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06 décembre 2009

Grandir, devenir adulte : qu'est-ce que ça veut dire ?

On a tous une certaine définition du terme "adulte", et plus cette définition est pauvre et négative, plus on se sent mal à l'aise dans sa peau d'adulte, tandis que plus cette définition est riche, nuancée et positive, plus on se sent heureux dans sa peau de majeur.

(Je ne rajoute pas "vacciné".)

Et tiens, justement, commençons par là.

La phrase idiomatique "Je suis majeur et vacciné", vous l'avez certainement déjà entendue, et peut-être prononcé vous-même.
Elle associe l'âge adulte à la vaccination - comme s'il y avait un rapport entre les deux. Il n'y a aucun rapport.

Pour d'autres, ou les mêmes, ce sera le fait de se faire enlever quatre dents parfaitement saines qui auraient pu leur être fort utile à 40 ans ou même avant... j'ai nommé les dents de sagesse.

Comme si le fait de faire extraire les dents de sagesse était un moyen d'accéder à la sagesse de l'adulte...

(Alors que logiquement, ce devrait être le contraire - c'est le fait d'avoir ces quatre dents supplémentaires qui devrait constituer une espèce de promotion ; pas le fait de se les faire enlever.)

Vaccin, extraction des dents de sagesse : mine de rien, il y a un point commun entre ces deux "rites de passage" à l'âge adulte.
On se fait extraire avec enthousiasme et impatience quatre dents saines et utiles parce qu'on croit qu'elles sont un reste inutile de notre ancêtre-commun-avec-le-singe...
Et on se fait vacciner parce qu'on croit que notre système immunitaire n'est pas au point, que la Science et la Médecine savent comment l'améliorer...
Dans les deux cas, il y a derrière ces rites l'idée (fausse) que l'être humain est biologiquement, physiquement améliorable. Autrement dit, qu'il n'est pas tout à fait au point tel quel.

Et du coup, on le mutile - en abîmant son système immunitaire et sa dentition.

De même que dans les tribus dites primitives, devenir adulte c'est par exemple se faire faire d'énormes cicatrices, se faire teindre les dents en noir, ou que sais-je !...

L'adulte, dans cette conception des choses, c'est l'être humain marqué par la société et ses croyances, comme un formulaire l'est par un coup de tampon administratif...

Mais il y a d'autres définitions de l'âge adulte.

Certains croient qu'être adulte, c'est être seul.
D'autres qu'être adulte, c'est se forger une carapace.

On peut imaginer des définitions plus positives, et donc plus motivantes, de l'âge adulte.

Je pense que grandir, c'est agir au lieu de réagir, prendre davantage en compte la réalité extérieure, aligner ses actes sur ce qu'on veut (consciemment) et pas seulement sur ce qu'on ressent (instinctivement), etc.

L'enfant a du bon sens, mais il est essentiellement crédule. Sa logique est subordonnée à sa crédulité, à son besoin de croire et de faire confiance - en général ses parents.

L'adulte est un être chez qui la logique est prioritaire sur le besoin de croire. Au lieu comme l'enfant de subordonner son bon sens à sa foi, il soumet sa foi à son bon sens. Il ne croit que ce qui lui paraît vrai, juste, cohérent, logique et prouvé.

Je ne dis pas que les adultes sont tous comme ça...

Mais c'est ainsi que je vois l'Adulte.

(Après tout, les psychologues et penseurs qui parlent en termes hyper-élogieux de l'Enfant Intérieur, ne décrivent pas non plus un gamin réel, mais une espèce d'idéal. Je peux donc bien me permettre de rêver l'Adulte comme ils rêvent l'Enfant...)

L'Enfant Intérieur et l'Adulte Intérieur

De nos jours, les psychologues parlent souvent de la nécessité de "contacter son enfant intérieur", "guérir son enfant intérieur", "soigner son enfant intérieur", "trouver son enfant intérieur", "apaiser son enfant intérieur", "exprimer son enfant intérieur"....

L'idée est que, sous un emballage adulte, nous garderions tous peu ou prou la personnalité de nos quatre, cinq, six ou sept ans.

Je ne dis pas le contraire - quoique je ne sois pas persuadé que cette persistance soit générale, ni d'ailleurs toujours souhaitable, mais c'est un autre sujet.

Mais pourquoi ne nous parlent-ils jamais de notre adulte intérieur ?...

L'âge adulte n'est pas qu'un chiffre et un format - de même que l'enfance et beaucoup plus qu'un chiffre (inférieur à 10) et un format (moins de 1,50 m.). Être adulte, ce n'est pas juste un fait tout bête et tout nu - le fait d'avoir plus de 18 ans, en l'occurrence.

Être adulte, c'est un peu plus subtil et complexe que ça...
Et c'est donc aussi un peu plus intérieur que ça.

On peut cataloguer les psychologues (et autres communicants) en fonction de l'interlocuteur qu'ils privilégient : s'adressent-ils en priorité à l'enfant intérieur de leurs lecteurs ou auditeurs, ou à leur adulte intérieur ?...

Les pubeux s'adressent à l'enfant intérieur. Ils font appel au rire, au plaisir, au désir - à l'amour de ce qui brille, au goût pour les jouets.

Les philosophes s'adressent en théorie à l'adulte intérieur. Mais parfois, ils cherchent à éblouir leurs lecteurs par des mots incompréhensibles et un langage délibérément obscur - et là, ils s'adressent à l'enfant intérieur, enfant naïf qu'impressionne tout ce qu'il ne comprend pas.

Les artistes et têtes pensantes de Walt Disney s'adressent à l'enfant intérieur.
Même lorsqu'ils font des divertissements pour adultes.

Parmi les grands auteurs et philosophes du développement personnel, certains s'adressaient ou s'adressent à l'adulte intérieur - mais de nos jours, il y a tout un courant de la pensée positive qui s'adresse essentiellement à l'enfant intérieur : "il suffit d'y croire... C'est facile... Etc."

Le film "Le Secret" (qui a connu un véritable triomphe) s'adresse à l'enfant intérieur, celui qui croit au génie de la lampe et aux miracles-sans-faire-d'effort.

Parmi les penseurs qui s'adressent à l'adulte intérieur, il y a Maxwell Maltz (1899-1975).

Maxwell Maltz écrit :

"De la vie, vous n'obtenez pas absolument tout ce que vous désirez ; une telle attente serait d'ailleurs ridicule. Vous n'êtes pas un enfant qui doit avoir tous les jouets qui accroche son regard ; vous êtes un adulte avec une compréhension mâture des imperfections de la vie."

Là, Maltz s'adresse explicitement à la part adulte de ses lecteurs, mais même quand ça reste implicite, c'est toujours à la part adulte, intelligente, autonome, responsable de ses lecteurs qu'il s'adresse.

Autres penseurs s'adressant à l'adulte intérieur :

- Wallace D. Wattles (1860-1911) ;

- James Allen (1864-1912) ;

- Napoleon Hill (1883-1970).

Comme vous voyez, ils appartiennent à une autre époque...

Il est difficile de trouver des auteurs contemporains et vivants qui s'adressent autant que ceux-là à l'adulte intérieur.

Les auteurs d'aujourd'hui sont plus complaisants : ils ont peur de déplaire.
Ils ne veulent pas choquer leurs lecteurs en leur assénant des réalités désagréables. Alors ils arrondissent les angles, voilent les points qui pourraient déranger - bref, ils traitent leur lecteur en gros bébé immature, en gros bébé incapable d'encaisser les réalités de la vie.
Ou alors c'est moins qu'ils ont peur de déplaire qu'ils n'ont envie de plaire : envie de séduire par un discours qui brosse de la vie une image idéale, envie de fasciner et embobiner à tout prix.

Je pense qu'il est très important de lire des auteurs qui s'adressent à l'Adulte Intérieur.

C'est le meilleur moyen de le réveiller dans un monde qui fait tout pour l'endormir.

L'Enfant Intérieur est créatif, naturel et enthousiaste, mais il est aussi crédule, illogique et faible.
L'Adulte Intérieur est infiniment plus intelligent et plus fort. L'Enfant Intérieur est en prise avec ses désirs ; l'Adulte Intérieur est en prise avec la réalité.

Et être en prise avec la réalité, n'est-ce pas une nécessité quand on y vit ?...

Ne misez pas tout sur votre Enfant Intérieur.
Misez aussi sur votre Adulte Intérieur.

05 décembre 2009

Petites humiliations, grandes décisions : comment passer de la faiblesse à la FORCE et protéger votre DIGNITE

Il est rare que quelqu'un vous dise ouvertement : "Tu ne vaux rien, tes choix sont nuls, ta vie est nulle, et je suis mille fois mieux que tu ne l'es."

Mais il peut très bien arriver que quelqu'un vous le dise indirectement, le sous-entende d'une manière plus ou moins subtile.

Du moins, vous ne seriez pas la première personne à qui ça arrive...

Alors aujourd'hui, je vais essayer de répondre à une question assez délicate :
Que faire en une telle circonstance ?
Que faire lorsque vous vous faites (subtilement, délicatement) humilié ?
Que faire pour ne pas se retrouver le moral à plat après ?
Que faire pour que ça ne reproduise pas ?

Comme d'habitude, je parle à partir de ce que j'ai lu, compris - et bien sûr vécu... Même si je ne le dis pas toujours, tout ce que j'écris dans ce blog est d'une manière ou d'une autre inspiré de ma vie (passée ou présente). Je le précise pour que vous sachiez que "je marche ma parole" - que je fais ce que je dis.

Première chose à faire : admettre ce qui s'est passé.

Si vous vous sentez mal, si vous vous sentez écrasé, si vous n'arrivez pas à oublier ce que l'autre vous a dit...
Ce n'est pas pour rien. C'est qu'effectivement, il y avait dans les paroles de l'autre quelque chose de blessant.

L'a-t-il fait exprès, ou était-ce juste de la maladresse ?...

Autrement dit, est-ce que ça partait d'un bon sentiment ?...

Si vous êtes du genre inoffensif et naïf, vous avez peut-être envie de vous dire que l'autre ne l'a pas fait exprès, qu'il ne se rend pas vraiment compte. C'est ce que je me suis dit pendant une vingtaine d'années dans ce genre de circonstances. Mais l'heure est venue (pour moi, pour vous) de regarder les choses telles qu'elles sont, parce que le mensonge est une impasse, que la vérité n'est rien de plus que la vérité, et qu'il est toujours utile de la connaître :

La personne qui vous a humilié l'a fait exprès.
La personne qui vous a humilié savait parfaitement ce qu'elle faisait.
La personne qui vous a humilié le voulait - c'était son projet.
Et elle a réalisé son projet.

Félicitations à elle !... Elle a atteint son objectif.

Et vous ? Quel est votre objectif ?...

Mais peut-être qu'il faut approfondir un peu cette étape avant de passer à la suivante.

Vous, si vous disiez l'équivalent de ce que l'autre vous a dit, vous sauriez parfaitement que vous en train de le rabaisser. Et bien, mettez-vous dans la tête que l'autre n'est pas plus bête que vous. Il a les mêmes capacités mentales, et il se rend parfaitement compte de ce qu'il fait, de même que vous vous rendez compte de ce que vous faites. Lorsqu'il est méchant (cruel, blessant, désagréable, condescendant, etc.), il le sait. Exactement comme vous le sauriez, vous aussi, si vous faisiez comme lui.

C'est très important d'accepter cette réalité, car tant qu'on ne l'accepte pas, on ne peut pas trouver la solution au problème (qui, je le rappelle, est : comment ne pas se retrouver le moral par terre ? et : comment faire pour que ça ne se reproduise pas ?).

Donc : oui, l'autre voulait vous faire du mal. C'est pour ça qu'il vous en a fait.
A ce niveau-là, tout est logique.

Et ce qui va vous permettre de sortir de cette situation pénible, et d'éviter qu'elle se reproduise, c'est d'être logique, vous aussi. Aussi logique que lui.

Examinons toutes les options qui se présentent à vous.

Maintenant que vous vous êtes fait humilié, vous avez quatre possibilités :

1/ Ripostez en l'humiliant à votre tour.

2/ Vous plaindre auprès de votre agresseur : "Tu me traites comme de la m... ! Tu ne me respectes pas ! C'est dégoûtant ! Tu m'as fait du mal ! etc."

2/ Faire comme si de rien n'était, ravaler votre amertume, continuer exactement comme avant.

3/ Sans vous plaindre auprès de votre agresseur, faire en sorte que l'autre n'ait plus la possibilité de vous agresser, soit parce que vous coupez tout contact avec lui, soit parce que vous gardez le contact mais supprimez la partie "intime" de vos échanges, qui correspond au défaut de la cuirasse, à la zone que ne protège aucun bouclier.

1/ La première possibilité est impossible à mettre en oeuvre quand on n'a pas le caractère à ça. Moi par exemple j'en suis incapable. De plus, elle ouvre la porte à une véritable guerre de tranchées.

2/ La deuxième possibilité est intéressante dans le cas (rare) où l'autre était réellement de bonne foi, où il ne vous a blessé que par maladresse - après tout ça arrive. Mais si l'autre a l'habitude de vous humilier, vos plaintes joueront le rôle d'huile jetée sur le feu. Car même si votre agresseur s'excuse, intérieurement il se frottera les mains : "Je lui ai cassé le moral, je l'ai fait pleurer... Youpi ! Victoire !"

La troisième possibilité - ignorer l'agression et continuer comme avant - est à tenter si vous ne l'avez jamais tenté, pour voir ce que ça donne. Mais si c'est votre manière habituelle de réagir - ou plutôt de ne pas réagir - et que l'autre continue à vous humilier dès qu'il en a l'occasion, vous savez déjà que ce n'est pas la solution...

Quant à la quatrième possibilité, elle est probablement la plus efficace lorsque vous avez affaire à quelqu'un qui vous a blessé délibérément (99% des cas).

En effet, vous savez maintenant que cette personne n'arrêtera pas et ne changera pas.
Dès qu'elle en aura l'occasion, elle vous humiliera à nouveau. C'est dans son ADN. Ou du moins, c'est dans ses habitudes. Ou si vous préférez, c'est dans ses goûts. Elle aime ça : c'est pour ça qu'elle le fait.

Donc si vous voulez que la situation change, il faut que vous changiez - personne d'autre ne le fera.

- Mais c'est difficile, dites-vous...

Bien sûr que c'est difficile !

Surtout si - comme moi - vous avez tendance à montrer vos sentiments quand vous êtes blessé, et tendance à vous confier, à vous livrer.

Mais que voulez-vous ?
Quel est votre objectif, votre objectif à vous ?
Voulez-vous servir de serpillière ad vitam aeternam, autrement dit jusqu'à la mort, à cette personne ?
Voulez-vous continuer à faire l'autruche ("Il m'aime, il n'a pas fait exprès...") jusqu'à votre dernier soupir ?
Voulez-vous garder les yeux fermés jusqu'à ce qu'ils ferment pour de bon ?

Ou voulez-vous protéger votre dignité et votre amour-propre et jouir de votre propre respect ?
- Car c'est celui-là qui compte...

Si vous hésitez encore, si vous pensez que vous n'êtes pas prêt à changer, pas prêt à faire l'effort de mettre une barrière entre l'autre et vous, réfléchissez bien aux conséquences.

Chaque fois que vous vous faites humilier, chaque fois surtout que vous ne faites rien pour vous mettre à l'abri des humiliations, vous sciez une branche de votre avenir, vous lacérez votre chance, vous vous sabotez vous-même, vous tuez vos projets.

Il n'y a pas de réussite au long terme pour ceux qui se laissent marcher sur les pieds.

Je ne dis pas : "Pour ceux qui se font marcher sur les pieds", parce que ça, ce n'est pas grave et ça arrive à tout le monde. Je dis : "Pour ceux qui se laissent marcher sur les pieds".
Ce qui est grave, ce qui est lourd de conséquences, c'est de collaborer avec l'ennemi, et que la collaboration soit active ou passive ne change rien à sa gravité.

Si vous voulez un avenir intéressant, si vous voulez réaliser vos rêves (et des rêves, vous en avez forcément, d'ailleurs il serait temps de les sortir du placard), alors vous ne devez pas laisser les autres, quels qu'ils soient, vous marcher sur les pieds.

Même si "les autres" sont de votre famille.

La personne qui vous humilie régulièrement est votre conjoint(e) ?...
Si elle le fait exprès, si ce n'est pas vous qui interprétez les choses de manière paranoïaque (car oui, on peut se croire rabaissé quand on ne l'est pas), quittez-la tout de suite.

Ils ne changeront pas, c'est vous qui devez changer.
Et dans certains cas, partir, c'est changer.

- Mais, dites-vous, je suis faible, sentimental, émotionnel... je ne peux pas changer.

Pendant longtemps, j'ai cru moi aussi que j'étais faible.
Je l'ai cru parce que j'avais un comportement de faible.
Je procrastinais, je ne tenais pas parole, et surtout je me plaignais auprès des gens qui me faisait du mal, pleurnichant (yeux bandés) dans leur giron malveillant.

A l'époque, je pensais que la faiblesse était l'absence de la force.
Sentant vivement ma faiblesse, j'en déduisais que je n'avais pas de force.

Aujourd'hui, je comprends que ma vision était fausse.

La faiblesse n'est pas l'absence de force, de même que la force n'est pas l'absence de faiblesse.

La faiblesse et la force sont deux facultés de l'être humain - deux facultés qui sont pareilles à des muscles antagonistes : quand l'un travaille, l'autre se repose.
Quand vous vous servez de votre faiblesse, vous ne vous servez pas de votre force, et vice-versa.

Quand on s'est beaucoup servi, pendant des années, du muscle "faiblesse", on trouve difficile et contre-nature de se servir du muscle "force", qui lui s'est atrophié. Mais il n'en est pas moins là, et passé les premières courbatures, il fonctionne tout aussi bien que l'autre.

Quand vous croyez seulement révéler, ou "ne pas cacher", votre émotivité, votre vulnérabilité, vous n'êtes pas en train de manifester qui vous êtes, vous n'êtes pas en train de faire preuve de "sincérité" et "authenticité" (même si peut-être vous voyez les choses ainsi) - non, pas du tout.

Vous êtes seulement en train d'exercer votre muscle "faiblesse".
Un muscle que tout le monde a, mais que certaines personnes utilisent plus que d'autres.

Et quand vous faites l'effort de dissimuler à la personne qui vous a blessé qu'elle vous a blessé, quand vous faites l'effort de la tenir à distance de votre moi intime, quand vous faites l'effort de ne pas lui livrer vos pensées secrètes (ou plutôt qui devraient l'être), bref quand vous faites l'effort de vous protéger, de protéger votre territoire, vous exercez votre muscle "force".

Faiblesse et force sont des muscles, et c'est à vous de savoir lequel vous voulez exercer - puisque vous ne pouvez pas exercer les deux en même temps.

La faiblesse est facilité, laisser-aller à la pente.
La force est volonté.

A ce propos, mon mari m'a raconté cette conversation (entendue au travail) :

C'est un vieux monsieur d'origine asiatique qui discute avec une dame. A l'âge de 60 ans, et alors qu'il avait fumé toute sa vie, il a arrêté du jour au lendemain, définitivement. La dame n'en revient pas :
- Mais comment vous avez fait ?!... C'est tellement difficile !...
- Mais non, Madame, c'est facile.
Et comme la dame insiste, voulant connaître son secret, voulant savoir comment il a fait pour arrêter, il lui donne cette réponse mémorable :
- Madame, pour arrêter de fumer, c'est très facile, vraiment : il suffit de le décider.

Si vous voulez échapper aux petites humiliations (les pires, parce que les plus sournoises et les fréquentes), vous devez faire usage de votre force.
Et faire usage de votre force, concrètement ça veut dire prendre une décision.

C'est votre décision - c'est la somme de toutes vos décisions - qui vous feront passer de la faiblesse à la force et mettront votre dignité à l'abri de ceux qui cherchent à se torcher avec.

Pour résumer, ces deux questions :
Ceux qui vous font du mal ont un objectif, et l'atteignent.
Vous, quel est votre objectif ?
Et que faites-vous pour l'atteindre ?...

03 décembre 2009

Un livre que vous DEVEZ lire

Je lis actuellement un vieux bouquin des années 60 - je ne sais pas s'il a jamais été traduit en français...
C'est The magic power of self-image psychology, de Maxwell Maltz.

Tous les livres de Maxwell Maltz valent largement la peine d'être lus, celui-là compris.

Ils constituent (avec ceux de Dale Carnegie) le sommet peut-être insurpassable de ce qui se fait de mieux en terme de développement personnel.

Maxwell Maltz n'avait ni longue barbe blanche, ni toge orange, ni tongs, mais c'était un sage.

Sa bienveillance chaleureuse et amicale est un réconfort pour l'âme en temps de stress ou d'angoisse.

Et j'en profite pour vous re-conseiller son chef d'œuvre, qui lui est traduit en français : Psychocybernétique.

Bizarrement ou logiquement, ce livre indispensable n'est pas facile à trouver... Il n'a pas été réédité depuis 1999. On ne le trouve que d'occasion.

Je suis certaine qu'un(e) adolescent(e) qui lirait Psychocybernétique verrait la direction de sa vie, de son avenir, s'infléchir significativement vers le mieux.
Un livre pareil peut vraiment changer quelque chose au niveau atomique de la personnalité (enfin, vous voyez ce que je veux dire : au niveau le plus élémentaire, le plus fondamental), surtout quand on le lit à un âge relativement tendre.
Mais à n'importe quel âge, c'est un livre utile. Indispensable, même, quand on a pour objectif de prendre confiance en soi et vivre une vie pleine et heureuse.

Sur amazon.com, 92 lecteurs ont donné leur avis sur Psychocybernétique et l'ont noté.
La note moyenne résultant de ces évaluations est 5.
5 sur 5 !
Quand il y a autant d'avis de lecteurs, c'est absolument exceptionnel d'arriver à un tel résultat...
Normalement, il y a toujours des mécontents qui veulent exprimer leur désaccord avec l'opinion majoritaire favorable.
Pour Psychocybernétique, non.

(Enfin, si quand même, je viens de vérifier : il y a 3 personnes sur les 92 qui se sont exprimées qui n'ont pas aimé le livre. L'un est un bouddhiste qui préfère le non-être et la non-pensée à la manière dont Maltz définit la réussite, l'autre pense que Maltz se prend pour Einstein dans la mesure où il le cite, et le troisième reproche à Maltz d'avoir écrit un livre sur la psychologie alors qu'il n'était pas un psychologue...)

Voici quelques commentaires de lecteurs sur Psychocybernétique :

"Un livre stimulant qui aide à se déshypnotiser des mauvaises habitudes et donne vraiment envie de se reprendre en main. Un repère optimiste mais réaliste quand on en manque."

"Ce livre condense l'entièreté du développement personnel... inutile de lire les autres."

"Je n'ai jamais lu un livre qui contienne une philosophie aussi positive et des aperçus aussi utiles sur la manière de devenir un gagnant."

"C'est le meilleur livre que j'ai jamais lu - et j'en ai lu des dizaines dans le développement personnel. Il est incomparable. Il a eu un impact positif très puissant sur ma vie."

"Ayant lu plus de 100 livres de développement personnel, je ne m'attendais pas à grand chose de neuf... Erreur. Ce livre est le meilleur de tous."

Est-ce que vous avez encore besoin d'autres avis pour aller acheter l'un des derniers exemplaires disponibles sur amazon.fr de Psychocybernétique ?

Allez, un dernier pour la route :

"Maxwell Maltz est parti, mais il a laissé un héritage pour chacun de nous.
J'ai lu son livre pour la première fois juste après le lycée, à l'époque où la plupart d'entre nous se demandent ce qu'ils vont faire de leur vie.
Les pensées, idées et exercices dans le livre m'ont aidé à diriger ma vie vers des buts apparemment élevés.
C'était il y a 20 ans.
L'année dernière, j'ai réalisé que j'avais atteint la plupart de ces buts (ou même tous), et que j'étais hésitant et indécis à nouveau... comme à cette période après le lycée.
J'ai relu le livre.
Tout ce que Maltz a écrit est toujours aussi vrai.
C'est un livre à garder, et à relire quand vous vous demandez quoi faire ensuite. "

Vous trouverez Psycho-cybernetics et The magic of self-image ici

29 novembre 2009

La responsabilité du "dépressif", de la société et des autres

En réponse à un avis.

Un lecteur me reproche de "culpabiliser le dépressif".

Il écrit : "Ce n'est pas la faute du dépressif si il l'est. Quand on vit une vie de m..., qu'on vit dans nos sociétés de m... ! Vous dites aux dépressifs qu'ils sont responsables de leur état : c'est pratique, ça permet d'enlever toute responsabilité à la société et aux autres."

Que nos sociétés, ou plutôt notre société (car plus ça va, plus il n'y en a qu'une, uniformisée par le Nouvel Ordre Mondial qui est en marche) soit déprimante, je n'ai jamais dit le contraire. C'est un vaste sujet ; j'en ai déjà parlé un peu, et il y aurait encore énormément à en dire.

Mais pour ce qui est "d'une vie de m...", à qui appartient-elle ?
à celui qui la vit, on est bien d'accord. C'est lui qui en est responsable.
Accuser sa vie, c'est s'accuser soi-même.

Admettons tout de même, pour faire plaisir à ce lecteur et à ceux, nombreux, qui pensent comme lui, et surtout pour voir où cette idée mène, que la dépression soit "la faute" aux autres (1) et à la société (2). Et rien qu'à eux.

Le "dépressif" serait donc une victime à l'état pur, une victime 100 % victime, sans additif ni adjuvant.

Sur le coup, cette idée est rafraichissante.
On se dit : "ce n'est pas ma faute, je n'y suis pour rien..." Soulagement. On respire plus à l'aise.

Mais après ?

D'accord, vous êtes une victime et rien qu'une victime. Mais maintenant, qu'est-ce que vous faites ? à part avaler les cachets que votre docteur vous a prescrit ?

- Rien.

D'accord. Pas de problème. Donnons-nous rendez-vous dans trois ans.

(Trois ans ont passé.)

"- Alors, votre dépression, vous en êtes où ?... ça va mieux ?
- ...
- Pas vraiment ? Mais vos cachets ?
- Ils ne me font plus d'effet...
- Ah, vous les avez arrêté alors ?
- Non, parce que lorsque je les arrête, c'est pire...
- Donc si j'ai bien compris, vous êtes exactement au même point qu'il y a trois ans, sauf qu'en plus, vous êtes pharmaco-dépendant..."

Si vous restez focalisé sur la responsabilité des autres et la responsabilité de la société, vous ne bougerez pas, et si vous ne bougez pas vous coulerez doucement mais sûrement dans les sables mouvants de votre statut de victime.

Bien sûr qu'il y a des causes extérieures à la dépression. Des causes sur lesquelles vous ne pouvez absolument rien. Mais si vous vous focalisez sur elles, vous ne verrez pas celles qui dépendent de vous, celles sur lesquelles vous pouvez agir.

D'ailleurs même cette société malsaine qui vous opprime n'est pas totalement extérieure à vous.

Elle vous opprime parce qu'il y a, dans vos idées, dans vos habitudes, une partie de vous qui pactise avec l'ennemi, qui se soumet à ses exigences, qui accepte ses "valeurs".

Un révolutionnaire a dit "Les grands ne sont grands que parce que nous sommes à genoux : levons-nous !" Sa réflexion est transposable à d'innombrables domaines. Très souvent, ce qui nous écrase nous domine parce que nous avons plié les genoux.

Je reviens au sujet initial.

Si pour vous, l'essentiel est d'être innocent de ce qui vous arrive, vous n'aurez aucun mal à trouver des figures d'autorité pour vous déculpabiliser et vous rassurer. Mais à long terme, qu'y gagnerez-vous ?... Le pire destin qui soit, celui d'un être libre qui agit comme s'il ne l'était pas.

Celui d'un être humain qui se prend pour un objet.

Mais si pour vous, l'essentiel est de vivre vraiment, de bâtir votre avenir comme les castors bâtissent leur barrage (c'est-à-dire avec grand soin), ou comme les artisans du Moyen-âge bâtissaient une cathédrale (c'est-à-dire avec ferveur), alors vous avez tout intérêt à chercher votre part de responsabilité, votre part de choix, votre marge de manoeuvre. Vous avez tout intérêt à méditer sur vous-même, à explorer le territoire de votre liberté, à étudier vos alternatives.

On s'imagine souvent trop vite qu'on "n'a pas le choix", simplement parce qu'on n'a pas réfléchi suffisamment aux différentes possibilités qui s'offrent à nous. Parce qu'on ne voit pas de choix à faire, on pense qu'il n'y en a pas.

Alors que si, il y en a. Mais il faut les chercher, ces choix, et avant cela, il faut croire qu'ils existent.

Croyez d'abord que vous êtes libre, plus libre que vous n'imaginez actuellement, et vous découvrirez ensuite petit à petit qu'effectivement vous l'êtes.

Petit à petit vous prendrez conscience que de nouveaux choix s'offrent à vous - pas si nouveaux, en fait, parce qu'en réalité ils ont toujours été là sous votre nez, mais la différence c'est que maintenant, vous les voyez.

Est-ce normal d'avoir des rêves impossibles plein la tête ?

Dans ce post, je ne vais pas chercher à répondre à la question : "est-ce normal d'avoir des rêves impossibles plein la tête ?" mais juste à identifier ses points faibles, à éclairer ses zones d'ombre, pour vous aider à la reformuler d'une manière plus satisfaisante si vous vous la posez.

Les questions qui commencent par "Est-ce normal de..." ont toutes la même réponse : OUI et PEUT-ÊTRE.

Car il faut d'abord savoir ce que vous entendez par "normal", mot ambigu s'il en fût.

- Si vous définissez normal comme ce qui est "compréhensible, logique d'une manière ou d'une autre, appartenant de plein droit à la nature humaine", bien sûr que OUI ! Bien sûr que c'est normal ! Vous êtes un être humain : votre comportement, vos émotions, vos pensées ne peuvent pas être autre chose qu'humains. A ce niveau-là vous n'avez pas le choix.

- Si vous définissez normal comme "raisonnable, sage, intelligent", bien sûr que... hum, laissez-moi réfléchir deux minutes... bien sûr que PEUT-ÊTRE.

Car tout dépend du contexte, tout dépend du reste de la question. Pour ce qui est d'avoir des rêves impossibles plein la tête, tout dépend de ce que vous entendez par "rêves" (illusions ou projets ?) et ce que vous entendez par "impossibles" (vraiment impossibles ? difficiles à réaliser ?). Peut-être que c'est intelligent et peut-être que c'est stupide : tout dépend des rêves en question.

- Et maintenant si vous définissez normal comme "conforme à ce que dit, pense et ressent la majorité de la population" bien sûr que... je n'en sais rien. Je ne suis pas un institut de sondage. De plus, je me fiche totalement de ce que dit, pense et ressent la majorité de la population.
Enfin non, en réalité je ne m'en fiche pas... en réalité je déplore ce que dit pense, pense et ressent la majorité de la population.

Mais à mon tour de vous poser une question : qu'est-ce que ça changerait à votre vie de savoir que ce que vous dites, pensez et ressentez est conforme à ce que dit, pense et ressent la majorité de la population ? Vous croyez que tous vos problèmes seraient résolus ? Vous croyez que vous seriez dans la bonne direction ?
Si c'est ce que vous imaginez, enlevez ces lunettes aux verres conformistes de votre nez. Elles déforment votre vision.

Si vous avez des rêves "impossibles" qui vous tiennent vraiment à cœur, qui nourrissent votre espoir et votre âme, n'écoutez pas le troupeau ricanant qui bêle autour de vous : "C'est impossible... tu n'y arriveras jamêêêêê... La vie ça ne marche pas comme ça... Arrête de rêver..."

N'écoutez pas ceux qui ont tué leurs propres rêves et qui, du coup, voudraient que tout le monde fasse comme eux.

Lisez plutôt un bon livre de développement personnel, par exemple Le succès selon Jack ou Psychocybernétique (de préférence les deux). A la différence de votre entourage, ces livres vous encourageront, vous aideront à croire que c'est possible, que vous êtes capable, que vos rêves sont à votre portée.

Et si vous avez des fantasmes totalement déconnectés du réel, des rêves stériles n'ayant aucun point de contact avec votre réalité intérieure et votre véritable personnalité, sacrifiez-les sur l'autel de vos rêves "impossibles" première catégorie (ceux qui méritent que vous fassiez tout pour les réaliser).

Mais dans tous les cas, ne prenez pas pour boussole ce que tout le monde dit, pense et fait.
Ne prenez pas pour boussole le pseudo bon sens de ceux qui n'ont jamais eu d'autre ambition que de continuer à regarder la télévision, bien installé dans leur fauteuil.

Votre vie n'est pas un produit industriel standard conçu pour convenir à n'importe qui, une taille unique que des millions de corps peuvent enfiler mais bien votre vie, celle qui vous est propre.

C'est pourquoi votre propre connaissance de vous-même, votre propre raison, votre propre intuition, vos propres "aime" et "aime pas", vous guideront bien mieux que les autres ne pourront jamais le faire.

Votre avenir vous attend

Ne misez pas sur le passé.

Il est mort et enterré.

Vous avez peut-être été très heureux jadis, mais ce n’est pas une raison pour vous cramponner à ce qui n’est plus, pour vous agripper à des souvenirs que rien ne ressuscitera.

Ces cendres ont été dispersées par le vent depuis longtemps.

Laissez les morts enterrer les morts, et faites bon accueil à ce jour qui vous ressemble, à ce présent qui est le vôtre, à cet avenir qui vous fait riche. Misez sur vous, c’est-à-dire sur vous aujourd’hui et demain, c’est-à-dire sur votre capacité à vous renouveler et à aller de l’avant. Votre avenir vous attend.

27 novembre 2009

Qu'est-ce que "tout" ?

Bien sûr, je pourrais vous expliquer en détail ce que j'entends par "tout" - autrement dit ce que je pense être l'essentiel. Cet essentiel qui rend heureux quand on l'a, et très malheureux quand on ne l'a pas.

Mais je connais déjà le résultat : vous ne seriez pas convaincu.
Vous ne seriez même pas intéressé.

Il y a des informations (ou des idées) qu'il est impossible d'avaler quand on vous les sert sur un plateau. Il faut aller les chasser soi-même, les guetter longuement dans la brousse, les pister pendant des jours, des semaines, des mois ou des années avant cela.

Il y a une route qui vous est propre et que vous devez non seulement parcourir vous-même, mais aussi découvrir vous-même.

Alors tout ce que je peux faire dans le cadre de ce post, c'est vous renvoyer la question :

qu'est-ce que "tout" ?

Vous savez déjà que ce n'est ce qui se voit et ce qui se touche. Ce n'est pas l'argent, ce n'est pas les amis, et ce n'est même pas l'amour - et Dieu sait que l'amour est important !

C'est cette part invisible qui rend la part visible creuse et insatisfaisante comme un décor de théâtre quand elle manque.

- Votre tout est peut-être le même que le mien (et peut-être pas) mais il ne serait pas vôtre si vous ne le découvririez pas vous-même... -

Mais voici une piste de réflexion qui peut vous aider :

Pensez à deux situations.

A/ Dans la première, vous savez que vous allez mourir dans une semaine (ou disons un an). Qu'allez-vous faire pendant le temps qui vous reste ? Auriez-vous des regrets ? De quel genre ?
Pensez-y avec intensité. Imaginez que vous allez vraiment mourir.

D'ailleurs c'est vrai : vous allez vraiment mourir. Et moi aussi.
On l'oublie trop souvent...

La mort est un tamis qui fait le tri entre ce qui n'a aucune importance, et ce qui en a.

Pensez à votre propre mort et demandez-vous ce qui, à ce moment-là, au moment où la mort sera certaine et proche, vous voudriez faire, dire, mais aussi avoir fait, avoir dit. Ce que vous auriez aimé ne pas avoir fait, ne pas avoir dit. Et ce que vous aimeriez comprendre, ou avoir compris avant.

B/ Dans la deuxième situation, vous risquez de mourir. Vous êtes par exemple sur un bateau au beau milieu d'une terrible tempête, en pleine nuit. Matériellement, vous ne pouvez rien faire pour vous sauver. Mais la mort n'est pas certaine : la tempête pourrait se calmer.

Que se passe-t-il en vous à ce moment-là ?

Bref : pensez à la mort, à la mort certaine et incertaine, mais dans tous les cas proches. Imaginez vraiment vos émotions, pensées du moment. Bref : prenez de l'avance, anticipez.

Et voyez ce qui, dans votre vie, se décolore au tirage ou au contraire prend un relief inattendu.

ça ne vous donnera pas la réponse (qu'est-ce que "tout", qu'est-ce que votre "tout") mais ça vous en approchera.

Le vrai bonheur ne pâlit pas quand on le confronte à la seule certitude absolue que nous ayons à propos de notre avenir.

24 novembre 2009

Quand on a tout et qu'on est dépressif, comment faire ?

Un internaute est arrivé sur ce blog en posant cette question à Google...

Avant d'y répondre, j'aimerais la rapprocher de ces autres questions :

- Quand on rencontre une sphère cubique, comment faire ?
- Quand on est très heureux et qu'on est très malheureux, comment faire ?
- Quand on rien ne nous manque et que quelque chose nous manque, comment faire ?

Vous avez compris où je veux en venir : quand on est "dépressif" (la manière moderne et médicale de dire "malheureux"), c'est qu'on n'a pas tout.

Le problème n'est donc pas tant de savoir quoi faire, mais plutôt de redéfinir ce "tout".

Ceux qui pensent avoir tout et constatent qu'ils sont, malgré ce "tout", très malheureux, ont une définition erronée de "tout".

Ils croient que lorsqu'on a de l'argent, une famille, des amis (éventuellement une copine ou un copain), on a tout.

Il n'en est rien.

"Tout", c'est beaucoup plus que ça.

Qu'est-ce qu'un arbre sans racine ? Un paquet de bois mort. Il ne suffit pas d'avoir les signes extérieurs du bonheur pour posséder ce qui constitue sa réalité profonde, son essence.

L'invisible et le sens sont tout aussi important que l'apparent et le concret.

Amour et labyrinthe : le fil d'Ariane

La vie est un douloureux labyrinthe, ou peut l'être, et si vous êtes actuellement en train de errer dans le dédale obscur de ses couloirs sans issue, je comprends votre souffrance.

Des relations qu'on voudrait tellement, tellement solides et qui sont tellement, tellement fragiles... Des abris qu'on voudrait tellement, tellement sûrs et qui le sont si peu... Des promesses (ou peut-être que ce ne sont pas des promesses, et qu'on les prend pour telles parce qu'on espère) qui se révèlent si vite décevante... Et quand ce n'est pas si vite, c'est encore pire, car on est encore plus déçu.

Un peu d'amour suffit parfois à nous fixer, à nous ligoter à un souvenir et un espoir, comme si - seule - cette personne pouvait nous donner ce que, une fois, elle nous a donné. Et l'impossibilité de faire son deuil d'un fragment de lumière nous retient en enfer. Comment aller de l'avant, quand on ne regarde qu'en arrière ? et comment regarder ailleurs, quand on ne sait rien de ce qu'il faudrait savoir ?

C'est notre ignorance qui nous étouffe - mais nous ne le savons pas.

La vie est dure. Elle est tissée de souffrances et de déceptions. Si vous vous débattez actuellement dans ses toiles d'araignées, je peux compatir. Je me souviens d'un jour de pluie où mon coeur a été violemment percuté, me laissant déboussolée par la souffrance.

On aime... on aime trop... et en face, c'est l'indifférence ou le vide, ou bien pire encore, l'avidité prédatrice que l'on rencontre. Quand elle rencontre le loup, la naïveté enfantine ne fait pas le poids.

Et pourtant, dans ce labyrinthe de souffrances, dans ce dédales de déceptions, de souffrances et de doutes, il y a bien une issue. Et avant l'issue, le fil d'Ariane qui y mène.

à vous bien sûr de trouver le vôtre... mais voici tout de même celui qui m'a servi, peut-être qu'il vous sera utile :

Ne vous laissez pas impressionné par ces grands événements auxquels vous ne pouvez rien, comme les catastrophes climatiques ou les deuils, ou les déceptions amoureuses, ou toute autre fatalité.
Ils sont impressionnants, mais au final, ce n'est pas eux qui décident de votre avenir.

Focalisez-vous plutôt sur ces choix (ces choix minuscules peut-être, ou que vous voyez tels), sur ces choix qui ponctuent votre route. Embranchements multiples : à droite ou à gauche ?...

à chaque fois, l'alternative est toujours binaire : c'est ceci ou cela.

Focalisez-vous donc sur ces choix qui vous appartiennent et que de toute façon, vous devez faire (vous n'avez pas le choix d'avoir le choix). Ce sont ces choix apparemment minuscules et dérisoires qui décident de votre destinée. Autrement dit, c'est vous qui décidez de votre avenir.

Je ne dis pas que vous décidez de votre revenu futur, ni du lieu où vous habiterez, ni de votre conjoint futur - non, rien de si précis.

Vous décidez de quelque chose de beaucoup plus essentiel même si c'est apparemment plus vague : vous décidez de votre vrai bonheur ou de votre vrai malheur. Vous décidez du sort de ce qu'il y a de plus précieux et de plus immatériel en vous. Vous décidez de l'avenir de votre âme.

Alors quel genre de choix vous rapprochera de votre vrai bonheur ?...

Les choix les plus sincères. Ceux qui reposent sur l'intérieur plutôt que sur l'extérieur, sur votre vraie nature plutôt que sur l'image que vous aimeriez bien donner aux autres.

Je vous donne un exemple apparemment dérisoire, mais qui pour moi ne l'est pas tant que ça.
Un exemple qui apparemment n'a rien à voir, mais en fait si.

J'avais une dizaine d'années et mes parents voulaient m'offrir un objet d'art : une petite sculpture en marbre. J'hésitais entre un cygne gracieux et un taureau. Les deux statuettes étaient jolies, mais en réalité, il n'y en avait qu'une qui me plaisait : le taureau.

Il était campé solidement sur ses quatre pattes, le cou massif et les cornes largement ouvertes comme un porte-manteau. L'image même de la stabilité terrienne. Rien de poétique là-dedans, ou du moins, rien de léger ou de flottant : plutôt du réel et du paysan.

Le cygne était gracieux, avec un cou sinueux, des ailes décoratives. Au fond, il ne me plaisait pas.

Si pourtant j'hésitais entre les deux statuettes, c'est qu'il me semblait que le cygne aurait donné une image plus valorisante de moi - j'y voyais un signe extérieur de bon goût, de raffinement.

Et j'hésitais donc entre ma vraie nature (qui me poussait vers le taureau) et un mensonge.

J'ai choisi le taureau.

Et je vous conseille de faire de même : chaque fois que vous hésitez, penchez vers ce qui résonne le plus intimement avec ce que vous êtes à l'intérieur, loin des regards. C'est à force de faire des choix sincères, des choix authentiques, qu'on trouve l'issue du labyrinthe.

Et l'éclatante lumière du dehors : paix.

La passion amoureuse est comme la mort : quand elle arrive on ne peut y échapper. Mais on peut tirer d'elle la leçon qu'il y a à en tirer.
Ce sont les pires souffrances qui ouvrent les routes les plus directes vers le bonheur...
A condition d'accepter ce qu'on ne peut changer, et d'ouvrir son coeur à leur enseignement.