où ils avaient l'habitude de se régaler. Et ce jour-là... plus de fromage !
Transposé, c'est l'histoire de cet homme - ou de cette femme - qui un jour, ne trouve plus l'amour auquel il s'était habitué. L'Autre est parti, l'Autre ne l'aime plus.
Pelochon et Baluchon sont effondrés :
"Qui a piqué mon fromage ? gronda-t-il de plus belle, à en ébranler les parois du labyrinthe. Restant sans réponse, il porta ses mains à sa taille et, rouge de colère, poussa ce cri du coeur :- C'est trop injuste ! Baluchon, de son côté, se contentait de secouer la tête, tel un boxeur groggy. Lui aussi était convaincu que le fromage les attendait comme de juste. Il semblait pétrifé, transi d'effroi. Il n'était pas préparé à un tel choc. Les éructations de Polochon lui glaçaient le sang. Incapable de faire face à la nouvelle donne, Baluchon voulait plonger sa tête dans un trou.Si l'attitude des minigus n'était guère constructive, elle était toutefois compréhensible. Le Fromage ne se trouvait pas sous le pas d'un cheval, et il constituait bien plus à leurs yeux qu'un casse-croute ordinaire : la quête du Fromage représentait la quête du bonheur. Chaque minigus avait sa propre vision du Fromage, qui dépassait de loin les simples considérations d'ordre gustatif. Pour les uns, le Fromage, c'était la prospérité. Pour les autres, c'était le travail, la santé, ou l'épanouissement personnel. Une raison de vivre, en somme."

Et pour d'autres, le Fromage, c'est l'amour... ou l'Aimé-e.

Que faire lorsqu'on constate que le vieux fromage a disparu ? On peut, comme Polochon, s'obstiner à attendre qu'il revienne, ou s'épuiser à casser les murs de la gare en s'imaginant qu'il est peut-être caché derrière - ou l'on peut, comme Baluchon, décider qu'il est temps de partir à la recherche du Nouveau Fromage, et s'élancer dans le Labyrinthe à sa recherche.

Le bonheur passé n'est plus : le vieux Fromage a disparu. Il ne reviendra pas, jamais. Est-on prêt à partir à la recherche du Nouveau Fromage, ou choisit-on plutôt de croire qu'il n'y a que le vieux fromage qui soit à notre goût, et que s'il n'y a plus de vieux Fromage, alors la vie ne vaut plus la peine d'être vécue ?...

"Plus vite tu oublieras le Vieux Fromage, plus tôt tu en trouveras du Nouveau."

J'ai été désespéremment amoureuse pendant 3 ans d'un homme, et si j'avais tourné plus tôt la page, j'aurais rencontré plus tôt mon véritable amour - l'homme de ma vie, mon âme soeur.

Il y a deux sortes d'amour : l'amour-nourriture et l'amour-drogue. Quand un amour fait trop mal, c'est qu'il est devenu une drogue toxique.

Au lieu de s'empoisonner avec les dernières miettes poussiéreuses et moisies du Vieux Fromage, mieux vaut partir à la recherche du Nouveau Fromage.

Comme dit S. Johnson : "Le Changement est inévitable. Le Fromage change sans cesse de place."

Pour ceux qui voudraient lire Qui m'a piqué mon fromage ?, voici l'adresse où le commander :

http://www.amazon.fr/gp/search/402-9987942-6967350?search-alias=stripbooks&author=Johnson&select-author=field-author-begins&title=fromage&select-title=field-title&subject=&select-subject=field-subject&field-isbn=&field-publisher=&field-binding=&field-dateop=before&field-datemod=0&field-dateyear=2009&sort=%2Bsalesrank&field-collection=&mysubmitbutton1.x=0&mysubmitbutton1.y=0

30 juin 2006

Chagrin d’amour et dépendance affective

Cécile a rencontré Jean - par internet ou autrement. Il est tout de suite tombé sur son charme, et l’a couvert de compliments qui lui ont fait plaisir… d’autant qu’elle doutait beaucoup de son charme. Puis, ça a été la passion : pendant un mois ils se sont aimés à la folie.
Avec le temps, l’amour de Cécile pour Jean a augmenté, tandis que celui de Jean pour Cécile a diminué. Cécile s’est montré « collante » du point de vue de Jean – c’est-à-dire qu’elle lui a montré, parce que c’était vraiment plus fort qu’elle, à quel point elle l’aimait et à quel point elle avait besoin de lui. Et finalement, Jean en a eu assez et a quitté Cécile. Elle a été désespéré, a tout fait pour le faire revenir, même de la magie noire, et au bout du compte, à force de s’enfoncer dans le désespoir en écoutant Evanescence pendant des heures, elle a commis une tentative de suicide. Heureusement, elle s’est ratée…

Ce genre d’histoire est hélas très courant.

Qu’est-ce qui explique que Cécile se soit retrouvée au bout du rouleau ?… C’est quoi, la vraie cause ?… On peut bien sûr blâmer Jean (effectivement c’est un sale type), mais si on lui met tout sur le dos, il n’y a plus aucun moyen que Cécile s’en sorte…

Pour comprendre de quoi il s’agit, il faut revenir au début de l’histoire. Cécile ne s’est jamais aimée ; elle a une piètre opinion d’elle-même. Alors bien sûr, le jour où un homme la couvre de flatteries, de compliments, et semble voir en elle la femme qu’elle a toujours rêvé d’être sans jamais y croire…, elle succombe complètement. Ce qu’elle aime, c’est Jean bien sûr, mais c’est aussi l’image merveilleuse qu’il lui renvoie d’elle-même. Il y a là un effet très pervers de (faux) miroir.
Jean, délibérément ou non, a commencé par tendre à Cécile un portrait très idéalisé d’elle en lui disant : « regarde… c’est toi… c’est bien toi… » Pour la première fois de sa vie, Cécile s’est sentie comprise et appréciée. Comprise, parce que l’image dans le miroir ressemble à son idéal d’elle-même. Mais cette image, ce faux reflet, n’a pas de réalité. Ce n’est qu’une image fictive, factice, comme celles très kitch de Pierre et Gilles. Un mensonge.
A ce mensonge, Cécile devient très vite dépendante. A l’amour réel qu’elle éprouve pour Jean et qu’éprouve Jean pour elle se mêle cette illusion : Cécile vue par Jean. Et lorsque Jean cesse d’aimer Cécile, c’est comme si brusquement il lui retirait de sous le nez le « miroir » où elle se voyait belle et radieuse pour lui en tendre un autre, où elle ne voit plus qu’une emmerdeuse, une chieuse, une collante, une pleurnicheuse, etc.
Ce changement brusque représente une énorme souffrance pour l’ego de Cécile. Quelque chose d’infiniment douloureux.
Jean lui semble maintenant beaucoup plus qu’un être humain ordinaire : il a un tel pouvoir sur elle, il peut par son comportement lui procurer une sensation d’euphorie comme la plonger dans le désespoir le plus noir. Pour Cécile, Jean devient beaucoup plus qu’un homme : le pivot de son existence, une idole à vénérer et à craindre. Il peut tout sur elle. S’il l’aime, elle est au paradis ; s’il ne l’aime pas, elle plonge en enfer.
C’est ce qu’on appelle parfois la « dépendance affective ».

Le premier problème, c’est l’image que Cécile a d’elle-même. Si dès le départ, elle avait su très clairement qui elle était, elle ne serait pas laissée leurrer par le miroir aux alouettes des flatteries.
L’autre problème, c’est que sans le décider consciemment, elle a pris un être humain ordinaire, et même très ordinaire, pour idole, ce qui est aussi dangereux que de prendre un macaque pour chef ou une girouette pour guide. Bref, elle a construit la maison de son amour sur des sables mouvants et pris comme appui ce qui n’a aucune stabilité, aucune solidité. Un peu comme quelqu’un qui prendrait comme bâton de montagne un spaghetti géant. Dès qu’il s’y appuie un peu, le spaghetti casse et le montagnard dégringole dans le ravin.